mercredi 29 octobre 2025

Exercice de révision

 Le paresseux

 Accablé de paresse et de mélancolie,

Je rêve dans un lit où je suis fagoté,

Comme un lièvre sans os qui dort dans un pâté,

Ou comme un Don Quichotte en sa morne folie.

 

Là, sans me soucier des guerres d'Italie,

Du comte Palatin, ni de sa royauté,

Je consacre un bel hymne à cette oisiveté

Où mon âme en langueur est comme ensevelie.

 

Je trouve ce plaisir si doux et si charmant,

Que je crois que les biens me viendront en dormant,

Puisque je vois déjà s'en enfler ma bedaine,

 

Et hais tant le travail, que, les yeux entrouverts,

Une main hors des draps, cher Baudoin, à peine

Ai-je pu me résoudre à t'écrire ces vers.

                 MarcAntoine Girard de SaintAmant, Le paresseux, 1630.

 Questions

 A. Poétique et compréhension

 1. Le poème est-il un sonnet ? Justifiez votre réponse en analysant sa structure.

Analysez sa structure (nombre de vers, disposition des strophes, schéma des rimes) pour justifier votre réponse.

2. Quelle image du paresseux le poème donne-t-il ? Appuyez votre réponse sur des éléments descriptifs et métaphoriques du texte.

3. Le poème est-il ironique, élogieux ou critique ? Justifiez votre réponse en citant un vers révélateur.

4. Qui parle dans le poème ? À qui s’adresse-t-il ? Identifiez les marques d’énonciation et les indices de destinataire.

5. Quelle est véritablement l’identité du paresseux ? Appuyez votre réponse sur un vers qui révèle son identité.

6. Quelle est la visée de l’énonciation : Le poème cherche-t-il à informer, émouvoir ou convaincre ? Justifiez.

B. Versification et rythme

7. Recopiez les vers du 2ème quatrain sur votre feuille et séparez les syllabes par des barres obliques. Dites quel mot contient une diérèse ou une synérèse.

8. Etudiez les rimes de la 1re strophe en donnant la disposition, la qualité et la nature des rimes.

9. Repérez dans le dernier vers une césure. Précisez le rythme.

10. Trouvez un exemple d’enjambement dans le poème. Quel est son effet ?

11. Identifiez une allitération au vers 9. Quelle impression sonore produit-elle ?

C. Lexique et sémantique

12. Identifiez deux champs lexicaux dominants dans le poème. Que révèlent-ils du personnage ?

13. Quel champ sémantique est associé au sommeil ? À la paresse ?

14. Donnez un synonyme de « paresseux » utilisé dans le poème.

15. Expliquez le sens du mot « biens » dans le contexte du poème.

16. Décomposez le mot « entrouverts », puis en déduire le sens.

17. Relevez dans le poème une comparaison en donnant le comparé, le comparant et l’outil ;

18. Identifiez la figure de style dans ce passage « les biens me viendront en dormant »

D. Grammaire et syntaxe

 19. Analysez les éléments soulignés.

20. Analysez la phrase du vers suivant : Je rêve dans un lit où je suis fagoté,

21. Composez une phrase en employant le verbe « se résoudre à » au présent de l’indicatif à la 2ème personne du singulier dans une phrase de votre composition.

E. Production d’écrit

 22. Le poème « Le Paresseux » de Saint-Amant propose une vision singulière de l’oisiveté. Pensez-vous que la paresse peut être une forme de sagesse ou de résistance au monde moderne ? Rédigez un paragraphe argumentatif de 3 à 5 lignes maximum.

lundi 20 janvier 2025

Le plan détaillé en dissertation

Sujet : Dans la préface de son recueil poétique Les Orientales, Victor Hugo écrit : « tout est sujet ; tout relève de l'art ; tout a droit de cité en poésie. Ne nous enquérons donc pas du motif qui vous a fait prendre ce sujet, triste ou gai, horrible ou gracieux… »

Vous pourrez montrer que le poète est libre de s’inspirer de la réalité concrète, ensuite vous démontrerez que la poésie est réservée à l’expression des sentiments. Enfin, vous expliquerez en quoi la poésie peut être un moyen de réconcilier monde réel et réalité abstraite.

 

Le plan détaillé

I. La poésie peut traiter de la réalité concrète

1. Les réalités considérées auparavant comme trop ordinaires ou peu décentes peuvent être poétisées 

Arg. Le poète fait découvrir des facettes inconnues de la chose

Exemple : Dans « Le Pain » paru dans Le parti pris des choses, Francis Ponge donne à cette réalité quotidienne banale un visage nouveau.

« Une charogne » dans Les fleurs du mal de Charles Baudelaire

Un ver de terre chez Jacques Roubaud, « Le Lombric », Les Animaux de tout le monde, 1990.

Tout compte fait, il faut avoir un don pour rendre poétiques certaines réalités jugées basses.

2. Les circonstances d’un événement peuvent inspirer la composition d'un poème.

Arg. Un situation où règne une injustice pousse souvent le poète à employer sa plume pour intervenir.

Exemple : Victor Hugo met sa plume au service des causes sociales comme la défense des enfants qu’on soumet à des conditions de travail inhumaines dont il dit qu’il ferait « D'Apollon un bossu, de Voltaire un crétin ! » dans « Melancholia » publié dans Les Contemplations.

