Adama Ndao, professeur de lettres modernes au lycée Ahoune Sané de Bignona, présentement au lycée Demba Diop de Mbour analyse ici ses lectures et des œuvres au programme dans l'enseignement du Sénégal. Abonnez-vous pour suivre les posts et l'actualisation des publications.
samedi 6 janvier 2024
jeudi 30 novembre 2023
Commentaire : verbes pour construire des phrases
Les verbes pour construire des phrases
- L'auteur, narrateur, poète considère, pense, s'efforce de, cherche à, s'appuie sur, fait ressortir, suggère, met en relief, met l’accent sur, poursuit, estime, insiste sur, suppose, brosse le portrait, dépeint, décrit, adopte (un fait du texte) … condamne, déplore, s'indigne de (contre), dénonce, ironise sur, met en garde … invoque, vante, fait l'éloge, approuve, célèbre, glorifie,
Exemple :
Avec le conditionnel "semblerait", le narrateur suppose que le personnage est un trompeur.
- Le personnage séduit, éprouve, perçoit, fascine, est sensible à, découvre, souffre, invoque, incarne, apparaît comme …
Exemple : Le héros Fama découvre le lieu avec stupéfaction grâce à l'emploi de l'exclamation dans " enfin un repère ! ".
- Le lecteur, l'interlocuteur, récepteur perçoit, se demande, s'interroge, éprouve, comprend, partage, s'identifie à, ressent, admire, apprécie, adhère à, devine …
Exemple :
On devine par l'emploi de l'adjectif péjoratif "noirâtre" qui caractérise la peau de la femme, que celle-ci ne s'occupe pas assez de son corps.
-
Le procédé traduit, souligne, insiste, évoque,
caractérise, suggère, qualifie, détermine, reprend, réfère à, renforce, renvoie
à, confirme, met en relief, met l'accent, met en évidence, révèle, illustre,
connote, dénote …
Exemple
:
Le champ lexical du dégoût "crachat", " pestilence ", " pourriture", "bave" traduit l'aspect répugnant de la maison.
mardi 11 juillet 2023
Texte suivi de questions
Les questions de compréhension
1. A quel type de texte appartient cet extrait ? relève des indices de justification
Réponses possibles :
poétique, narratif, descriptif, argumentatif, dramatique
Poétique :
disposition sur la page, les vers, les
rimes,
Narratif :
présence d’un narrateur, emploi du passé simple, imparfait duratif, indicateurs
chronologiques,
Descriptif :
emploi de l’imparfait de description, indicateurs de lieu, point de vue du
narrateur
Argumentatif :
emploi du présent de l’indicatif, marque de présence de l’auteur « je »
ou « nous » et du destinataire « tu » ou « vous »,
les modalisateurs ou termes d’évaluation
Dramatique :
présence de dialogue, des conventions théâtrales (tirade, monologue, aparté, stichomythies,
didascalies)
2. A quel genre littéraire appartient ce texte ?
relève des indices de justification
Réponses possibles :
roman, poésie, théâtre, conte, nouvelle, essai, fable poétique, fable prosaïque
D’autres questions de compréhension sur le qui, quoi, où,
quand, pourquoi, comment, combien sont aussi posées.
3. Les figures de style
a.
Identifie
la figure de style employée dans la phrase suivante puis explique son effet : « Son regard est celui d’un
fauve. »
-
On identifie
une métaphore.
-
L’effet :
on veut mettre en relief le caractère hypnotisant de son regard.
b.
Identifie la figure de style employée dans la
phrase suivante puis explique son effet : « Le malade s’est finalement reposé. »
-
On identifie
un euphémisme.
-
L’effet :
on atténue l’annonce de sa mort en montrant que sa maladie le faisait souffrir.
c.
Identifie la figure de style employée dans la
phrase suivante puis explique son effet : « Son fils a versé
toutes les larmes de son corps. »
-
On identifie
une hyperbole.
-
L’effet :
on exagère dans l’information pour exprimer l’extrême douleur du fils.
d.
Identifie la figure de style employée dans la
phrase suivante puis explique son effet : « On l’avait appelé : il se leva, marcha, courut, s’envola
presque. »
-
On identifie
une gradation.
-
L’effet :
On insiste sur son empressement.
e.
Identifie la figure de style employée dans la
phrase suivante puis explique son effet : « Ces soldat ont
commis de beaux crimes. »
-
On identifie
une ironie.
-
L’effet :
on met l’accent sur la bêtise des soldats meurtriers.
B.
