samedi 24 décembre 2016

Les Contemplations de Victor HUGO, 1856





I.                  Éléments biographiques et bibliographiques

Victor Marie Hugo est, historiquement, un enfant de la Révolution française. Ses parents font connaissance en 1796 et se marient l’année suivante. Son père, Léopold Hugo appartient à une famille d’artisans de Nancy ; sa mère, Sophie Trébuchet, est originaire de la bonne bourgeoisie nantaise : Victor Hugo est donc issu de deux milieux très différents. De l’union assez malheureuse de Léopold et de Sophie naissent trois enfants : Abel, Eugène et Victor.

Victor Hugo voit le jour le 26 février 1802 (« quand le siècle avait deux ans »)  à Besançon où son père, qui s’est enrôlé dans l’armée très jeune, est en garnison. Léopold Hugo connaît une ascension rapide dans la hiérarchie militaire, ce qui lui permet d’accéder au poste de gouverneur d’Avellino en Italie, puis d’être nommé gouverneur de trois provinces et comte de Siguenza en Espagne. L’enfance de Victor est quelque peu mouvementée, partagée entre Paris et les lieux de mutation de son père. Très tôt, il abandonnera ses études pour s’adonner à la poésie et gardera une grande admiration pour Chateaubriand :à quatorze ans, le futur poète écrit sur un cahier d’écolier : « Je veux être Chateaubriand ou rien. » À dix-sept ans, il fonde avec son frère Abel une revue, le Conservateur littéraire, rédigée presque intégralement par lui. À vingt ans, le jeune poète publie ses Odes (1822), recueil encore classique par la forme mais plein d’audace, qui lui vaut une pension royale. Il l’augmentera et le remaniera quelques années plus tard, sous le titre Odes et Ballades (1828). A la mort de sa mère en 1821, Victor Hugo épousera l’année suivante Adèle Foucher (1803-1868), son amie d’enfance. De ce mariage, il aura cinq enfants : Léopold (1823, mort dans sa première année), Léopoldine (1824-1843), Charles (1826-1871), François-Victor (1828-1873) et Adèle (1830-1915).
L’année 1833 marquera le début d’une longue liaison avec une comédienne, Juliette Drouet.
Victor Hugo entrera à l’Académie française en 1841. Parallèlement à sa carrière littéraire, Hugo s’engagera dans la politique. Epris de justice et de liberté, il dénoncera la dictature de Napoléon III ce qui lui a valu 19 années d’exil (1851-1870). Le poète déclarera : « Je resterai proscrit, voulant rester debout. ». Durant ces années d’exil, il composera Les Châtiments et Les Contemplations.
A l’âge de trente ans, Victor Hugo sera à la tête du mouvement romantique. Il va révolutionner le théâtre et inventera un nouveau langage poétique. A cinquante ans il aura le courage d’abandonner une existence confortable et une situation acquise pour l’exil, au nom de la résistance au régime impérial de Napoléon III.
Si Victor Hugo a été le chef de file du romantisme c’est grâce d’abord à ses idées rénovatrices et révolutionnaires ensuite par sa longévité et enfin par sa production littéraire riche et variée.

1822  -   Odes et poésies diverses (poésie)                        1838   -  Ruy Blas (théâtre)
1823  -  Han d'Islande (récit)                                            1840   -  Les Rayons et les Ombres (poésie)
1826  -  Bug-Jargal (récit)                                                1843   -  Les Burgraves (théâtre)
1827  -  Cromwell (théâtre)                                              1853   -  Les Châtiments (poésie)
1828  -  Odes et Ballades (poésie)                                    1856   -  Les Contemplations (poésie)
1829  -  Les Orientales (poésie)                                      1859 / 1883 - La Légende des siècles (poésie)
1829  -  Le Dernier Jour d'un condamné (récit)               1862   -  Les Misérables (récit)
1829  -  Marion Delorme (théâtre)                                   1866   -  Les Travailleurs de la mer (récit)
1830  -  Hernani (théâtre)                                                1869   -  L'Homme qui rit (récit)
1831  -  Notre-Dame de Paris (récit)                               1874   -  Quatrevingt-Treize (récit)
1831  -  Les Feuilles d'automne (poésie)                         Posthume. 1886 -  La Fin de Satan (poésie)
1832  -  Le roi s'amuse (théâtre)                                     Posthume. 1887 /1900 -   Choses vues (essai)
1833  -  Lucrèce Borgia (théâtre)                                   Posthume. 1891- Dieu (poésie)


