jeudi 9 novembre 2017

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Phèdre de Jean Racine

L'école des femmes de Molière

Le Cid de Corneille

Fables Livre I de Jean de La Fontaine

Fables Livre II de Jean de La Fontaine

Zadig de Voltaire

Candide de Voltaire

Le père Goriot de Balzac

Madame Bovary de Flaubert

Claude Gueux de Victor Hugo 
pour écouter le texte : Claude Gueux (audio)

La Vénus d'Ille de Prosper Mérimée




Penda la capricieuse (Extrait)


Penda était une jeune fille belle comme les étoiles du ciel, belle à vous donner envie de l’avaler.
Elle passa une enfance adulée ; elle n’eut pas à crisper la main sur un pilon qui en eût meurtri la paume fragile ; point, non plus, de ces lourdes charges à transporter sur la tête et qui épaississent le cou, enflent les bras. On ne voulut pas offusquer ses regards par la fumée des cuisines.
L’art de la composition orale des poèmes, l’art de moduler les mots sur les rythmes du chant des oiseaux, du cours des ruisseaux, de la chute des gouttes de pluie, l’art d’exprimer, dans le langage de la danse, la signification des airs de tam-tam et aussi l’art de se parer, de se bien tenir furent les seuls enseignements de son enfance.
A l’âge du mariage, Penda se montra difficile ; elle ne voulut épouser qu’un homme qui n’eût pas de cicatrices. Elle refusa Massamba, connu pour ses faits d’armes mais qui portait une cicatrice, vestige glorieux d’un coup de lance reçu à la bataille.
Elle évinça Mademba, le plus célèbre tueur de lions du pays, parce que son épaule avait été marquée par le coup de griffe d’une lionne blessée.
Il en vint de riches, de beaux, de nobles. Penda les repoussa.
Le bruit fit le tour du pays.
Un jour, il se présenta un homme qui se disait prince d’un pays situé à sept semaines de marche.
On ne pouvait le nier, à considérer les cavaliers nombreux qui l’accompagnaient.
Deux serviteurs, attachés à la personne de la princesse, affirmèrent que le prince ne portait aucune cicatrice.
Penda consentit à l’épouser.

Le jour où Penda devait rejoindre la maison de son époux, la reine-mère lui donna les conseils d’usage et aussi « Nélavane », un cheval à l’aspect somnolent. Penda se plaignit.
- Mère, je devais monter notre plus beau cheval pour me présenter devants les sujets de mon mari.
- Ma fille, Nélavane a de la sagesse, il sera ton conseiller aux moments difficiles.
Penda fit endosser à son cheval le plus riche caparaçon de l’écurie royale pour masquer sa laideur.
Elle chevaucha de longues journées à côté de son mari qui conduisait un pur-sang d’une finesse et d’une nervosité extraordinaires.
Suivaient cavaliers et griots. Penda, dressée sur ses étriers de fer, admirait la perspective houleuse des têtes altières, nimbées du voile de poussière que soulevait le pas cadencé des coursiers. Il lui sembla que leur nombre diminuait, que les files devenaient creuses à chaque tournant de sentier. Etait-ce le voile de poussière qui lui cachait les derniers rangs de cavaliers ?
Il semblait que les arbres qui bordaient le chemin augmentaient de nombre quand on les avait dépassés. Ces interrogations fourmillaient dans l’esprit de Penda. Elle crispa les doigts sur les rênes.
Le cheval s’arrêta sous la morsure du fer meurtrissant sa bouche. Penda fut tirée de sa méditation. Elle demanda explication, d’autant que le dernier rang venait de s’éclipser
- Où sont passés, mon époux, les hommes qui formaient notre escorte ?
- Ils sont redevenus, sous mon charme, ce qu’ils étaient, des arbres
- D’où vous vient ce pouvoir ?
- Je suis Lion-fée. J’ai su qu’il existait une jeune fille capricieuse qui ne voulait pas épouser d’homme qui eût une cicatrice.
Les bras s’étaient transformés en pattes velues de lion.
Le cheval disparut. Elle vit, devant elle, un lion à queue nerveuse et agitée.
- Suis-moi, dit-il.
Penda, terrifiée, avait la gorge sèche ; sa respiration était sur le point de s’arrêter, tout son corps était pris de frémissements.
    
