Adama Ndao, professeur de lettres modernes au lycée Ahoune Sané de Bignona, présentement au lycée Demba Diop de Mbour analyse ici ses lectures et des œuvres au programme dans l'enseignement du Sénégal. Abonnez-vous pour suivre les posts et l'actualisation des publications.
jeudi 31 octobre 2024
Poème romantique
vendredi 25 octobre 2024
Exercice sur un texte poétique "Sonnet d'Arvers"
Questions (pour le poème « Sonnet d’Arvers »)
1) En quoi ce poème est-il un sonnet ?
2) Le texte traite du thème de l’amour.
a- relève les mots qui renvoient au champ
lexical de ce thème.
b- relève des mots qui évoquent ce thème
par connotation.
3) Qui parle dans ce texte ? A qui s’adresse-t-il ?
De qui parle-t-il ? Identifie les mots qui les désignent. Précise la
nature grammaticale de chaque mot.
4) Propose un groupe nominal comme titre approprié pour les quatrains d’une part et pour les tercets d’autre part.
5) Quelle est la sonorité dominante dans
le premier tercet ? Dis s’il s’agit d’une assonance ou d’une allitération,
puis relève les mots sur lesquels on les entend.
6) Recopie les vers du dernier tercet
a- délimite les syllabes.
b- identifie le mot où on note un procédé
métrique dont tu préciseras le nom.
7) Étudie les rimes de la première strophe
en donnant la disposition, les qualités et les genres des rimes.
8) Quel procédé rythmique a permis de relier les
vers 10 et 11 ?
9) Caractérise le rythme du vers 10.
Explique comment ce rythme évoque l’insouciance, l’inconscience voire l’indifférence.
10) Donne la nature et la fonction des
mots et groupes de mots suivants : sans espoir (vers 3), le (taire), la terre (vers 8), distrait (vers 10), tout (vers 13)
11) Fais l’analyse logique de la phrase
contenue dans la troisième strophe.
12) Qu’apprend-on avec l’emploi du futur
dans la strophe 2 ?
13) Relève pour les figures de style
suivantes les vers correspondants : le parallélisme, l’hyperbole, l’antithèse,
l’euphémisme.
14) Sous forme d’un paragraphe argumentatif d’une
dizaine de lignes, explique ce que tu penses être sous-entendu dans ce poème en
citant des passages pour les justifications.
jeudi 6 juin 2024
Texte à étudier
Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature; et cet homme, ce sera moi.
Moi seul. Je sens mon cœur, et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j'ai vus; j'ose croire n'être fait comme aucun de ceux qui existent. Si je ne vaux pas mieux, au moins je suis autre. Si la nature a bien ou mal fait de briser le moule dans lequel elle m'a jeté, c'est ce dont on ne peut juger qu'après m'avoir lu.
Que la trompette du jugement dernier sonne quand elle voudra, je viendrai, ce livre à la main, me présenter devant le souverain juge. Je dirai hautement : Voilà ce que j'ai fait, ce que j'ai pensé, ce que je fus. J'ai dit le bien et le mal avec la même franchise. Je n'ai rien tu de mauvais, rien ajouté de bon; et s'il m'est arrivé d'employer quelque ornement indifférent, ce n'a jamais été que pour remplir un vide occasionné par mon défaut de mémoire. J'ai pu supposer vrai ce que je savais avoir pu l'être, jamais ce que je savais être faux. Je me suis montré tel que je fus : méprisable et vil quand je l'ai été; bon, généreux, sublime, quand je l'ai été : j'ai dévoilé mon intérieur tel que tu l'as vu toi-même. Être éternel, rassemble autour de moi l'innombrable foule de mes semblables; qu'ils écoutent mes confessions, qu'ils gémissent de mes indignités, qu'ils rougissent de mes misères. Que chacun d'eux découvre à son tour son cœur au pied de ton trône avec la même sincérité, et puis qu'un seul te dise, s'il l'ose : je fus meilleur que cet homme-là.
Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions, 1782
mardi 4 juin 2024
Introduction pour un sujet sur le roman
Sujet : Lautréamont déclare : « Le roman est un genre faux, parce qu’il décrit les passions pour elles-mêmes : la conclusion morale est absente. »
En vous
appuyant sur des exemples pertinents, soulignez d’abord que le propre du genre
romanesque est de rapporter simplement une aventure fictive ; ensuite, vous
prouverez qu’il revêt une dimension instructive, et pour finir, vous direz ce
qui vous semble fondamental dans tout roman.
Le
roman est un genre littéraire très récent par rapport à des genres dits nobles comme le théâtre et la poésie. S’il a conquis de nombreux écrivains et des lecteurs c’est, en partie, grâce à la fiction ; une histoire inventée. Ce
genre n’est pas donc pris au sérieux, si bien que Lautréamont va déclarer qu’il
est « faux, parce qu’il décrit les
passions pour elles-mêmes : la conclusion morale est absente. » Cela
vaudrait-il dire que la fiction romanesque ne peut avoir aucune intention morale ?
Il s’agira d’expliquer en quoi le roman est une aventure fictive, puis nous prouverons qu’il peut néanmoins contenir des
leçons instructives. Enfin, nous verrons les fondamentaux dans une œuvre romanesque quel qu’il soit.
Le théâtre (suite)
(suite du cours)
a) Le langage théâtral
La
réplique : une prise de parole d’un personnage dans une conversation.
Le
monologue ; une prise de parole d’un personnage qui se trouve seul sur scène.
Le personnage exprime un dilemme devant une décision à prendre, explique une
action ou une situation, ou bien il dévoile au public son projet, son
intention.
La
tirade : il s’agit d’une prise de parole pendant un long moment. Le personnage
expose des arguments ou expriment ses sentiments.
L’aparté
: Le personnage s’isole sur scène pour communiquer au public son projet ou le
fond de sa pensée. Une didascalie signale la présence de cette convention
théâtrale “à part”.
La
stichomythie : échange de répliques brèves pour traduire une tension et un
rapport de force.
La
didascalie : texte destiné à la mise en scène, donc que les personnages ne
prononcent pas.
La double énonciation : la réplique d’un personnage est destinée à la fois aux personnages présents sur scène, mais aussi au public pour qu’il suive l’action de la pièce.
b) La structure d’une pièce
La
pièce est composée d’actes. Un acte, c’est une grande étape dans l’intrigue
théâtrale, et c’est l’occasion de changer de décor ou de lieu.
Les
actes sont subdivisés en scène. Une scène équivaut à une entrée ou une sortie
de personnage de la scène.
L’exposition
présente le lieu, l’époque, les personnages principaux et l’action de la pièce.
Le
nœud correspond au moment où l’action se mue en problème.
Les
péripéties sont les différents événements qui font avancer l’action.
Le
coup de théâtre est un événement inattendu qui vient dénouer momentanément le problème.
Souvent, il s’agit d’un personnage qui arrive pour changer la situation.
Le dénouement d’une pièce de théâtre est le moment de la résolution qui met fin à l’action.
3. Idées sur le théâtre
Aristote : le théâtre est une mimésis, une imitation de la vie.
Dans la préface de Tartuffe, Molière déclare : « L’emploi de la comédie est de corriger les vices des hommes. (…) Les plus beaux traits d’une sérieuse morale sont moins puissants, le plus souvent, que ceux de la satire ; et rien ne reprend mieux la plupart des hommes que la peinture de leurs défauts. »
L’œuvre
d’art tragique veut susciter la pitié et de la terreur à travers la représentation
du réel. C’est ainsi que la pièce tragique permet d’améliorer.