En somme, la poésie est un instrument, un outil de lutte pour l’amélioration du quotidien de certains individus.

Transition : Certes la poésie est le moyen privilégié pour appréhender le monde réel, mais à l’origine elle était réservée à l’expression de l’intériorité du poète.

 

II. la poésie est réservée à l’expression des sentiments propres au poète

1. Le poète exprime des sentiments personnels dans une célébration d'un être cher.

Arg. ……………………………………………………………………………………………………….

Exemple : ……………………………………………………………………………………………………….

 

Bref, ……………………………………………………………………………………………………….

2. La poésie aussi le lieu des confessions intimes

Arg. La peur d’exprimer un sentiment devient une source d’inspiration poétique. Du Bellay écrivait « Les vers chantent pour moi ce que dire je n’ose. »

Exemple : On peut citer la confession à peine audible de Félix Arvers avec son poème « Sonnet d’Arvers » de Mes heures perdues. Il confie au lecteur son secret sans le lui révéler vraiment : « ……………………………. »

En somme, la poésie…….………………………………………………………………………………………………………..

Transition : La poésie a dès sa création exalté les sentiments d’une âme souffrante. Pourtant, elle a tellement évolué qu’elle peut passer par des choses banales pour mieux rendre compte des mondes insaisissables et mystérieux.

 

III. La poésie peut constituer un moyen de réconcilier monde réel et réalité abstraite

1. La poésie transforme la réalité pour pouvoir accéder à un monde irréel, voire idéal.

Arg. La poésie permet de s'éloigner des lieux réels qui n'apportent que tristesse pour transporter vers des lieux plus apaisants.

Exemple : En proie au Spleen de la réalité, Baudelaire passe par la poésie pour accéder à un univers de l’Idéal.

Dans « Élévation » des Fleurs du mal, il s'exhorte lui-même : « Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ».

Tout compte fait, ……..……………………………………………………………………………………………………….

2. Le langage poétique peindre la réalité invisible du monde

Arg. Le poète fait découvrir les liens secrets qui

existent entre la réalité quotidienne et la vie rêvée.

Exemple : L’évocation de son village natal « Joal » dans Chants d’ombre est un moyen pour Senghor de proposer un voyage dans le passé lointain africain.

En somme, la poésie……..……………………………………………………………………………………………………….

dimanche 19 janvier 2025

COMMENTAIRE : LE RENEGAT

FAIRE UN COMMENTAIRE suivi ou composé

LE RENEGAT

Mon frère aux dents qui brillent sous le compliment hypocrite
Mon frère aux lunettes d’or
Sur tes yeux rendus bleus par la parole du Maître
Mon pauvre frère au smoking à revers de soie
Piaillant et susurrant et plastronnant dans les salons de la condescendance
Tu nous fais pitié 
Le soleil de ton pays n’est plus qu’une ombre
Sur ton front serein de civilisé
Et la case de ta grand’mère 
Fait rougir un visage blanchi par les années d’humiliation et de Mea Culpa
Mais lorsque repu de mots sonores et vides
Comme la caisse qui surmonte tes épaules
Tu fouleras la terre amère et rouge d’Afrique
Ces mots angoissés rythmeront alors ta marche inquiète
Je me sens seul si seul ici !
                        David DIOP, Coups de Pilon, 1956.

INTRODUCTION

Le poème engagé, Coups de pilon dont est extrait « Le renégat », a été écrit en 1956 par le sénégalais David Diop. Le titre de ce recueil montre à quel point ce poète marque son désir de briser le silence au moyen d’un objet pittoresque, le pilon. Dans ce poème, par le titre également, David Diop dénonce le comportement indigne de ses frères déracinés.

...

(Il reste à annoncer le plan)

        D’emblée, c’est-à-dire dès le titre « … », le poète marque son désir de caractériser le destinataire de son poème. C’est un discours à l’endroit de son frère noir, vu les occurrences du pronom de la première personne « … » ainsi que l’utilisation du présent de l’indicatif. Cependant il l’apostrophe au moyen de l’anaphore « … » dont la troisième reprise introduit une qualification péjorative « … » qui met l’accent sur la misère de ce frère noir. Cela se traduit surtout à travers le portrait caricatural qu’il fait de ce dernier. Il brosse ainsi la naïveté de son frère qui montre ses dents pour plaire aux Blancs. Aussi prend-il les propos des Blancs comme une parole d’évangile, de telle sorte qu’il croit que ses yeux ont changé de couleur. Ce trait de sa psychologie est rendu ainsi avec un humour noir « … ». Au passage, on perçoit aisément l’ironie sur l’homme blanc qui passe pour un être cynique et menteur « … ».        

      La découverte de la personnalité se fait également au niveau vestimentaire. En témoigne le champ lexical « … » et « … » lui donnent l’apparence d’un Blanc. Là aussi l’ironie est perceptible grâce à l’adjectif antéposé déjà mentionné, mais surtout à travers la qualité de son habit qui est non pas de soie mais « … ». On le sait, ce mot dénote encore l’« échec » et le malheur. Et pour aborder sa nouvelle façon de s’exprimer, le poète raille ce frère dont les paroles ne sont que bruits, et rien d’autre, grâce aux verbes péjoratifs « … » et « … », que viennent renforcer les assonances en [an] et [on] et l’allitération en [s] qui insistent sur son bavardage inutile au vers 5.