Penda ne put jamais s’accommoder de la viande crue qui était de rigueur aux repas du lion. Quand son époux partait à la chasse, elle allait dans la brousse alentour déterrer quelques tubercules d’igname.
L’hivernage survint ; jour et nuit de lourds nuages, monstres pleins d’eau, crachèrent le liquide de leur ventre. Lion fouilla les sous-bois, surveilla les carrefours de la brousse ; il ne rencontra ni sanglier ni antilope.
Un jour, « Nélavane » dit à Penda :
- Si votre mari ne trouve rien à la chasse, il vous mangera en rentrant, fuyons, fuyons vite…
L’inquiétude de Penda se laissa bercer, du matin au soir, par la chute précipitée des gouttes de pluie sur les feuilles des arbres et sur le sol détrempé. Nélavane hennissait d’impatience, sans arrêt ; à Penda qui s’en étonna, il dit :
- Maîtresse, fuyons, votre mari est sur le chemin du retour.
« Avant de partir, déposez trois crachats, un dans l’antre, un autre derrière le fromager de la cour et le troisième dans le grenier. »
Cela fait, Penda sella Nélavane et, brides abattues, elle courut vers le pays natal.
Lion rentra fatigué et aigri par les courses inutiles.
En chemin, il s’était décidé à manger sa femme. Il fut étonné de trouver l’antre vide et appela d’une voix perplexe :
- Penda ! Penda !
- Ici, répondit-on du grenier.
- Viens…
Penda ne se montra pas.
Lion s’impatienta.
- Penda, voyons… qu’est-ce que tu attends ?
- J’arrive, répondit le crachat du fromager.
Lion sortit et, sur un ton coléreux :
- Penda où es-tu ? Penda, Penda ?
Des voix répondirent :
- Me voici, je suis ici. Je viens dans un moment…
Il comprit qu’il était dupe d’une farce magique ; il se mit sur la route de la poursuite.
Il courut du lever du soleil à son coucher et du soir jusqu’à l’heure où le soleil est au milieu du ciel.
Il atteignit un petit village :
Avez-vous vu passer, dit-il, une fille belle comme les étoiles du ciel, belle à vous donner envie de l’avaler ?
- Elle a traversé notre pays à l’aube, répondit-on.
Il passa des fleuves à la nage, se faufila à travers les fourrés et atteignit un deuxième village :
- Avez-vous vu une fille belle comme les étoiles du ciel, belle à vous donner envie de la croquer ?
- Ce voile de poussière, là-bas, lui dit-on, est soulevé par son coursier.
Penda aperçut son mari ; de peur, elle fouetta le flanc de son cheval.
- Ne me frappez pas, conseilla Nélavane, en se cabrant de douleur ; ayez confiance, je vous sauverai.
Lion était à trois bonds d’eux, il franchit les trois en un seul. Nélavane frappa d’un sabot le sol : il en jaillit un lac immense. Lion mit une journée à le traverser.
Le matin du troisième jour de sa fuite, on apercevait les toits de chaume et les arbres du village natal.
Lion les rejoignit de nouveau et, poussant un grand rugissement, il empoigna la queue de Nélavane. Penda éperonna vigoureusement sa monture.
Nélavane fit un saut terrible qui le transporta au-delà du septième ciel, dans le monde insoupçonné de ceux qui vivent sur la terre noire.
- Penda, reprocha Nélavane, par votre faute, nous voici sur une planète où il n’existe pas de femmes. Si l’on découvre votre sexe vous serez mise à mort.
….
Nélavane habilla Penda en homme ; il lui apprit à stimuler une démarche d’homme, à donner à sa voix des flexions mâles.
Un jour qu’il faisait très chaud, elle se mit à son aise pour dormir.
Un Maure de la Cour royale découvrit que l’ « étranger » portait deux seins à la peau satinée. Or les Maures ne gardent pas les secrets.
Il s’en fut trouver le roi et dit :
- En vérité, Majesté, l’étranger du pays est femme !
- Si c’est un mensonge ; répondit le monarque, je te ferai décapiter !
- J’en suis aussi sûr que je m’appelle Ahmed, assura le Maure.
Le lendemain, le crieur public de la capitale promulgua au son du tam-tam que le roi invitait ses sujets à venir, nus, se baigner sur les rives du fleuve.
- La baignade est organisée pour vous confondre, expliqua Nélavane à Penda ; pendant votre sommeil, je vous transformerai en homme, le plus beau.
L’espion Maure fut décapité.
- C’est au prix de ma vie, Penda, que les mages m’ont donné le pouvoir de transformer votre sexe, lui dit Nélavane, au retour de la baignade ; demain à l’aube je mourrai, vous rassemblerez mes os et les calcinerez. A minuit, tournez vers le levant, enveloppez-vous d’un voile blanc, et les yeux fermez soufflez sur ma cendre.
Penda pleura des larmes de sang en hommage funéraire à son dévoué serviteur.
A minuit, elle s’enveloppa d’un voile blanc  et, les yeux fermés, souffla sur les cendres ; elle se sentit transportée à une vitesse inouïe, à travers l’espace. Elle perdit connaissance.
A son réveil, elle était dans sa famille, entourée de la reine mère et des courtisans. Elle raconta son histoire qui se répondit dans le pays, franchit toutes les frontières.
Depuis ce jour, les jeunes filles se montrent moins capricieuses à l’âge du mariage.
Ousmane Socé, Contes et légendes d’Afrique noire, 1962