Les questions de vocabulaire
1. Synonyme : Propose deux synonymes du
mot ? travail = emploi = boulot
2. Antonyme : Quel est l’antonyme du
mot ? « optimisme » ≠ pessimisme
3. Mots de même famille et composition
Soit le mot « encouragement »
Décompose le mot, puis propose quatre mots de même
famille.
Préfixe (en-) ;
radical (courage) ; suffixe (ment)
Mots de même famille :
courageux, encourager, découragement, cœur,
4. Paronyme : proposition /
préposition
5. Homonyme et homophone : verre,
vair, vers, vert, ver
6. Champ lexical : le champ lexical
de la guerre : « guerrier », « soldat », « arme »,
« armée », « bataille », « fusil »
Tous
les mots qui connotent (sens d’un mot dans un contexte ou sens figuré, sens
d’emploi)
7. Définition (on précise les
caractéristiques pour identifier le sens du mot)
Définis le mot « subalterne » : une personne
inférieure à une autre suivant une hiérarchie.
C.
Les questions de grammaire
1. Analyse grammaticale (on précise
souvent la classe grammaticale, le genre et le nombre, la place, la voix, la
fonction, etc.)
Le bétail de la ferme étant décimé, le berger
vendit tous ses biens.
Décimé : ………………
2. Analyse logique (propositions
indépendantes coordonnées, juxtaposées ; proposition relative, proposition
complétive ; proposition conjonctive circonstancielle de temps, de cause,
de conséquence, de but, de condition, d’opposition et de concession, de
comparaison ; conjonctive interrogative indirecte, infinitive,
participiale.
3. Tournures passives, pronominales,
impersonnelles, emphatiques, interrogatives, impérative, exclamative, négative,
affirmative, déclarative
A quelle voix est conjugué
le verbe de cette phrase ? Propose la tournure inverse.
Mets en relief le
sujet ou le complément. (Avec un gallicisme, une inversion, il y a, voilà
ou voici)
Le lion dévora une antilope.
C’est le lion qui dévora une antilope. / Le lion, lui, dévora une antilope.
C’est une
antilope que le lion dévora. / Une antilope, le lion la dévora.
4. Conjugaison
A quel temps est conjugué ce verbe ? Mets le verbe au
passé antérieur.
a.
« Les
joueurs sont si fatigués qu’ils doivent se reposer. »
Au passé simple : Les joueurs furent si fatigués qu’ils
durent se reposer.
A l’imparfait : Les joueurs étaient si fatigués qu’ils devaient
se reposer.
b.
« La
voiture traversa la rue. »
Au futur antérieur : La voiture aura traversé la rue.
Au passé antérieur : La voiture eut traversé la rue.
c. « Je veux que vous sortiez de votre cachette. »
A quel temps et mode sont les verbes de cette phrase ? Mets
les verbes au passé.
Je veux :
présent de l’indicatif
sortiez :
présent du subjonctif
Au passé : Je voulais que vous soyez sorti (s) de votre
cachette. (… que vous sortissiez….)
Au passé : Je voulus que vous fussiez sorti (s) de votre
cachette.
D. Les questions de production
Argumente ou explique un énoncé dans un paragraphe d’environ
10 lignes.
samedi 1 juillet 2023
J'apprends à amener le sujet de dissertation
Pour amener un sujet, il faut surtout éviter de le déflorer, autrement dit de l'expliquer dès les premières phrases de l'introduction. Nous proposons ici un exemple qui vous donnera une idée de ce qu'il faut faire. Remarquez qu'une fois le sujet amené, il faut enchainer logiquement avec le sujet posé, en évitant toute incohérence.
Le roman est un genre littéraire très récent par rapport aux autres genres. S’il a conquis beaucoup d’écrivains et de lecteurs c’est, en partie, grâce à la fiction. Pourtant celle-ci est une simple histoire inventée. On dit d’ailleurs d’une histoire douteuse que c’est du roman. Cela n'a pas empêché Albert Camus d'affirmer par rapport à ce genre littéraire : « Si tu veux être philosophe, écris des romans. »........
lundi 26 juin 2023
Modèle de résumé et discussion
Science et culture
L’orientation à donner à l’enseignement des sciences physiques résulte, nécessairement, de la conception que nous devons nous faire de cette « culture générale », et des « humanités », c’est-à-dire de la formation de l’homme en général, de sa préparation à la vie sous toutes ses formes. Cette définition peut être présentée sous des aspects différents, mais dont le sens reste le même. On peut dire, sous une première forme, que la culture générale, c’est tout ce qui, indépendamment de la spécialisation professionnelle, prépare l’enfant au contact avec la réalité : réalité matérielle des choses, réalité psychologique et morale des hommes.
