mercredi 20 mars 2019

Prépa bac : s'exercer au commentaire suivi


Parti étudier le droit à Paris, Rastignac découvre la vie et l’amour, ce qui aiguise son ambition. Sans le sou, il écrit cette lettre à sa mère pour lui demander de l’aide.
" Ma chère mère, vois si tu n'as pas une troisième mamelle à t'ouvrir pour moi. Je suis dans une situation à faire promptement fortune. J'ai besoin de douze cents francs, et il me les faut à tout prix. Ne dis rien de ma demande à mon Père, il s'y opposerait peut-être, et si je n'avais pas cet argent, je serais en proie à un désespoir qui me conduirait à me brûler la cervelle. Je t'expliquerai mes motifs aussitôt que je te verrai, car il faudrait t'écrire des volumes pour te faire comprendre la situation dans laquelle je suis. Je n'ai pas joué, ma bonne mère, je ne dois rien ; mais si tu tiens à me conserver la vie que tu m'as donnée, il faut me trouver cette somme. Enfin, je vais chez la vicomtesse de Beauséant, qui m'a pris sous sa protection. Je dois aller dans le monde, et n'ai pas un sou pour avoir des gants propres. Je saurai ne manger que du pain, ne boire que de l'eau, je jeûnerai au besoin ; mais je ne puis me passer des outils avec "lesquels on pioche la vigne dans ce pays-ci. Il s'agit pour moi de faire mon chemin ou de rester dans la boue. Je sais toutes les espérances que vous avez mises en moi, et veux les réaliser promptement. Ma bonne mère, vends quelques-uns de tes anciens bijoux, je les remplacerai bientôt. Je connais assez la situation de notre famille pour savoir apprécier de tels sacrifices, et tu dois croire que je ne te demande pas de les faire en vain, sinon je serais un monstre. Ne vois dans ma prière que le cri d'une impérieuse nécessité. Notre avenir est tout entier dans ce subside, avec lequel je dois ouvrir la campagne ; car cette vie de Paris est un combat perpétuel. Si, pour compléter la somme, il n'y a pas d'autres ressources que de vendre les dentelles de ma tante, dis-lui que je lui en enverrai de plus belles. "
Honoré de Balzac, Le Père Goriot, 1835.



I. Analyse du texte (7pts)

1. Comprendre le sens général du texte
- Le genre : roman
- Le type de texte : argumentatif
- Le thème dominant et trois mots à relever :
L’argent : « fortune », « somme », « sou »
- Cadre spatio-temporel : Paris au 19ème siècle
- Les personnages : Rastignac, sa mère, son père, la vicomtesse, sa tante.
- Le courant littéraire : Réalisme

2. Quelques caractéristiques du texte
- Que connote le mot « campagne » ? (ligne 15)  
Le mot « campagne » connote la recherche d’argent.
- Que sous-entend Rastignac dans l’emploi de l’adjectif antéposé « anciens bijoux » ?
Il sous-entend que les bijoux de sa maman sont démodés, pour dire qu’elle peut s’en séparer.
- Identifiez la figure de style soulignée (ligne 15) et dites ce qu’elle sous-entend :
On a une métaphore qui suggère que pour vivre à Paris, il faut se battre, car rien n’est facile.
- Quelle est la tonalité du texte ?
Plusieurs tonalités sont possibles, selon le ressenti du lecteur qui comprend : pathétique, tragique, réaliste, épique, oratoire.

II. Complétez le plan détaillé suivant (3pts)
I. une subtile stratégie de persuasion, ligne 1 à ligne 10.
1. § : Rastignac fait un chantage sournois à sa mère
2. § : Rastignac évoque sa situation précaire

II. les promesses douteuses de Rastignac, ligne 10 à ligne 17.
1. § : promesse d’une richesse imminente
2. § la vie difficile de Paris

III. Rédaction du commentaire (10pts)
Travail au choix : rédigez l’introduction du commentaire suivi ou le paragraphe argumentatif de la 1re sous-partie. Si vous choisissez de rédiger le paragraphe, aidez-vous du tableau que vous compléterez.


Citations
Procédés
Interprétations
Synth

- « fortune », « francs », « argent»

- « vois », « il me les faut »

- « me brûler la cervelle »

- champ lexical de l’argent

- impératifs


- hyperbole

- Rastignac cherche à convaincre de son éventuel enrichissement en insistant sur le mot argent.
- Il tente d’agir sur sa mère par un ordre à peine voilé.

- Il menace de se tuer pour forcer la main à sa mère.





1. § 

dimanche 4 novembre 2018

Interprétation des sonorités

Interprétation de l'allitération et de l'assonance

Allitérations en [f], [s], [ʃ], [v], [z] évoquent le souffle, le vent, le sifflement, le frottement, la légèreté, etc. 

Allitérations en [m], [n], [ñ], [l], [r] sont des sons fluides et doux pouvant traduire
- [l], [r] l’écoulement, l’eau ruisselante, la durée de ce qui est évoqué, etc.
- [m], [n], [ñ] la douceur, la délicatesse, l’affection, la tendresse, l’agilité, l’aisance.