LES MAUVAISES COMPAGNIES I

Vivre seul et se moquer d'autrui, se moquer d'autrui, de ses soucis comme de ses succès, c'est là, sans conteste, un sage et raisonnable parti. Mais ignorer absolument les rumeurs, les potins, et les cancans, cela peut amener parfois des désagréments au solitaire.
Si Kakatar-le-Caméléon, le Caméléon sage et circonspect jusque dans sa démarche, avait frayé plus souvent avec les habitants de la brousse ou même avec ceux des villages, il aurait su ce que tout un chacun pensait de Golo-le-Singe. II aurait connu l'opinion des hommes et le sentiment des bêtes à l'endroit de cet être malfaisant, mal élevé, mal embouché, querelleur et malicieux, menteur et débauché, dont la tête n'était pleine que de vilains tours à jouer au prochain. Il aurait su pourquoi Golo avait les paumes des mains noires à force de toucher à tout, et les fesses pelées et rouges d'avoir reçu tant de coups. Leuk-le-Lièvre lui aurait sans doute dit pourquoi Golo n'était pas un compagnon souhaitable; Thile-le-Chacal, Bouki-l'Hyène et même Bakhogne-le-Corbeau lui auraient appris pourquoi Golo n'était pas à fréquenter assidûment. M'Bottele-Crapaud lui aurait avoué que, pour sa part, jamais dans sa famille personne n'avait fait de Bagg-leLézard son compagnon de route, car il y a compagnon et compagnon ; et que sans nul doute, la société de Golo-le-Singe n'était pas faite pour lui, Caméléon.
Mais Kakatar ne hantait pas les mêmes parages que tous ceux-là ; et, s'il lui advenait d'aventure d'en aviser un sur son hésitante et titubante route, il savait prendre la teinte des objets qui l'entouraient jusqu'à ressembler à l'écorce d'un vieux baobab, aux feuilles mortes qui lui servaient alors de lit, ou aux herbes vertes contre lesquelles il s'adossait.
Un jour, cependant, au bord d'un sentier, Golole-Singe, qui passait en gambadant, put distinguer Kakatar collé contre le flanc d'une termitière.
- Oncle Kakatar, as-tu la paix? salua Golo d'une voix doucereuse.
Force fut au taciturne solitaire, dont l'humeur était moins changeante que la couleur de la peau, de répondre à la politesse. Car " Assalamou aleykoum " n'est pas plus beau que " Aleykoum salam ", et l'on doit payer, l'on peut payer cette dette sans s'appauvrir. Et puis, rendre un salut n'a jamais écorché la bouche.
- La paix seulement ! répondit donc Kakatar, de mauvaise grâce, il est vrai. Mais il ne connaissait pas assez Golo, s'il pensait être débarrassé de lui à si peu de frais.
- Où donc se dirigeaient vos jambes si sages, mon oncle? s'enquit le curieux.
- Je m'en allais vers N'Djoum-Sakhe, expliqua Kakatar, que le singe approchait de si près qu'il commençait à prendre la teinte du pelage de son interlocuteur. Ce que voyant, et sans doute aussi la ressemblance aidant de leurs queues qui leur servaient à tous deux parfois de cinquième main, Golo se crut autorisé à plus de familiarité
- Eh bien ! oncle, je t'accompagne et je me ferai facilement à ton allure.
lis s'en allèrent donc tous deux vers N'DjoumSakhe, Golo essayant en vain, dès les premiers pas de se régler à l'allure balancée et hésitante de son compagnon qui tâtait d'abord l'air et semblait à chaque instant chercher s'il n'y avait pas une épine sur son chemin. N'y tenant plus, Golo se mit à trotter à droite et à gauche, devant et derrière, pour revenir de temps à autre tenir un petit propos à son compagnon.
Le sentier n'était pas long qui menait à N'DjoumSakhe, mais l'allure de ces voyageurs, dont l'un avait toujours l'air de marcher sur des braises ardentes et sautillait tout le temps et dont l'autre semblait avancer sur un troupeau de hérissons, l'allure de ces deux voyageurs n'était pas des plus rapides. Le soleil ardait dur et dru au-dessus de leurs têtes qu'ils n'avaient pas encore parcouru la moitié de la moitié du sentier de N'Djoum-Sakhe. Golo et Kakatar s'arrêtèrent à l'ombre déchiquetée d'un palmier, en haut duquel pendait une gambe, une calebasse-gourde.