L’écroulement du second Empire lors de la guerre contre la Prusse en 1870 permet à Victor Hugo de revenir en France. Son retour est triomphal et, en février, il est élu député à la Constituante avec 214 169 voix. Il a de vastes projets politiques : abolition de la peine de mort, réforme de la magistrature, défense des droits de la femme, instruction obligatoire et gratuite, création des États-Unis d’Europe. Mais, au bout d’un mois, incapable de faire entendre sa voix devant une assemblée conservatrice, il démissionne. Avec l’Année terrible (1872), sa poésie s’assombrit pour témoigner de la guerre et des événements tragiques de la Commune.

Hugo est alors devenu pour les Français une sorte de patriarche national des lettres. Lorsqu’il s’éteint, le 22 mai 1885, un cortège de plusieurs centaines de milliers de personnes suit, depuis l’Étoile jusqu’au Panthéon, le « corbillard des pauvres » qu’il a réclamé. « Je donne cinquante mille francs aux pauvres. Je désire être porté au cimetière dans leur corbillard. Je refuse l’oraison de toutes les Églises. Je demande une prière à toutes les âmes. Je crois en Dieu. » : ce furent là ses dernières volontés.


II.               Structure et Thèmes
La vie de Victor Hugo peut être divisée en deux périodes : les années de bonheur et les années de malheur.
Les Contemplations représente 25 années de la vie du poète. C’est « l’existence humaine sortant de l’énigme du berceau et aboutissant à l’énigme du cercueil. C’est un esprit qui marche laissant derrière lui la jeunesse, l’amour, l’illusion, le combat, le désespoir, et qui s’arrête éperdu au bord de l’infini… » pour contempler sa vie passée. « Cela commence par un sourire, continu par un sanglot et finit par un bruit du clairon de l’abîme… Une destinée est écrite là jour à jour. »
Mais l’on ne saisit pas toute l’importance du recueil si l’on néglige de considérer son architecture, telle que voulue par le poète. En effet, le recueil est divisé en deux parties distinctes, « Autrefois » et « Aujourd’hui », qui correspondent aux dates de composition générale. La véritable signification de ce découpage binaire est d’ordre personnel : sur la ligne de partage se situe le drame de la mort par noyade de la fille de Hugo, Léopoldine, en 1843, qui lui inspire un célèbre poème commémoratif quatre ans plus tard : « À Villequier ». À elle seule, cette division suffit à donner à l’ensemble du recueil toute sa dimension pathétique.

« Autrefois » : écrit entre 1830 et 1843.               « Aujourd’hui » : écrit entre 1843 et 1856
Livre 1 : Aurore                                                        Livre 4 : Pauca meae
Livre 2 : L’âme en fleur                                           Livre 5 : En marche
Livre 3 : Les luttes et les rêves                                 Livre 6 : Au bord de l’infini

« Autrefois » 

Livre 1 : Aurore

C’est le livre de l’enfance, de la jeunesse, de l’enthousiasme. Le poète se souvient des études, de ses premiers combats littéraires, de ses promenades dans la nature. Il évoque aussi ses premiers rencontres avec les jeunes filles, la joies radieuse de la paternité

Livre 2 : L’âme en fleur

Cette partie évoque les souvenirs de Juliette Drouet, jeune actrice  avec qui Hugo s’est lié en 1833 et lui resta fidèle jusqu’à la mort. Le poète se rappelle leur promenades, leur bonheur, le printemps, les oiseaux. Dans ce livre, il compose pour elle de beaux poèmes pour lui dire combien il a besoin d’elle.