Allitérations en [p], [t], k], [b], [d], [g] sont des sons secs ou durs, brefs, violents.
- [p], [t], k] évoquent un bruit sec, un craquement, et même la colère, l’indignation, l’écœurement, etc.
- [b], [d], [g] évoquent un bruit sourd, un bourdonnement, un tremblement, la dureté, la lourdeur.


Assonances en [ou], [u] expriment un bruit sourd, la lourdeur, le mystère, l’inquiétude.

Assonances en [i], [e], [ɛ̃] sont des sons aigus, strident qui peuvent évoquer un grincement, un cri, une plainte, une douleur, et même la clarté, la vérité. 

Assonances en [ã], [o], [on] traduisent l’ampleur, la grandeur, la majesté mais parfois la langueur, la mélancolie, le soupir.

Assonances en [ø], [œ], [ǝ], [œ̃] évoquent l’absence, le silence, le murmure, mais aussi la durée.

Toutes interprétations sont proposées à titre indicatif ; il s’agit d’abord de les confirmer dans le texte avec d’autres indices pour juger leur pertinence et leur utilité dans l’interprétation.

EXERCICE
 

lundi 22 octobre 2018

Allitération et Assonance (cours)


Allitération et Assonance  (cours)

L'allitération et l'assonance sont des figures de style.

Une allitération est la répétition d'un son consonne dans un groupe de mots.
Une assonance est la répétition d'un son voyelle dans un groupe de mots.

Elles auront de l’importance, donc à prendre en compte dans le commentaire, lorsqu’on identifie au minimum trois fois le même son – ou des sons proches, et de manière rapprochée pour que cela frappe l’oreille.
Pour les interpréter, assurez-vous que ces sons soient liés aux sens des mots du texte afin de les utiliser pour la compréhension du texte. Soit le son cherche à imiter un bruit (« Pour qui sont ces serpents qui sifflent au-dessus de nos têtes ») soit il suggère quelque chose évoquée par l’auteur (« Déjà s’éteint ma lampe / Et l’ombre de la rampe / Qui le long du mur rampe / Monte jusqu’au plafond » "Les Djinns" Hugo, Les Orientales). Dans ce dernier exemple, les allitérations en [l] et [r] suggèrent la durée évoquée par les mots. Donc les sons insistent sur l’obscurité qui remplit doucement, insidieusement le lieu.

Exemples :
« Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon cœur » (Verlaine)
Allitérations en [k, g]. Elles évoquent quelque chose de dur qui assaille le poète.

« Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Bercent mon cœur
D’une langueur
Monotone » (Verlaine)
Assonances [o, Õ] s’associent à « sanglots » et « monotone », et sa répétition traduit alors la longue tristesse évoquée par le mot « langueur ». Le poète exprime ainsi sa mélancolie.

 « Tam-tam sculpté, tam-tam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur » "Femme noire" (Léopold Sédar Senghor, Chants d’ombre, 1945)

Les allitérations en [t] et [d] reproduisent les sons sourds et secs du tam-tam.
Opposition du sens de deux mots proches par les sons : « Du rêve instantané que le réveil lamente »

Cliquez ici pour voir la signification des sons.

dimanche 21 octobre 2018

Prépa bac : Evaluation Premières et Terminales S / L



Evaluation Premières et Terminales S / L

Chant d'automne (I)

Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
J'entends déjà tomber avec des chocs funèbres
Le bois retentissant sur le pavé des cours.


Tout l'hiver va rentrer dans mon être : colère,
Haine, frissons, horreur
, labeur dur et forcé,
Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
Mon cœur ne sera plus qu'un bloc rouge et glacé.


J'écoute en frémissant chaque bûche qui tombe ;
L'échafaud qu'on bâtit n'a pas d'écho plus sourd.
Mon esprit est pareil à la tour qui succombe
Sous les coups du bélier infatigable et lourd.


Il me semble, bercé par ce choc monotone,
Qu'on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.
Pour qui ? - C'était hier l'été ; voici l'automne !
Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.


            Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, 1857.

Questions

1. a) Dites quel procédé métrique a permis d’obtenir des alexandrins aux vers 15 et 16. (1 pt)
    b) Puis étudiez le rythme de ces deux derniers vers. (2 pts)
2. Etudiez les rimes de la deuxième strophe (disposition - qualité - genre). (0,5+1+0,5 pts)
3. Quelle sonorité fait entendre les échos du choc aux vers 13 et 14 ? (1pts)
4. Comment s’appellent les figures de style présentes aux vers 5/6, 7, 11 et 12 ? (1+1+1+1 pts)
5. Le sentiment exprimé dans le poème est-ce la quiétude, l’angoisse ou l’admiration ? Justifiez votre réponse en relevant le champ lexical. (2+1 pts)
6. Quel organe de sens est souvent sollicité dans ce poème ? Relevez le champ lexical qui le confirme. (2 pts)
7. Quelle est la valeur d’emploi du futur dans le premier vers ? (2 pts)
8. Que symbolise l’automne dans ce poème ? (1pts)
9. Quelle leçon le lecteur doit-il retenir de ce poème ? (2 pts)

NB : Sautez une ligne entre les réponses. Vous pouvez commencer par n’importe quelle question.

Exercice de révision

  Le paresseux   Accablé de paresse et de mélancolie, Je rêve dans un lit où je suis fagoté, Comme un lièvre sans os qui dort dans un...