- Tiens, fit Golo, qui était au courant de tout, tiens, N'Gor espère ce soir une bonne récolte de vin de palme ; mais nous mouillerons bien nos gorges avant lui, car il fait vraiment trop chaud.
- Mais ce vin de palme n'est pas à nous ! s'ahurit Caméléon.
- Et puis après ? interrogea le Singe.
- Mais le bien d'autrui s'est toujours appelé " laisse ".
Golo ne releva même pas la remarque ; il était déjà en haut du palmier, il avait décroché la gourde et buvait à grands traits. Quand il eut tout vidé du liquide frais, mousseux et pétillant, il laissa choir la gourde, qui faillit écraser son compagnon. II redescendit et déclara
- Le vin de palme de N'Gor était vraiment délicieux. Nous pouvons continuer notre chemin, mon oncle.
Et ils repartirent. Ils n'étaient pas encore bien loin du palmier lorsqu'ils entendirent derrière eux des pas plus assurés et plus pesants que les leurs. C'était N'Gor qui avait retrouvé sa gourde en miettes au pied de l'arbre, et non, comme il s'y attendait avec juste raison, là-haut, au flanc du palmier et remplie de vin de palme. Quand Golo, qui s'était retourné, l'aperçut, il pensa tout d'abord à se sauver et laisser son compagnon s'expliquer avec l'homme ; mais il n'eût pas été digne de sa race s'il avait agi aussi simplement. Pensez donc ! et si Kakatar s'expliquait avec N'Gor et l'accusait, lui Golo, qui prenait la
fuite, pas assez loin certainement ni assez longtemps sans doute pour ne point tomber un jour ou l'autre entre les mains du Baigneur de palmiers. II s'arrêta donc et dit à son compagnon d'en faire autant, ce qui ne demandait pas beaucoup d'efforts à celui-ci. N'Gor vint à eux avec la colère que l'on devine :
- on a volé mon vin de palme et cassé ma gourde. Connaissez-vous le coupable, si ce n'est l'un de vous deux ?
Caméléon se tut, se gardant bien d'accuser son compagnon de route.
- Moi, je le connais, fit le Singe, Kakatar tourna un ail et regarda Golo,
- C'est celui-là, fit ce dernier en désignant d'un index le Caméléon.
- Comment, c'est moi ? suffoqua Kakatar, c'est toi qui l'a bu !
- N'Gor, dit le Singe, nous allons marcher tous les deux, ce menteur et moi, et tu verras que c'est celui qui titube qui a bu ton vin de palme.
Ayant dit, il marcha, s'arrêta bien droit :
- Suis-je ivre, moi ? demanda-t-il, puis il commanda : Marche maintenant, toi, Caméléon, toi qui dit ne pas être ivre.
Kakatar avança, puis s'arrêta en titubant, comme le font tous les Caméléons de la terre.
- Regarde, N'Gor, dit Golo, un buveur ne peut se cacher.
N'Gor prit Kakatar-le-Caméléon, le battit vigoureusement et lui dit en l'abandonnant
- Si je ne t'ai pas tué cette fois-ci, remercie le bon Dieu et ton camarade.
N'Gor s'en retourna vers son palmier, et les deux voyageurs reprirent leur chemin. Vers le soir, ils atteignirent les champs de N'Djoum-Sakhe.
- J'ai froid, dit Kakatar, nous allons, pour me réchauffer, mettre le feu à ce champ. - Non pas, certes, dit le Singe.
- Je te dis que nous allons incendier ce champ affirma Caméléon, qui alla chercher un tison et mit le feu au champ.
Mais il n'en brûla qu'une partie et le feu s'éteignit vite. Les gens de N'Djoum-Sakhe avaient cependant aperçu la flambée. Ils étaient accourus et s'informaient
- Qui a mis le feu à ce champ?
- Je ne sais pas, j'ai vu la flamme et je me suis approché, déclara Kakatar.
-Comment ? s'étonna le Singe, tu ne veux pas insinuer que c'est moi qui ai incendié ce champ ?
- Puisqu'il ne veut pas avouer que c'est lui le coupable, regardez donc nos mains.
Ayant dit, le Caméléon tendit ses mains, la paume en était blanche et nette.
- Fais voir les tiennes maintenant, toi qui dis ne pas être l'incendiaire, commanda Kakatar.
Golo tendit ses mains, la paume en était noire comme celle de toutes les mains de tous les singes de la terre.
- Regardez, triompha le Caméléon, l'incendiaire ne peut se cacher.
On attrapa Golo, qui se souvient encore certainement de la correction qu'il reçut et qui, depuis ce temps-là, ne fréquenta plus jamais Kakatar-le-Caméléon.