Livre 3 : Les luttes et les rêves

Ce livre fonctionne comme une transition pour la seconde partie du recueil. Même si le poète compose quelques poèmes sur l’enfance, la nature et l’amour, il évoque aussi des thèmes plus dramatiques en critiquant le règne du mal et la peine de mort, en méditant sur l’énigme de l’univers

 « Aujourd’hui » 

 Livre 4 : Pauca meae ( = quelques vers pour ma fille )
C’est véritablement une partie réservée à sa fille Léopoldine. Hugo revient sans cesse à sa fille soit pour se rappeler de douces scènes d’enfance, soit pour évoquer sa douleur ou ses pèlerinages sur la tombe. Le plus souvent, le poète hésite entre le doute et l’espérance

Livre 5 : En marche

Cette partie célèbre l’énergie peu à peu retrouvée. Si parfois le désespoir le saisit encore, si la mort est toujours présente, Hugo puise dans le souvenir de ses luttes pour le bien, dans la richesse de la nature, dans la grandeur des pauvres gens, dans la tendresse de Juliette Drouet le courage de reprendre la route

Livre 6 : Au bord de l’infini

Cette partie nous fait assister à la lutte de la lumières et des ténèbres. Le poète visionnaire se pose des questions presque métaphysique sur les ténèbres, l’océan, la mort. La souvenir du tombeau l’obsède cependant l’espérance est plus forte. Le poète se considère parmi les guides qui doivent conduirent l’humanité vers la lumière.

Le recueil des Contemplations se termine par un poème final dédié à Léopoldine

Parmi les thèmes de la partie « Autrefois » on peut citer le bonheur, l’enfance, la jeunesse l’amour, la Nature, les relations humaines
Dans la partie « Aujourd’hui », le poète développera le thème de la souffrance, de la mort, du deuil, du destin de la révolte… A ces thèmes on peut aussi ajouter le rôle de la poésie et la fonction du poète.
Le ton dominant des Contemplations est le lyrisme personnel qui permet  au poète d’extérioriser ses sentiments, sentiments qui reflètent en réalité la condition humaine (« Ah ! Insensé qui crois que je ne suis pas toi ». Les contemplations dévoile la vie d’un homme en même temps que la vie des autres car « la destinée des hommes est une ».
 
III.           Le Style dans Les Contemplations

Ce recueil de poèmes coïncide avec la période de maturité du poète. Celui-ci y maîtrise parfaitement son art poétique, tant sur le plan formel que thématique. En effet, Victor Hugo alterne les poèmes courts (« Demain dès l’aube... ») et les poèmes longs comme « les Mages » ou « Ce que dit la bouche d’ombre », qui se déploient sur vingt pages chacun ; il est aussi à l’aise dans le maniement du vers alexandrin que dans des vers plus courts, comme l’octosyllabe ou l’heptasyllabe (« Je respire où tu palpites »), et dans les divers types de poèmes.
Même si Hugo semble faire la chasse au mot aristocrates et nobles, on retrouve cependant une influence du vocabulaire classique à travers des mots comme ondes, urnes, zéphyrs, aquilons et alcyons
L’utilisation de l’image a permis au poète de donner corps à des notions abstraites (allégorie) : les vices deviennent des taupes, le crime un phalène, l’éternité se transforme en un gouffre où se vide la tombe
Le vers célèbre « Car le Mot c’est le Verbe, et le Verbe c’est Dieu » pourrait servir d’épigraphe à l’œuvre, constamment tendue vers un lyrisme hyperbolique qui incarne la conception absolue que le poète se fait de son art. C’est aussi dans ce recueil que se trouve le fameux « Réponse à un acte d’accusation », qui atteste du vent révolutionnaire que Hugo a fait souffler sur la poésie classique, en la libérant des multiples contraintes qui l’enserraient et qui constituaient une entrave pour l’inspiration et la liberté de l’écrivain : « Je mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire ».
Dans Les Contemplations la place de la césure n’est plus fixe. Le poète laisse souvent de côté le sonnet pour adopter la forme libre (« Le romantisme n’est …que le libéralisme en littérature »). Cette liberté se retrouvera aussi dans le rythme et c’est Hugo lui-même qui déclarera : « J’ai disloqué ce grand niais d’alexandrin / En inaugurant le trimètre romantique.
Le poète utilise souvent l’alexandrin souple avec des rejets et des enjambements ce qui donnent une certaine ressemblance avec la prose.
Le poète manie admirablement les strophes pour avoir des effets de puissance et de contraste. Les changements de rythme permettent au poète de suggérer l’irrégularité des sentiments et des mouvements de la pensée.
Tout ce style n’obéit qu’à une seule règle : l’inspiration