        Comme pour arrêter le bavardage et couper court aux bravades, la concision et le ton du vers 6 sonne le glas de ce clown des blancs. Voilà pourquoi sans doute le poète s’adresse-t-il directement à son frère sur un ton péremptoire « … ». La fréquence de la deuxième personne du singulier montre que le message est maintenant centré sur le destinataire, en l’occurrence le nègre « civilisé ». L’antithèse du vers 7 « … » et « … » ressortit le contraste entre la situation de ce nègre et celle de son peuple. Les adjectifs « … » et « … » sont ainsi négativement connotés, et montrent respectivement que ce noir se complait dans la torpeur, et la déchéance, ce qui le rend méprisable.

(En suivant le plan proposé, rédigez la suite du commentaire, après avoir placé les citations du texte dans ce fragment déjà rédigé)


(Rédigez une conclusion)

lundi 11 novembre 2024

Exercice TSQ : poèmes comparés

 




Fable ou histoire : analyse

Fable ou histoire


Un jour, maigre et sentant un royal appétit,

Un singe d'une peau de tigre se vêtit.

Le tigre avait été méchant ; lui, fut atroce.

Il avait endossé le droit d'être féroce.

Il se mit à grincer des dents, criant : Je suis

Le vainqueur des halliers, le roi sombre des nuits !

Il s'embusqua, brigand des bois, dans les épines

Il entassa l'horreur, le meurtre, les rapines,

Egorgea les passants, dévasta la forêt,

Fit tout ce qu'avait fait la peau qui le couvrait.

Il vivait dans un antre, entouré de carnage.

Chacun, voyant la peau, croyait au personnage.

Il s'écriait, poussant d'affreux rugissements :

Regardez, ma caverne est pleine d'ossements ;

Devant moi tout recule et frémit, tout émigre,

Tout tremble ; admirez-moi, voyez, je suis un tigre !

Les bêtes l'admiraient, et fuyaient à grands pas.

Un belluaire vint, le saisit dans ses bras,

Déchira cette peau comme on déchire un linge,

Mit à nu ce vainqueur, et dit : Tu n'es qu'un singe !

Jersey, le 6 novembre 1852.


Victor Hugo, Les Châtiments, 1853.


jeudi 7 novembre 2024

Questions sur le texte « Le paresseux »

Questions

1. Qui a écrit ce poème ? A qui ? Relève le mot qui représente chaque interlocuteur.

2) Donne la définition des mots soulignés en jaune

3) Relève une comparaison.

4) a- Fais le décompte des syllabes des vous 1,2,3. 

     b- Quel type de vers est employé ? 

5) Cite dans ce texte 2 vers reliés par un enjambement.

6) Copie le vers sur ta feuille et mets les accents et les coupes pour le vers 9.

7) Relève un mot prononcé en synérèse dans la 1re strophe.

Quel procédé métrique trouve t-on au vers 5? 

8) Etudie les rimes de la 1re strophe en donnant la disposition, la qualité et le genre des rimes.

9) Fais l'analyse logique de la phrase contenue dans Be strophe 

10) Donne la nature et la fonction des mots souligne en rouge 

11) Dans un court paragraphe, explique ce que tu penses de cet éloge du poète


TSQ poésie "Le paresseux"

Le paresseux


Accablé de paresse et de mélancolie,

Je rêve dans un lit où je suis fagoté,

Comme un lièvre sans os qui dort dans un pâté,

Ou comme un Don Quichotte en sa morne folie.


Là, sans me soucier des guerres d'Italie,

Du comte Palatin, ni de sa royauté,

Je consacre un bel hymne à cette oisiveté

Où mon âme en langueur est comme ensevelie.


Je trouve ce plaisir si doux et si charmant,

Que je crois que les biens me viendront en dormant,

Puisque je vois déjà s'en enfler ma bedaine,


Et hais tant le travail, que, les yeux entrouverts,

Une main hors des draps, cher Baudoin, à peine

Ai-je pu me résoudre à t'écrire ces vers.


                  M. G. de Saint-Amant, Œuvres, 1631.


jeudi 31 octobre 2024

Poème romantique

"Sonnet d'Arvers"

Mon âme a son secret, ma vie a son mystère :
Un amour éternel en un moment conçu ;
Le mal est sans espoir, aussi j'ai dû le taire,
Et celle qui l'a fait n'en a jamais rien su.

Hélas ! j'aurai passé près d'elle inaperçu,
Toujours à ses côtés et pourtant solitaire ;
Et j'aurai jusqu’au bout fait mon temps sur la terre,
N'osant rien demander et n'ayant rien reçu.

Pour elle, quoique Dieu l'ait faite douce et tendre,
Elle ira son chemin, distraite, et sans entendre
Le murmure d'amour élevé sur ses pas.

A l'austère devoir pieusement fidèle,
Elle dira, lisant ces vers tout remplis d'elle :
"Quelle est donc cette femme ? " et ne comprendra pas !

                 Fèlix Arvers, Mes heures perdues, 1833.

vendredi 25 octobre 2024

Exercice sur un texte poétique "Sonnet d'Arvers"

Questions (pour le poème « Sonnet d’Arvers »)

1) En quoi ce poème est-il un sonnet ?