larmes

 




lundi 19 juin 2017

Révision Bac

LE BAC, C'EST MAINTENANT                 RÉVISION n° 2


RÉVISIONS : chaque semaine, des sujets seront traités pour vous orienter dans vos révisions. Nous aborderons les différents genres littéraires ainsi que la littérature de façon générale.
Des indications sur les sujets proposés. Des corrections de bacs antérieurs.
Correction de baccalauréat

Sujet bac : Le romancier André Brink déclare que la vocation de l’écrivain réside dans une croisade impitoyable contre les vices des hommes. Cette définition du rôle de l’écrivain vous satisfait-elle ?
Présentez votre réponse dans un développement structuré et soutenu par des exemples précis.

Répondons à cette question : Monsieur, comment trouver des idées ? D’abord si le sujet est compris, il faut, à défaut d’idées, chercher des exemples. Pour ce sujet, ils ne manquent pas, le seul hic sera de les organiser en vue d’un plan
- Comment les genres littéraires traduisent-ils un tel objectif de l’écrivain ?
Des genres spécifiques (fables, comédie, pamphlet, le conte, etc.)
- Quel style permet le mieux à l’écrivain d’être impitoyable face aux vices des hommes ?
L’écrivain utilise les mots péjoratifs, dévalorisant pour être impitoyable, et pour cela il use de figure (ironie, satire, sarcasme, la caricature, etc.)