IV.           Le sens de l’œuvre
 En voulant présentant les Contemplations comme une œuvre sincère, complète et finie, Victor Hugo conseille aux lecteurs, dans la préface, de lire ce livre comme on lirait le livre d’un mort.
En écrivant sa destinée jour après jour, Victor Hugo a voulu présenter sa vie entière mais aussi la condition humaine. Ce livre est donc comme dans un miroir tendu à ses semblables.
Il se proposait d’abord de chanter seulement ses trois passions le plus vives : Léopoldine, la nature et Dieu. Mais, finalement, il n’a pu résister au besoin des se confesser tout entier. Il apparaît tour à tour en révolutionnaire des lettres, en libérateur de l’amour, en patriarche adoré des enfants et adorateur de l’enfance, en consolateur des affligés, en porte parole de la justice.
Le poète définira Les Contemplations comme les Mémoires d’une âme.
A la question de savoir si ce recueil constitue la vie d’un homme, Victor Hugo, dans la préface même de ce recueil que c’est effet sa propre vie mais aussi la vie des autres hommes car pour lui « Nul de nous n’a l’honneur d’avoir une vie qui soit à lui. Ma vie est la vôtre, votre vie est la mienne, vous vivez ce que je vis ; la destiné est une. Prenez donc ce miroir »
Ainsi le lyrisme personnel dans les contemplations à une valeur universelle, ce « je » équivaudrait plus exactement à un « nous » représentation l’universalité de la condition humaine.

lundi 19 septembre 2016

Moralités dans Les Nouveaux contes d’Amadou Coumba de Birago Diop




Introduction
Les contes africains sont un fait de civilisation, le reflet de valeurs sociales, un mode  d’expression de la pensée, un art et une littérature. L’étude des contes peut permettre de mieux comprendre le monde africain, sa vision de l’univers, de Dieu, de l’homme, des êtres et des choses, de mieux apprécier sa culture et sa littérature. Voilà autant de choses qui font l’importance d’étudier la moralité dans un conte, pour ce qui nous concerne Les Nouveaux Contes d’Amadou Coumba de Birago Diop.

vendredi 23 mai 2014

Bac 2014, préparer l'épreuve de français du bac au Sénégal


Le résumé et la discussion : apprenez à résumer des textes courts jusqu'à avoir le courage d'affronter un texte long. Vous verrez qu'un texte long est une succession de textes courts. (en résumé l'adage peut bien être : - qui peut le moins pourra le plus, à force de s'exercer).

Présents de la lecture

        Mais enfin le temps vient que l'on sait lire - événement capital - le troisième événement capital de notre vie. Le premier fut d'apprendre à voir ; le second d'apprendre à marcher; le troisième est celui-ci, la lecture, et nous voici en possession du trésor de l'esprit universel. Bientôt nous sommes captifs de la lecture, enchaînés par la facilité qu'elle nous offre de connaître, d'épouser sans efforts quantité de destins extraordinaires, d'éprouver des sensations puissantes par l'esprit, de courir des aventures prodigieuses et sans conséquences, d'agir sans agir, de former enfin des pensées plus belles et plus profondes que les nôtres et qui ne coûtent presque rien ; et, en somme, d'ajouter une infinité d'émotions, d'expériences fictives, de remarques qui ne sont pas de nous, à ce que nous sommes et à ce que nous pouvons être .
      De même que, sous le sommeil, il arrive, dit-on, que nous croyons vivre toute une existence, cependant que l'horloge ne compte que quelques secondes, ainsi, par l'artifice de la lecture, il se peut qu'une heure nous fasse épuiser une vie. (Paul VALÉRY)