2) Le texte traite du thème de l’amour.  

a- relève les mots qui renvoient au champ lexical de ce thème.

b- relève des mots qui évoquent ce thème par connotation.

3) Qui parle dans ce texte ? A qui s’adresse-t-il ? De qui parle-t-il ? Identifie les mots qui les désignent. Précise la nature grammaticale de chaque mot.

4) Propose un groupe nominal comme titre approprié pour les quatrains d’une part et pour les tercets d’autre part.

5) Quelle est la sonorité dominante dans le premier tercet ? Dis s’il s’agit d’une assonance ou d’une allitération, puis relève les mots sur lesquels on les entend.

6) Recopie les vers du dernier tercet

a- délimite les syllabes.

b- identifie le mot où on note un procédé métrique dont tu préciseras le nom.

7) Étudie les rimes de la première strophe en donnant la disposition, les qualités et les genres des rimes.

8) Quel procédé rythmique a permis de relier les vers 10 et 11 ?

9) Caractérise le rythme du vers 10. Explique comment ce rythme évoque l’insouciance, l’inconscience voire l’indifférence.

10) Donne la nature et la fonction des mots et groupes de mots suivants : sans espoir (vers 3), le (taire), la terre (vers 8), distrait (vers 10), tout (vers 13)

11) Fais l’analyse logique de la phrase contenue dans la troisième strophe.

12) Qu’apprend-on avec l’emploi du futur dans la strophe 2 ?

13) Relève pour les figures de style suivantes les vers correspondants : le parallélisme, l’hyperbole, l’antithèse, l’euphémisme.

14) Sous forme d’un paragraphe argumentatif d’une dizaine de lignes, explique ce que tu penses être sous-entendu dans ce poème en citant des passages pour les justifications.

 

jeudi 6 juin 2024

Texte à étudier

Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature; et cet homme, ce sera moi.

Moi seul. Je sens mon cœur, et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j'ai vus; j'ose croire n'être fait comme aucun de ceux qui existent. Si je ne vaux pas mieux, au moins je suis autre. Si la nature a bien ou mal fait de briser le moule dans lequel elle m'a jeté, c'est ce dont on ne peut juger qu'après m'avoir lu.

Que la trompette du jugement dernier sonne quand elle voudra, je viendrai, ce livre à la main, me présenter devant le souverain juge. Je dirai hautement : Voilà ce que j'ai fait, ce que j'ai pensé, ce que je fus. J'ai dit le bien et le mal avec la même franchise. Je n'ai rien tu de mauvais, rien ajouté de bon; et s'il m'est arrivé d'employer quelque ornement indifférent, ce n'a jamais été que pour remplir un vide occasionné par mon défaut de mémoire. J'ai pu supposer vrai ce que je savais avoir pu l'être, jamais ce que je savais être faux. Je me suis montré tel que je fus : méprisable et vil quand je l'ai été; bon, généreux, sublime, quand je l'ai été : j'ai dévoilé mon intérieur tel que tu l'as vu toi-même. Être éternel, rassemble autour de moi l'innombrable foule de mes semblables; qu'ils écoutent mes confessions, qu'ils gémissent de mes indignités, qu'ils rougissent de mes misères. Que chacun d'eux découvre à son tour son cœur au pied de ton trône avec la même sincérité, et puis qu'un seul te dise, s'il l'ose : je fus meilleur que cet homme-là.

Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions, 1782

 


mardi 4 juin 2024

Introduction pour un sujet sur le roman

Sujet : Lautréamont déclare : « Le roman est un genre faux, parce qu’il décrit les passions pour elles-mêmes : la conclusion morale est absente. »

En vous appuyant sur des exemples pertinents, soulignez d’abord que le propre du genre romanesque est de rapporter simplement une aventure fictive ; ensuite, vous prouverez qu’il revêt une dimension instructive, et pour finir, vous direz ce qui vous semble fondamental dans tout roman.

 

Le roman est un genre littéraire très récent par rapport à des genres dits nobles comme le théâtre et la poésie. S’il a conquis de nombreux écrivains et des lecteurs c’est, en partie, grâce à la fiction ; une histoire inventée. Ce genre n’est pas donc pris au sérieux, si bien que Lautréamont va déclarer qu’il est « faux, parce qu’il décrit les passions pour elles-mêmes : la conclusion morale est absente. » Cela vaudrait-il dire que la fiction romanesque ne peut avoir aucune intention morale ? Il s’agira d’expliquer en quoi le roman est une aventure fictive, puis nous prouverons qu’il peut néanmoins contenir des leçons instructives. Enfin, nous verrons les fondamentaux dans une œuvre romanesque quel qu’il soit.

Le théâtre (suite)

(suite du cours)

a) Le langage théâtral

La réplique : une prise de parole d’un personnage dans une conversation.

Le monologue ; une prise de parole d’un personnage qui se trouve seul sur scène. Le personnage exprime un dilemme devant une décision à prendre, explique une action ou une situation, ou bien il dévoile au public son projet, son intention.

La tirade : il s’agit d’une prise de parole pendant un long moment. Le personnage expose des arguments ou expriment ses sentiments.

L’aparté : Le personnage s’isole sur scène pour communiquer au public son projet ou le fond de sa pensée. Une didascalie signale la présence de cette convention théâtrale “à part”.