Il faut toujours étudier les mots clés
Vocation : rôle, mission, responsabilité
Croisade impitoyable : bataille sans pitié (il y a une idée de sacerdoce dans le métier d’écrivain)
Les vices des hommes: les maux des hommes et de la société, leurs imperfections.

Par le questionnement autour du sujet : Comment doit-il mener cette croisade ? Quelle est la finalité de ce combat ? Sinon quelle autre vocation peut avoir l’écrivain ? 
Être contemplatif devant les inconduites des hommes, et faire de « l’art pour l’art », n’est-ce pas une attitude bien artistique ?
Quelques citations peuvent venir à l’esprit certes, mais il faut surtout penser aux textes lus ou étudiés, les œuvres au programme doivent également être cités.
" Le poète aussi a charge d’âme. " V. HUGO
" Le temps est venu où tous les poètes ont le droit et le devoir de soutenir qu'ils sont profondément enfoncés dans la vie des autres hommes, dans la vie commune. " Paul ELUARD
" Un livre est le produit d'un autre moi que celui que nous manifestons dans nos habitudes, dans la société, dans nos vices. " Marcel PROUST
« J’écris pour agir » écrivait Voltaire

Thèse : L’écrivain en guerre contre les vices des hommes
Au niveau des genres théâtraux : Molière s’était fixé comme programme d’écriture de corriger les vices des hommes : Castigat ridendo mores : « Je châtie les mœurs par le rire »
Même si Guillaume Oyono Mbia dans la préface de Trois prétendants… un mari, rappelle aux lecteurs et metteurs en scènes que son but n’est pas de « moraliser, mais de divertir », il n’en reste pas moins qu’il s’attaque dans la pièce aux vices des politiciens de la première heure des indépendances africaines à travers le personnage le fonctionnaire Mbia.
Au niveau des genres narratifs : conte, fable et roman : Jean de la Fontaine dans les Fables :
Il l’expose dans sa préface : "Je tâche d'y tourner le vice en ridicule / Ne pouvant l'attaquer avec des bras d'Hercule."  Aussi prouve-t-il : Les flatteurs dans « Le Corbeau et le Renard »
« Apprenez que tout flatteur vit au dépens de celui qui l'écoute »
Birago Diop avec le conte
La Bruyère dans Les Caractères (1688) aussi vise à former les hommes avec la satire, c’est-à-dire une critique moqueuse, impitoyable et triste des vices des hommes. Aussi affirme-t-il « Du même fonds d’orgueil dont on s’élève au-dessus de ses inférieurs, l’on rampe vilement devant ceux qui sont au-dessus de soi. C’est le propre de ce vice, qui n’est fondé ni sur le mérite personnel, ni sur la vertu, mais sur la richesse »
Au niveau de la poésie : Du Bellay caricature les courtisans dans « Ces vieux Singes de Cour »
« Seigneur, je ne saurais regarder d'un bon œil / Ces vieux Singes de Cour qui ne savent rien faire, / Sinon en leur marcher leurs maîtres contrefaire / Et se vêtir comme eux d'un pompeux appareil. »
Ses pamphlets s’attaquent : politique (aux flatteries des courtisans), religion (Umberto Eco s’attaque aux vices des abbés homosexuels et criminels d’Abbaye dans Le Nom de la Rose), mœurs (Balzac s’attaque aux vices de la société bourgeoise parisienne du 19ème siècle dans son roman Le Père Goriot)
Antithèse : L’écrivain peut être hors des préoccupations des hommes et mettre en avant « l’art pour l’art »
« Tout ce qui est utile est laid » Théophile Gautier
" En général, dès qu'une chose devient utile, elle cesse d'être belle. " T. GAUTIER La théorie de l'art pour l'art
" Le but de l’art, c’est le beau avant tout. " G. FLAUBERT
"On ne fait pas de la bonne littérature avec de bons sentiments" André Gide

Exercice de révision

  Le paresseux   Accablé de paresse et de mélancolie, Je rêve dans un lit où je suis fagoté, Comme un lièvre sans os qui dort dans un...