dimanche 21 octobre 2018

La versification (2)



3. Les strophes et les formes de poèmes
La strophe :
Une strophe est un groupe de vers, qui est séparé des autres par une ligne blanche avant et après. On peut rencontrer des strophes de : une strophe de x vers est "….."
Ainsi on peut avoir une distique (strophe deux vers), tercet, quatrain, quintil, sixain, septain, huitain, neuvain, dizain, onzain, douzain. Les groupes de vers déterminent les différentes formes fixes.

La forme fixe est déterminée par la nature, l’ordre et le nombre des strophes du poème. La forme fixe trouve sa plénitude au Moyen Âge avec le rondeau, la ballade, le chant royal; La renaissance arrive avec le sonnet et l’ode tandis que le 19e siècle instaure le pantoum…
La ballade : Elle est liée à la danse, balar en provençal signifie « danser ». Elle est composée de trois strophes identiques en ce qui concerne les rimes, leur agencement, le nombre de vers et d’un envoi adressé au dédicataire. Le nombre de vers de chaque strophes est égal au nombre de syllabes de chaque vers (8octpsyllabes, 10 décasyllabes) : le dernier vers de chaque strophe est commun, c’est le refrain. C’est un genre lyrique au Moyen Âge.
Le rondeau : Apparu à la fin du XIIIe siècle, « danse en rond ». Il est composé de plusieurs strophes et le refrain est repris d’une strophe à l’autre.
Le sonnet : D’origine italienne, il est introduit en France par la Pléiade. Il est composé de quatre stances dont deux quatrains et deux tercets avec dix ou douze pieds.
L’ode : Au XVIe siècle, c’est l’ode qui est préféré des poètes de la pléiade. C’est un long poème à sujets solennels et sacrés.

La versification (1)


1. Le vers
Le vers français est syllabique. Sa nature dépend donc du nombre de syllabes. Mais comment déterminer le mètre alors ?
-          Un E en fin de mot ne se prononce pas (c’est un « E muet » ou « élidé »), quand il est en fin de vers et quand le mot suivant par une voyelle ou un H muet.
-          Le E en fin de mot compte pour 1 syllabe quand il est suivi d’un mot commençant par une consonne ou un H aspiré.
Exemple : Il/ pleu/re/ dans/ mon/ cœur (6 syllabes)
      Com/m(e) il/ pleut/ sur/ la/ vill(e). (Verlaine)

          Il faut respecter les liaisons dans le décompte de syllabe.
Souvent pour s’amuser les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers, (Baudelaire)

-          Deux phénomènes métriques : la diérèse, quand on prononce en 2 syllabes séparées un groupe de voyelles qui se suivent et qui sont prononcées habituellement en 1 seule émission de voix.

SYNERESE                                          DIERESE
Lion (1 syllabe)                  li-on (2 syllabes)  
Vio-lon (2 syllabes)       vi-o-lon (3 syllabes)  
In-quiet (2 syllabes)    in-qui-et (3 syllabes)  

La diérèse attire l’attention sur le mot, le met en valeur par sa prononciation inhabituelle.
Pour savoir s’il faut faire l’une ou l’autre, comptez le nombre de syllabes de plusieurs vers (au moins 2 vers).
Soit le mot pied, faut-il compter en une ou deux syllabes ? Si on part au niveau de l’étymologie, pedem, on voit qu’on peut avoir deux syllabes. Ainsi si compte une syllabe,  on a une synérèse, en deux syllabes, on une diérèse.

2. Les différents mètres
On a le monosyllabe, le dissyllabe, le trisyllabe, le tétrasyllabe, le pentasyllabe, l’hexasyllabe,, l’heptasyllabe, octosyllabe, l’ennéasyllabe, le décasyllabe, l’hendécasyllabe, le dodécasyllabe ou alexandrin. Si le compte de syllabe donne un chiffre pair, on a des parisyllabiques, sinon on a des imparisyllabiques.
Une suite de vers égaux en nombre de syllabes est dite isométrique (ou isosyllabique). Dans le cas contraire le poème est hétérométrique (ou hétérosyllabique).
Les vers blancs sont des vers qui ne riment pas, ou pas forcément.
Les vers libres n’ont pas la même longueur, et qui n’ont pas non plus de rimes (ou très peu).
Enfin les poèmes en prose ; là ce ne sont pas les « vers » qui font le texte poétique, mais les sons, les rythmes, les images…

Exercice d’application : Déterminer le type de vers employé

Ex : La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres.
 Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres
 D’être parmi l’écume inconnue et les cieux !
                                   Stéphane Mallarmé, Vers et Prose, 1887.

-          Le problème des suites de voyelles ou voyelles en contact 

Quand la première est [i][y][u][o] le compte des syllabes pose problème, car les deux voyelles peuvent compter pour un ou deux syllabes prosodiques. Dans la langue courante le problème ne se pose pas : un jou-et, le ciel.
En poésie, l’expan-si-on. Seul le système des vers dont il fait partie peut lever l’incertitude.

samedi 20 octobre 2018

Les sonorités : allitération et assonance

Allitération et Assonance  (cours)

L'allitération et l'assonance sont des figures de style.