La stichomythie : échange de répliques brèves pour traduire une tension et un rapport de force.

La didascalie : texte destiné à la mise en scène, donc que les personnages ne prononcent pas.

La double énonciation : la réplique d’un personnage est destinée à la fois aux personnages présents sur scène, mais aussi au public pour qu’il suive l’action de la pièce.

b) La structure d’une pièce

La pièce est composée d’actes. Un acte, c’est une grande étape dans l’intrigue théâtrale, et c’est l’occasion de changer de décor ou de lieu.

Les actes sont subdivisés en scène. Une scène équivaut à une entrée ou une sortie de personnage de la scène.

L’exposition présente le lieu, l’époque, les personnages principaux et l’action de la pièce.

Le nœud correspond au moment où l’action se mue en problème.

Les péripéties sont les différents événements qui font avancer l’action.

Le coup de théâtre est un événement inattendu qui vient dénouer momentanément le problème. Souvent, il s’agit d’un personnage qui arrive pour changer la situation.

Le dénouement d’une pièce de théâtre est le moment de la résolution qui met fin à l’action.

3. Idées sur le théâtre

Aristote : le théâtre est une mimésis, une imitation de la vie.

Dans la préface de Tartuffe, Molière déclare : « L’emploi de la comédie est de corriger les vices des hommes. (…) Les plus beaux traits d’une sérieuse morale sont moins puissants, le plus souvent, que ceux de la satire ; et rien ne reprend mieux la plupart des hommes que la peinture de leurs défauts. »

L’œuvre d’art tragique veut susciter la pitié et de la terreur à travers la représentation du réel. C’est ainsi que la pièce tragique permet d’améliorer.

mercredi 1 mai 2024

Le paragraphe argumentatif

 

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Le romancier : entre réalisme et subjectivité

Critères de réalisme dans un roman

Il s’agit de propose une expression impersonnelle, un langage objectif, le travail, une copie du réel. Bref, l’écrivain réaliste doit être fidèle à ce qu’il observe.

 

Peindre une réalité pure impossible

L’écrivain réaliste étant un artiste, il doit faire preuve d’artifice, de fantaisie dans sa création. Il a recours à sa sensibilité exacerbée, à sa vision personnelle, à son tempérament, son originalité.

 

 - décrire les détails de la vie quotidienne, de la culture, des coutumes et des relations sociales.

- le héros est un individu ordinaire avec ses défauts, ses qualités, proche du lecteur.

Meursault est un homme ordinaire, simple qui aime les plaisirs de la vie, il a les besoins communs que le lecteur : « Marie est venue, j'ai eu très envie d'elle »

- les questions sociales telles que la pauvreté, la corruption, l'amour, la violence, le suicide, le racisme, l’exclusion, les classes sociales, la justice sont abordées.

- le style est simple et respecte les niveaux de langues de la société dépeinte : chaque milieu social a son propre vocabulaire ; chaque catégorie professionnelle, son vocabulaire spécialisé.

- l’histoire racontée est ancrée dans un contexte historique précis avec des toponymes et des références temporelles précises.

- le fait divers réel peut être à l’origine du réalisme dans le roman.

- la documentation de l’auteur alimente son roman. Cela donne du crédit à son réel, car les informations dans le roman sont exactes.

Avant de décrire Madame Bovary se suicidant à l’arsenic, Gustave Flaubert a dû se renseigner sur les symptômes de ce poison pour coller à la réalité.

 - l’effacement du narrateur par l’adoption un narrateur externe témoin donne l’impression au lecteur qu’il est en face de ce qui se passe.

- Il varie les points de vue pour offrir une image complète de la réalité. Il évite de ce fait le parti pris qui nuirait à l’objectivité, et permet au lecteur qui voit la scène sous différents angles de se faire son opinion.

 

 - Le romancier peut traduire sa perception en créant ses personnages. Il puise dans ses propres sentiments, ses propres expériences, sa sensibilité pour composer son héros.

Flaubert aurait dit cette formule apocryphe « Madame Bovary, c’est moi ». Une façon de montrer que certaines caractéristiques de l’héroïne de son œuvre s’inspirent de sa propre vie.

- Une action simplifiée du réel prouve que le romancier a opéré à des choix, ce qui exclut de facto son objectivité.

- Le romancier est subjectif. Il connaît le réel mais il propose une réalité autre, vraisemblable.

Le surréaliste Louis Aragon soutient : « L’art du romancier est de savoir mentir mais mentir en créant l’illusion de vérité ».

Rousseau affirme dans ses Confessions « Je me suis montré tel que je fus …j’ai dévoilé mon intérieur tel que tu l’as vu… » : le roman devient ainsi une autobiographie. Mais, il livre des souvenirs selon sa sensibilité ou sa subjectivité, ce qui peut nuire à la véracité de son histoire.

- le roman n’est que l’illusion de la réalité. Maupassant faisait remarquer, dans sa préface à Pierre et Jean, que « les Réalistes de talent devraient s’appeler plutôt des Illusionnistes »

- le romancier se cache derrière un ou des personnages pour dire ses idées, ses intentions. Pourquoi certains lecteurs ont pensé, à tort, que le roman Une si longue lettre est une autobiographie. Qu’est-ce qui pourrait provenir d’elle, caution de la présence de la sensibilité et des engagements personnels de l’auteure Mariama Ba ?