mercredi 1 mai 2024
Le romancier : entre réalisme et subjectivité
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Critères de réalisme dans un roman Il s’agit de propose une expression
impersonnelle, un langage objectif, le travail, une copie du réel. Bref, l’écrivain
réaliste doit être fidèle à ce qu’il observe. |
Peindre une réalité pure impossible L’écrivain réaliste étant
un artiste, il doit faire preuve d’artifice, de fantaisie dans sa création. Il
a recours à sa sensibilité exacerbée, à sa vision personnelle, à son
tempérament, son originalité. |
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- le héros est un individu
ordinaire avec ses défauts, ses qualités, proche du lecteur. Meursault est un homme ordinaire, simple qui aime les plaisirs de la vie, il a les besoins communs que le lecteur : « Marie est venue, j'ai eu très envie d'elle » - les questions sociales telles que la pauvreté, la corruption, l'amour, la violence, le suicide, le racisme, l’exclusion, les classes sociales, la justice sont abordées. - le style est simple et respecte les niveaux de langues de la société dépeinte : chaque milieu social a son propre vocabulaire ; chaque catégorie professionnelle, son vocabulaire spécialisé. - l’histoire racontée est ancrée dans un contexte historique précis avec des toponymes et des références temporelles précises. - le fait divers réel peut
être à l’origine du réalisme dans le roman. - la documentation de l’auteur
alimente son roman. Cela donne du crédit à son réel, car les informations
dans le roman sont exactes. Avant de décrire Madame Bovary se suicidant à l’arsenic, Gustave Flaubert a dû se renseigner sur les symptômes de ce poison pour coller à la réalité. - l’effacement du narrateur par l’adoption un narrateur externe témoin donne l’impression au lecteur qu’il est en face de ce qui se passe. - Il varie les points de
vue pour offrir une image complète de la réalité. Il évite de ce fait le parti
pris qui nuirait à l’objectivité, et permet au lecteur qui voit la scène sous
différents angles de se faire son opinion. |
Flaubert aurait dit cette formule apocryphe « Madame Bovary, c’est moi ». Une façon de montrer que certaines caractéristiques de l’héroïne de son œuvre s’inspirent de sa propre vie. - Une action simplifiée du réel prouve que le romancier a opéré à des choix, ce qui exclut de facto son objectivité. - Le romancier est subjectif.
Il connaît le réel mais il propose une réalité autre, vraisemblable. Le surréaliste Louis
Aragon soutient : « L’art du romancier
est de savoir mentir mais mentir en créant l’illusion de vérité ». Rousseau affirme dans ses Confessions « Je me suis montré tel que je fus …j’ai dévoilé mon intérieur tel que tu l’as vu… » : le roman devient ainsi une autobiographie. Mais, il livre des souvenirs selon sa sensibilité ou sa subjectivité, ce qui peut nuire à la véracité de son histoire. - le roman n’est que l’illusion de la réalité. Maupassant faisait remarquer, dans sa préface à Pierre et Jean, que « les Réalistes de talent devraient s’appeler plutôt des Illusionnistes » - le romancier se cache
derrière un ou des personnages pour dire ses idées, ses intentions. Pourquoi
certains lecteurs ont pensé, à tort, que le roman Une si longue lettre
est une autobiographie. Qu’est-ce qui pourrait provenir d’elle, caution de la
présence de la sensibilité et des engagements personnels de l’auteure Mariama
Ba ? Pour Camus, le romancier
aussi écrit suivant ses intentions, son désir comme le dit « le monde romanesque n’est que la
correction de ce monde-ci, suivant le désir profond de l’homme. » - le roman peut proposer
un réel purement imaginaire. - Un univers repensé,
comme le sent le créateur du roman, en l'occurrence le romancier. Le cas de l’utopie dans le
roman montre que le romancier choisit de peindre un monde tel qu’il le
désire, c’est-à-dire tel qu’il voudrait que le sien exagérément soit. Voir
l’Abbaye de Thélème dans Gargantua de Rabelais. |
Exercice de révision
Le paresseux Accablé de paresse et de mélancolie, Je rêve dans un lit où je suis fagoté, Comme un lièvre sans os qui dort dans un...