Le monde menacé par le progrès

       L'apparition des progrès techniques et scientifiques dans la vie quotidienne ne va pas sans problèmes sérieux. Les villes qui devraient permettre de bénéficier du confort moderne connaissent un entassement qui y rend la ville pénible : encombrement automobiles, insuffisance des transports en commun, bruit. Il s'y ajoute la pollution de l'air due aux gaz lâchés par les automobiles ou les milliers de cheminées.
        Pour échapper à cette atmosphère pesante, le citadin, peut-il fuir vers la nature ? Oui à condition d'affronter les longues files de voitures qui quittent la ville chaque week-end vers une campagne qui recule de plus en plus devant les banlieues. Ira-t-il passer ses vacances au bord de la mer ? Il risque de la trouver polluée par le pétrole rejeté par les innombrables bateaux qui nettoient leurs cales, en mer ou font naufrage provoquant des " marées noires ". Pollution de l'air et de l'eau, disparition de la nature inquiètent les dirigeants des pays développés qui se demandent si la vie sera encore possible dans quelques dizaines d'années et qui commencent à prendre des mesures pour protéger " l'environnement ". (Science et vie Junior Juin 1989)

Le commentaire de texte : texte proposé

La mort de Fama

Une fois libéré, Fama veut retourner à Togobala, le village natal. Malheureusement, celui-ci est situé dans le pays voisin, et la frontière était fermée. Voulant passer quand même, Fama saute du pont sur la berge, mais il est attaqué et mortellement blessé par un caïman sacré. Les gardes frontaliers le ramassent et l’emmènent en ambulance.



     Il se réveilla. Deux infirmiers le maîtrisèrent sur le brancard ? Un autre agitait une seringue. A-t-il été piqué ? Fama l’ignorait, mais il voyait à nouveau, entendait à nouveau les pétards, les feux, les secousses, la poussière. Mais pourquoi Fama, qui allait à la puissance, au pouvoir, ne rêvait-il pas de lune ? N’est-il pas certain que rêvent toujours de lune ceux qui ont sur leur chemin la grande fortune, le grand honneur ? La lune… La lune de Fama… Sa lune ! La lune…
     Fama sur un coursier1 blanc qui galope, trotte, sautille et caracole. Il est comblé, il est superbe. Louange au Miséricordieux ! Mais Fama se retourne. Son escorte s’est évanouie. Où ont-ils disparu, mes suivants ? proteste-t-il. Il est seul, il sent la solitude venir, elle assaille, pénètre dans son nez qui souffle un nuage de fumée, balaie les yeux, répand les larmes, vide le cœur, remplit les oreilles de la nausée2 jusqu’à ce que pointe et sorte la queue fuyante et le manque, Fama les pourchasse. Soudain un éclair explose, éparpille l’air, le ciel et la terre, et le coursier se cabre au bord du gouffre3. Fama tremblote. Une prière. Tout s’arrange doux et calme, la douceur qui glisse, la femme qui console, et l’homme, et la rencontre d’un sous-bois frais et doux, et les sables menus et fins, et tout se fond et coule doucement et calmement, Fama coule, il veut tenter un petit effort.
     Fama avait fini, était fini. On en avertit le chef du convoi sanitaire.



Ahmadou Kourouma, Les soleils des Indépendances, pp.195-196, 1970.



Vous ferez de ce texte un commentaire suivi ou composé. Dans le cadre d’un commentaire composé, vous pourrez montrer comment le narrateur, par le biais de la ponctuation et de diverses figures, parvient à traduire une vision de Fama partagée entre un espoir d’élévation vers la gloire et une mort insidieuse.


La dissertation :

Dans la Préface de Marie Tudor, (1833), Victor Hugo écrit qu' « Il y a deux manières de passionner la foule au théâtre: par le grand et par le vrai. Le grand prend les masses, le vrai saisit l'individu ».

Connaitre Hugo est pour le moins important pour savoir qu'il milite pour le mélange des genre qui permet au théâtre de toucher tous les publics. 

Pourquoi le théâtre a-t-il de l'audience? Une question à laquelle répond cette citation. Le théâtre put toucher tout le monde par son caractère réaliste, proche de la vie. Il est spectaculaire, il est un art magnifique, au sens étymologique du terme.