Pour Camus, le romancier aussi écrit suivant ses intentions, son désir comme le dit « le monde romanesque n’est que la correction de ce monde-ci, suivant le désir profond de l’homme. »

- le roman peut proposer un réel purement imaginaire.

- Un univers repensé, comme le sent le créateur du roman, en l'occurrence le romancier.

Le cas de l’utopie dans le roman montre que le romancier choisit de peindre un monde tel qu’il le désire, c’est-à-dire tel qu’il voudrait que le sien exagérément soit. Voir l’Abbaye de Thélème dans Gargantua de Rabelais.

 

 


mardi 26 mars 2024

Correction résumé : la reformulation

 Exercice 1 : Reformule le passage souligné en utilisant un ou deux mots. (4 pts)

Tandis qu'il marchait, il chantait une complainte.

-           En marchant, il chantait une complainte.

L'étudiant qui n'était pas présent ce jour-là n’a pas bénéficié de renforcement.

-           L’étudiant absent est privé de renforcement.

Lorsque le laboureur est fatigué de marcher, il enfourche son cheval pour aller plus vite.

Étant fatigué de marcher, le Laboureur prend son cheval.

Cet appareil est à l’épreuve des chocs les plus violents.

Cet appareil est…………...

Exercice 2 : Réduis en reformulant chaque énoncé au nombre de mots entre parenthèses. (4 pts)

Cet édifice d’une vingtaine d’étages a été construit par un expert du bâtiment. (5 ou 6 mots)

Un architecte construisit cet immeuble.

Les services sanitaires ont entrepris cette année une campagne destinée à éviter à la population de contracter la maladie. (9 mots)

Les médecins sensibilisèrent la population sur cette maladie.

Exercice 3 : Reformule ces phrases en une seule en deux étapes. (4 pts)

a) Propose le connecteur approprié pour relier ces deux phrases.

L’élève a obtenu une bonne note parce qu’il a révisé sa leçon. Donc le proviseur et le censeur lui ont donné une récompense.

b) Puis reformule-les en une seule phrase de sorte à se retrouver avec au maximum 6 mots.

L’administration récompensa le meilleur élève.

Exercice 4 : Réponds aux questions proposées. (8 pts)

      Le cheval sert dans la culture des champs en milieu rural. Il traine la charrue qui creuse les sillons. Lorsque le laboureur est fatigué de marcher, il l'enfourche pour aller plus vite. Aujourd’hui, cet animal domestique participe au décor des villes, et assure le transport de certaines marchandises. Par temps de manque de véhicule, le cheval attelé à une calèche fait office de moyen de locomotion. L'utilité de cette bête de somme est indéniable.

a) quel est le thème du texte ? relève des mots qui justifient ta réponse. (2 pts)

Le thème : le cheval

« Cheval », « animal », « bête « 

b) Propose un résumé de ce texte entre 18 et 24 mots. (les passages barrés ne seront pas pris en compte dans le résumé) (6 pts)

Destiné à la culture, le cheval sert aussi au transport. Mais actuellement en ville, il participe au décor.

 

lundi 25 mars 2024

Le Classicisme dans le 17ème siècle

Introduction

 Le baroque se développe dans un contexte politique et religieux instable. En effet, les jésuites mettent en place la Contre-Réforme catholique contre les protestants qu’ils persécutent. Cette instabilité est traduite dans le mouvement baroque qui offre une vision du monde marquée par le mouvement permanent, l’inconstance de l’homme, les sentiments éphémères, la fuite du temps. Les thèmes favoris sont l’amour, la mort, le rêve.

Par ailleurs, la Préciosité est née dans les salons et exprime un idéal social et artistique. Elle est caractérisée par le raffinement et la galanterie. Ce sont des femmes comme Mlle de Scudéry qui créent ce courant.

Mais le Classicisme va dominer ce siècle en France.

1.    Le contexte socio-culturel

Le 17ème siècle en France fut marqué des différends religieux. Au sortir de la guerre des religions au siècle précédent, voilà que surgit l’opposition entre les jésuites qui affirment que l’homme est responsable de son salut par ses actes, alors que pour les jansénistes, seul Dieu choisit ses élus. Ces derniers furent condamnés et leur ordre fut persécuté.

Au plan politique, on assiste à la domination du roi Louis XIV, « Roi-Soleil ». Il accède au pouvoir en 1661, et impose la monarchie absolue où le roi détient tous les pouvoirs et prive les nobles de leur poids politique. Il se considère comme un représentant de Dieu sur Terre.

Sur le plan social, les bourgeois profitant du même enseignement religieux que les aristocrates bénéficient de la même culture gréco-romaine; de plus il profite de la dévalorisation de la haute bourgeoisie par le roi Louis XIV. Ces deux classes sont ainsi mises en scène dans les œuvres littéraires classiques.

Au plan littéraire, on assiste à la création de l'Académie française par Richelieu en 1634.

2.    Le Classicisme

Le courant classique, à l’image de l’humanisme, veut améliorer l’homme en imitant les anciens savants de l’antiquité. Mais, au lieu de le pourvoir de savoir seulement, le Classicisme veut façonner les comportements de l’homme universel.