On peut dire aussi que la culture générale, c’est ce qui permet à l’individu de sentir pleinement sa solidarité avec les autres hommes, dans l’espace et dans le temps, avec ceux de sa génération comme avec les générations qui l’ont précédé et avec celles qui le suivront. [Etre cultivé c’est donc avoir reçu et développer constamment une initiation aux différentes formes d’activité humaine indépendamment de celles qui correspondent à la profession, de manière à pouvoir entrer largement en contact, en communion avec les autres hommes]. L’enseignement des sciences physiques [sous son double aspect, expérimental d’abord et théorique ensuite, intervient directement dans l’initiation de l’élève à des formes variées d’activités, tant intellectuelles que manuelles ; mais j’insisterai particulièrement sur le fait] qu’il doit surtout contribuer à lui donner le sens de l’évolution humaine, lui faire comprendre et aimer le grand effort collectif d’adaptation que représente notre science. Il est indispensable que tout homme puisse s’intéresser à ce qui se passe dans ce domaine, à ce qui se crée, à ce qui évolue autour de lui comme explication et comme application. Il faut qu’il puisse participer ainsi au développement intellectuel et matériel de l’humanité tout entière, le suivre tout au moins sinon y contribuer.
Pour atteindre ce but, il est essentiel de donner un sens dynamique à la culture ; l’enseignement ne peut donner, en réalité, qu’un commencement de culture, qui met l’individu à même de désirer et de goûter celle-ci. [Il doit par lui-même et pendant toute sa vie maintenir le contact préparé par l’école et doit pouvoir trouver le temps nécessaire].
Si nous revenons maintenant à notre première définition de la culture générale, nous devons reconnaître immédiatement que les sciences, qui représentent l’initiation aux phénomènes de la Nature, doivent jouer un rôle de premier rang en ce qui concerne le contact avec les choses. Mais il convient d’insister sur ceci que le développement de la Science, [conçu comme fait humain collectif, est à tous les points de vue] un facteur essentiel de rapprochement entre les hommes, matériellement, intellectuellement et moralement puisqu’il établit entre eux une solidarité de plus en plus étroite. La Science représente véritablement le trésor commun à toute l’humanité – idées accessibles à tous et moyens d’action utilisables par tous. Son étude représente donc au moins autant que les études littéraires une préparation efficace au contact avec les hommes – c’est là, une vérité qui me paraît hors de discussion.
Paul Langevin, La Pensée et l’Action.
Résumez ce texte de 501 mots au quart de sa longueur, soit environ 125 mots. Une marge de plus ou moins 10 % est admise.
Le résumé du texte
L’enseignement des sciences physiques doit avoir pour but l’éducation de l’homme à la vie ainsi qu’il en est de la culture générale qui aide l’enfant à affronter la réalité.
Aussi la culture générale est-elle un moyen pour asseoir la solidarité des hommes, partout et tout le temps. Les sciences physiques participeront ainsi au progrès et au développement intellectuel et matériel de toute l’humanité.
Il faut dynamiser la culture car l’enseignement ne fait que l’amorcer en poussant l’homme à la curiosité.
Les sciences, indispensables à la connaissance de la Nature, doivent toutefois accentuer le développement pour le rapprochement des hommes, matériellement, intellectuellement et moralement. Ainsi, comme la littérature, les études scientifiques sont efficaces pour établir les relations humaines.
Le résumé compte 129 mots.

Vous montrerez que le développement scientifique rapproche les hommes, et dans une deuxième partie qu’il peut éloigner les hommes.
Par ailleurs, une invention comme l’Internet permet de communiquer facilement, et autrement. On pense à l’appel vocal et vidéo ; mais aussi à la communication différée. Sans moyen pour retrouver l’autre, l'on a recourt à l’Internet qui est moins coûteux, et de plus en plus accessible pour favoriser les rencontres. En gros, cet outil favorise des rencontres qui n’auraient pu arriver avant leur avènement.
Les inventions scientifiques peuvent parfois altérer la communication et éloigner les hommes au lieu de les rapprocher. Des outils comme la télévision, le cinéma et l’Internet sont devenus des intermédiaires entre les individus de sorte qu'ils ne voient plus la nécessité de se parler de vive voix, ce qui est une façon d’être là sans être là. Dès fois, ces inventions de la science créent des cloisons, des écrans entre les hommes, et ils ne se parlent plus souvent car scotchés devant leurs appareils.