Une allitération est la répétition d'un son consonne dans un groupe de mots.
Une assonance est répétition d'un son voyelle dans un groupe de mots.

Elles auront de l’importance, donc à prendre en compte dans le commentaire, lorsqu’on identifie au minimum trois fois le même son – ou des sons proches, et de manière rapprochée pour que cela frappe l’oreille.
Pour les interpréter, assurez-vous que ces sons soient liés aux sens des mots du texte afin de les utiliser pour la compréhension du texte. Soit le son cherche à imiter un bruit (« Pour qui sont ces serpents qui sifflent au-dessus de nos têtes ») soit il suggère quelque chose évoquée par l’auteur (« Déjà s’éteint ma lampe / Et l’ombre de la rampe / Qui le long du mur rampe / Monte jusqu’au plafond » "Les Djinns" Hugo, Les Orientales). Dans ce dernier exemple, les allitérations en [l] et [r] suggèrent la durée évoquée par les mots. Donc les sons insistent sur l’obscurité qui remplit doucement, insidieusement le lieu.

Exemples :
« Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon cœur » (Verlaine)
Allitérations en [k, g]. Elles évoquent quelque chose de dur qui assaille le poète.

« Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Bercent mon cœur
D’une langueur
Monotone » (Verlaine)
Assonances [o, Õ] s’associent à « sanglots » et « monotone », et sa répétition traduisent alors la longue tristesse évoquée par le mot « langueur ». Le poète exprime ainsi sa mélancolie.

 « Tam-tam sculpté, tam-tam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur » "Femme noire" (Léopold Sédar Senghor, Chants d’ombre, 1945)

Les allitérations en [t] et [d] reproduisent les sons sourds et secs du tam-tam.

Exemple à l’intérieur du vers « Du rêve instantané que le réveil lamente »

Cliquez pour réviser la signification des sonorités

Les figures de style et leur interprétation



Interpréter une figure de style

Attention ! A la question qui demande de donner l’effet produit par une figure de style, il ne faut surtout pas se contenter de proposer la définition.
Astuce : demandez-vous sur quoi veut-on attirer votre attention.

Par exemple la métaphore qui rapproche deux réalités appartenant à deux mondes différents :
« Me plaît ton regard de fauve »
Ici David Diop dans le poème « Rama Kam », rapproche les yeux de la femme à ceux d’un fauve.
Il ne faut pas donner comme effet la définition, en disant comparé Rama Kam et comparant fauve.
L'interprétation doit prendre en compte le poète « me » et ce qu’il ressent « plaît » : Alors, on peut dire que le poète est fasciné par le regard de la femme, ce qui suggère la beauté envoûtante de celle-ci.
Essayez avec cette métaphore :
Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.  ("Demain, dès l’aube…", Victor Hugo, Les Contemplations, 1856.)

L’antithèse fait ressortir le contraste entre deux réalités.
Pour interpréter l’antithèse, on dira donc que l’effet de telle antithèse est de souligner le contraste entre telle chose et telle autre.
Exemple : « J’ai pu vivre dans la servitude ; mais j’ai toujours été libre » (Montesquieu)
Interprétation : Dans cette citation, le philosophe Montesquieu souligne le contraste entre la servitude et la liberté pour prouver qu’être esclave ne veut pas forcément dire être privé de liberté.
Essayez avec cette antithèse :
"Elle était capable de me causer de la souffrance, nullement de la joie." (Proust, La prisonnière)

La figure de l’euphémisme permet de masquer une idée brutale ou désagréable, par timidité ou par respect
Son père a rendu l’âme.
Interprétation : on adoucit l’idée de la mort pour la dédramatiser en sous entendant que la vie n’appartient à personne, on la rend à celui qui nous l’a donnée.
Par contre, si on dit la même chose autrement « Son père s’est reposé. », l’interprétation dépend également de l’expression utilisée : Ici, on peut dire que sa mort est préférable à sa vie, car il était fatigué de vivre, autrement dit il a décidé de se reposer de la souffrance.
Bref, tout est dans les mots et expressions qui sont employés pour exprimer le message.

L’anaphore crée un rythme, souligne une idée et/ou dégage un thème. Elle a un effet d’insistance.
« Défi à la force »
Toi qui plies, toi qui pleures
Toi qui meurs un jour sans savoir pourquoi
Toi qui luttes, qui veilles sur le repos de l’autre
Toi qui ne regardes plus avec le rire dans les lèvres
Toi mon frère au visage de peur et d’angoisse
Relève-toi et crie : NON.
David Diop, Coups de pilons, 1956.
Interprétation : Le poète insiste sur son frère, il l’interpelle et l’exhorte.


Exercice de révision

  Le paresseux   Accablé de paresse et de mélancolie, Je rêve dans un lit où je suis fagoté, Comme un lièvre sans os qui dort dans un...