Il veut mener ce projet par des œuvres qui cherchent à « plaire et instruire ». Cela est facilité par le mécénat instauré par le roi, et qui consiste à assister les artistes en leur donnant une pension.

A la fin, il s’agissait de construire « l’honnête homme » qui devait être simple, courtois, instruit, sociable, galant. Pour cela, il fallait peinture les passions et les sentiments, qui dominent l’homme. La vérité et la nature deviennent les maître-mot du mouvement.

Molière dans la Critique de L' École des Femmes dit : « Lorsqu'on peint les hommes, il faut peindre d'après nature ».

La Fontaine affirme qu’« Il ne faut pas quitter la nature d'un pas ».

Boileau, dit : « Que la nature donc soit votre étude unique », il ajoute « Rien n'est beau que le vrai, le vrai seul est aimable. »

Les auteurs adoptent des genres littéraires variés. Ils instaurent aussi des règles théorisées par Nicolas Boileau dans son Art poétique. Dans le théâtre, il y a trois grandes règles contraignantes : la règle des trois unités, (de temps, de lieu, d’action), la règle de bienséance et celle de la vraisemblance. Le but de la tragédie est ainsi de purger l’homme de son excès de passion, par la catharsis : il faut susciter la peur et la pitié pour purifier le public de ses excès de passion.

Dans la comédie, la seule règle était de plaire « castigat ridendo mores » c’est-à-dire « corriger les mœurs en faisant rire ». 

Les moralistes, eux, peignent des comportements pour donner des leçons dans une argumentation indirecte.

3.  La querelle des anciens et des modernes

La querelle des anciens et des modernes marquera la fin du classicisme et annoncera le siècle des Lumières.

Les « Modernes » comme Pierre Corneille, Charles Perrault et Pierre Fontenelle s’opposent aux Anciens qui prennent modèle les auteurs grecs et latins, à l'image de Jean de La Fontaine ou de Jean Racine.

Conclusion

On voit que le 17ème siècle est riche de ses courants, qui s’opposent et se font parfois écho. Mais le classicisme domine de loin car il a un but plutôt universel qui est favorisé l’ « étiquette » et le fait de vouloir éduquer, voire de façonner un type d’individu à la mode à l’époque. L'ordre, la simplicité, l'équilibre, la sobriété, l'harmonie, le sens de la mesure sont à l’origine de cet honnête homme sociable qui est capable de dominer ses passions pour éviter de succomber aux excès. Il n’est sujet à aucune passion, car il est modéré, pondéré et réfléchi. Citons Boileau Chant III de l’Art poétique pour résumer :

« Hâtez-vous lentement ; et, sans perdre courage,

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage :

Polissez-le sans cesse et le repolissez ;

Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. »,

 

« N'offrez rien au lecteur que ce qui peut lui plaire

Ayez pour la cadence une oreille sévère. »

« Le vers le mieux rempli, la plus noble pensée

Ne peut plaire à l'esprit quand l'oreille est blessée. »

 

« Surtout qu'en vos écrits, la langue révérée

Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée. ».

 


 

lundi 18 mars 2024

TSQ : correction et guide aux réponses

     Le pays des Diallobé n’était pas le seul qu’une grande clameur eut réveillé un matin. Tout le continent noir avait eu son matin de clameur.

Etrange aube ! Le matin de l’occident en Afrique noire fut constellé de sourires, de coups de canon et de verroteries brillantes. Ceux qui n’avaient point d’histoire rencontraient ceux qui portaient le monde sur leurs épaules. Ce fut un matin de gésine. Le monde connu s’enrichissait d'une naissance qui se fit dans la boue et dans le sang.

Ceux qui avaient combattu et ceux qui s’étaient rendus, ceux qui avaient composé et ceux qui s’étaient obstinés se retrouvèrent le jour venu, recensés, répartis, classés, étiquetés, conscrits, administrés. Seulement combattre. Ils étaient étranges. S’ils savaient tuer avec efficacité, ils savaient aussi guérir avec le même art. Où ils avaient mis du désordre, ils suscitaient un ordre nouveau. Ils détruisaient et construisaient. On commença, dans le continent noir, à comprendre que leur puissance véritable résidait, non point dans les canons du premier matin, mais dans ce qui suivait ces canons. Ainsi, derrière les canonnières, le clair regard de la Grande Royale des Diallobé avait vu l’école nouvelle.

L’école nouvelle participait de la nature du canon et de l’aimant à la fois. Du canon, elle tient son efficacité d’arme combattante. Mieux que le canon, elle pérennise la conquête. Le canon contraint les corps, l’école fascine les âmes. Où le canon a fait un trou de cendre et de mort et, avant que, moisissure tenace, l’homme parmi les ruines n’ait rejailli, l’école nouvelle installe sa paix. Le matin de la résurrection sera un matin de bénédiction par la vertu apaisante de l’école.

                                                                 Cheikh Hamidou KANEL’aventure ambiguë, 1961

1. Comment formuler un titre ?

Le titre est formulé avec un mot ou une expression. Celle-ci est néanmoins beaucoup explicite.

Un exemple :

L’école, une arme coloniale – L’école ou la force militaire – La domination par l’école

NB. Dans ces titres, on note le thème et son rôle (ce que l’auteur expose)

2. Comment rédiger une situation ?

Il y a deux niveaux à prendre en compte : La contextualisation et la présentation du texte.