Avec la science, l’homme manque de temps pour son voisin. Au travail, ils ne communiquent plus, ou du moins, ils sont en conversation par téléphone avec celui qui est loin. La communication devient ainsi de plus en artificielle. On note désormais donc une absence totale de chaleur dans la communication entre les hommes, car les relations sont froides, insensibles. Malgré les tentatives de compenser cette perte émotive par des "emoticons" et autres "smileys", la conversation de vive voix est la seule véritable pour les humains.
On le voit, au total, les inventions scientifiques ont indéniablement fait évoluer les échangent en favorisant des rencontres auparavant improbables. Mais, rien ne peut remplacer une communication en présentiel qui fait intervenir tout le corps, et ainsi rend vivante la conversation. Il s'agit donc de pouvoir garder les bonnes vieilles habitudes tout en profitant des bienfaits des progrès des sciences et techniques.
vendredi 16 juin 2023
Fables et illustrations
Nous montrons comment utiliser une fable pour illustrer dans une dissertation. Évidemment, il ne faut pas perdre de vue qu'un exemple trouve sa pertinence dans une argumentation. Nous reviendrons sur la pertinence et la cohérence dans un paragraphe.
La fable poétique "La mort et le bûcheron" de Jean de La Fontaine met en relief notre attachement à la vie quelle que soit la souffrance que nous pourrions endurer. "Plutôt souffrir que mourir", telle est la morale énoncée à la fin du poème. Il nous invite ainsi à réfléchir sur notre condition humaine de mortel.
On peut citer la moralité de la fable " Le Laboureur et ses Enfants " extrait de Fables de Jean de La Fontaine : "Le travail est un trésor". Par le recours au présent de vérité générale, le fabuliste donne à cette leçon une portée universelle, car il prône la valorisation de l'effort, donc le rejet de la paresse.
"Le Savetier et le Financier" extrait de Fables est un poème de Jean de La Fontaine qui veut nous prouver que le bonheur ne se trouve pas dans la possession de la fortune. Le savetier, malgré son modeste revenu, chantait alors que le financier ne dormait pas, obnubilé par sa richesse.
Ainsi, pour peindre l'injustice des puissants contre les faibles, Jean de La Fontaine débute ironiquement sa fable "Le Loup et l'Agneau" dans son recueil Fables ainsi : " La raison du plus fort est toujours la meilleure ". Il passe par le détour des animaux pour parodier la mauvaise foi des gens puissants.
mercredi 14 juin 2023
Dissertation : théâtre et réalité
Sujet : Eugène Ionesco a déclaré que « le théâtre est dans l’exagération extrême des sentiments, exagération qui disloque la plate réalité quotidienne. »
Dans un développement organisé,
vous examinera en quoi le théâtre est une transformation de la réalité, puis vous montrerez que le théâtre se veut une imitation rigoureuse de la
réalité.
Le rapport entre l’art à la réalité
dans le théâtre est une question toujours intéressante. Déjà dans l’antiquité
grecque Aristote prétendait que le théâtre est mimésis. Le théâtre imite le
monde à travers la parole et l’action. Pourtant, au XXème siècle, l’écrivain Eugène
Ionesco a pu affirmer que « le théâtre est dans l’exagération extrême des
sentiments, exagération qui disloque la plate réalité quotidienne. »
Autrement dit, le théâtre est une transfiguration du réel. Mais, le dramaturge
ne réussit-il pas dès fois à suggérer la réalité ? Dans la suite de la
réflexion, on montrera comment effectivement le théâtre est souvent hors des
schémas du réel. Ensuite, on verra qu’il arrive que le théâtre soit une
tentative de description de la réalité.
Exercez-vous : rédigez les parties du développement et la conclusion.
Pensez pour cela aux différentes manières de transformer une réalité : caricature, burlesque, grotesque, sublime, satire, autant de mots utiles pour aiguiser votre curiosité dans le sens de la résolution de la problématique posée.
Vous pouvez partir d'un exemple pour argumenter. Ainsi, la pièce d'Ionesco intitulée La leçon peut servir d'illustration, car le dramaturge s’amuse à dresser une caricature grotesque du cours d'un professeur. À travers celui, Ionesco fait la satire des personnages pédants et vaniteux, mais il dénonce aussi les fausses connaissances.
NB. Notons qu'une caricature est une sorte d'exagération propre au dessin. Il s'agit en littérature de peindre en grossissant les traits de caractères ou les traits physiques du personnage dans le but de le ridiculiser.
Exercice de révision
Le paresseux Accablé de paresse et de mélancolie, Je rêve dans un lit où je suis fagoté, Comme un lièvre sans os qui dort dans un...