-          Pour la contextualisation, on peut partir d’un contexte historique, littéraire ou idéologique, d’un thème traditionnel dans la littérature, d’un aspect particulier de l’écriture littéraire, etc.

-          Pour la présentation du texte, une phrase doit énoncer des informations telles que le titre du texte entre guillemets, le titre de l’œuvre à souligner, le nom de l’auteur, la date de publication. Il faut si besoin en est, situer le passage dans l’œuvre ou préciser sa place par rapport à d’autres passages.

Un exemple :

L’école étrangère a joué un rôle de premier plan dans le système colonial. Elle a permis de former des cadres africains à la solde du maître blanc, mais aussi elle a servi à l’assimilation de certains noirs. Aussi l’école est-elle diversement appréciée par les romanciers. On retrouve ce thème dans cet extrait du roman de Cheikh Hamidou KANE L’aventure ambiguë paru en 1961.

3. Comment formuler une idée générale ?

L’idée générale (ou problématique s’il s’agit d’exprimer l’enjeu du texte sous forme de question directe ou indirecte) répond à des questions en rapport avec l’intention de l’auteur et l’effet de son texte sur son destinataire, en l’occurrence parfois le lecteur.

·         Il est bon de préciser le type de texte, les énonciateurs (qui parle ? à qui ?), le motif (de quoi ?), la tonalité (pourquoi ?), le style (comment ?).

Un exemple :

Dans cet extrait, Le narrateur nous raconte comment l’école étrangère a permis une conquête délicate et sournoise de l’Afrique en la comparant à la force militaire dont l’action est brutale et éphémère.

4. Le champ lexical et son utilité

Le champ lexical est composé de mots qui renvoient à la même réalité et pouvant appartenir à diverses classes grammaticales ; et on y trouve des synonymes, mots de même famille, etc.

Un exemple :

·         On identifie le champ lexical de la violence (ou de la destruction) : "coups de canon",  "sang", "combattu", "combattre", "guérir", "désordre", "détruisaient", "canons", "canonnières", "arme", "combattante", "conquête", "contraint", "cendre", "mort", "ruines"

·         On identifie le champ lexical de la naissance, de la renaissance (ou de renouveau) : "matin", "aube", "gésine", "naissance", "nouveau", "construisaient", "commença", "nouvelle", "rejailli", "résurrection"

NB. Il faut respecter les guillemets et les virgules qui isolent les mots. Ces deux champs lexicaux permettent de saisir l’opposition entre la capacité de destruction de la colonisation et le désir d’asseoir une domination durable.

5. Les figures de style et leur interprétation

Pour identifier une figure, il faut considérer sa définition qui donne les caractéristiques pour sa reconnaissance dans un texte. Ainsi, dès qu’on remarque un outil qui permet d’établir une ressemblance ou une différence entre deux réalités, on peut penser à la comparaison ; on pense à l’hyperbole, à l’accumulation dès qu’on soupçonne une amplification ; alors qu’une opposition est établie par une antithèse, une ironie ou un oxymore par exemple.

Quant à l’effet – la raison de son recours –, il faut essayer de trouver ce qui est sous-entendu par rapport au contexte fourni par le texte.

Un exemple :

Ainsi on a une accumulation (car des mots sont juxtaposés sans un souci d’ordre) « … le jour venu, recensés, répartis, classés, étiquetés, conscrits, administrés. »

Effet : Cette accumulation donne l’impression qu’on traite des personnes comme des espèces, des choses ou objets auxquels on attribue des identités pour mieux les contrôler, les soumettre. Bref, par cette figure, on remarque le désir de domination du blanc qui ne veut laisser aucun africain s’échapper.

6. L’analyse grammaticale

Les classes grammaticales fréquemment proposées à l’analyse sont : le nom (groupe nominal), le verbe, l’adjectif, le déterminant, le pronom, l’adverbe.

Le nom (ou le groupe nominal et le pronom) comme sujet, complément d’objet direct ou indirect, complément du nom, complément de l’adjectif, complément d’agent dans une phrase à la tournure passive, etc.

L’adjectif qualificatif épithète lié ou détaché, mis en apposition, attribut du sujet ou du complément d’objet.

Le déterminant – articles (le, la, un, des, l’), adjectifs possessifs (mon, ton, notre, vos, leurs), démonstratifs (ce, cet, ces), indéfinis (certains, aucun, nul quelques, tout), cardinaux (deux, trois, quatre), interrogatifs (quel, lequel), exclamatifs) détermine un nom.

7. Le vocabulaire :

-          Explication de mot ou d’expression

-          Le mot de même famille

-          Le synonyme

-          L’antonyme

-          L’homonyme

-          Le paronyme

8. Comment construire un paragraphe ? Pertinence, cohérence et expression correcte.

L’idée doit être argumentée (c’est-à-dire justifiée, explicitée avec des arguments) puis illustrée.

Il faut utiliser des connecteurs logiques et des reprises nominales et pronominales pour assurer la cohérence du bloc de paragraphe.

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Exercice de révision

  Le paresseux   Accablé de paresse et de mélancolie, Je rêve dans un lit où je suis fagoté, Comme un lièvre sans os qui dort dans un...