Mais le théâtre s'adresse aussi par endroit à chaque spectateur capable de lire la vérité qui le concerne à travers de l'action, une vérité issue de l'éclat du conflit social?
Sujet

Conseils méthodologiques

Une maîtrise de la méthode est un gain de temps, et cela permet au correcteur de vous suivre dans votre logique. Selon la technique, bien respecter les recommandations des professeurs et s'exercer en conséquence suffisance.

Correction de l'expression

Certaines fautes irritent le correcteur, les accords de genre et de nombre en particulier. Or, de nos jours, les élèves les négligent couramment.
Les fautes de conjugaison aussi sont énervantes. Pourtant dans les épreuves, vous utilisez majoritairement le présent de l'indicatif.
Les accords du participe passé et des adjectifs entre autres poussent le correcteur à diminuer la note de la copie.
Etant donné que vous choisissez la plupart les mots que vous utilisez, assurez-vous que les mots que vous possédez soient bien orthographiés, et employés à bon escient. 
Mettez toutes les chances de votre côté! Ne négligez aucun détail car, dit-on, "le diable est dans le détail". 

Présentation

Aérez la copie, en faisant voir les parties et les sous-parties (particulièrement l'argumentation)
Adoptez une écriture agréable à lire, qui ne fatigue pas trop les yeux éprouvés des correcteurs.
Utilisez un stylo à ton lisible et qui ne crache pas l'encre pour salir la feuille.

Etude de PHÈDRE de Jean Racine

PHÈDRE de Jean Racine

INTRODUCTION

Le classicisme est un mouvement littéraire qui se développa en France, et plus largement en Europe, dans la deuxième moitié du XVIIe siècle. Il désigne un ensemble de valeurs et de critères qui définissent un idéal s'incarnant dans l’« honnête homme » et qui développent une esthétique fondée sur l'idéal de perfection. C’est cet idéal de perfection qu’on retrouve dans toutes les œuvres classiques et particulièrement dans PHEDRE. En effet dans cette pièce de théâtre Jean Racine écrit dans la préface que : « Les moindres fautes y sont sévèrement punies. La seule pensée du crime y est regardée avec autant d’horreur que le crime lui même. Les faiblesses de l’amour y passent pour de vraies faiblesses. Les passions n’y sont présentées aux yeux que pour montrer tout le désordre dont elles sont cause ; et le vice y est peint partout avec des couleurs qui en font connaître et haïr la difformité. »

I.                   Biographie et bibliographie de Jean Racine

 1-   Biographie

Jean Racine naquit en 1639 à La Ferté-Milon, au sein d'une famille de notables locaux sans éclat, fonctionnaires modestes ou gens de loi. Très tôt orphelin, il est recueilli par sa grand-mère maternelle, qui, devenue veuve, l'emmène avec elle à l'abbaye de Port-Royal des Champs. Le petit Racine est autorisé à suivre gratuitement l'enseignement que dispensent les maîtres des " Petites Ecoles " rattachées au monastère.
Il y fait de solides humanités, qui façonnent en lui un goût et une sensibilité littéraires précoces. Ses études terminées, après un an de philosophie au collège d'Harcourt à Paris, le jeune homme s'installe en 1659  dans la capitale,
Jean Racine  écrit des poèmes à la gloire du roi. Il est présenté à la Cour, et s’inscrit dès 1664 sur la liste des gratifications royales. Il élargit le cercle de ses relations, rencontre Boileau et surtout Molière, dont la troupe accepte de jouer La Thébaïde, qui n'a pas grand succès. En revanche, en 1665, Alexandre est une réussite, mais aussi l'occasion d'une brouille retentissante avec Port-Royal, hostile au théâtre, et d'une rupture avec Molière, à qui le jeune auteur retire sans préavis sa pièce pour la porter à la compagnie rivale de l'Hôtel de Bourgogne, dont les acteurs ont la réputation d'être les meilleurs tragédiens du temps.
Dès lors, pendant une dizaine d'années, la vie de l'homme va se confondre avec la carrière prestigieuse et fructueuse d'un écrivain dramatique qui ne cessera plus de voler de succès en succès.
Et puis Racine cesse brusquement d'écrire pour la scène, et il entame une seconde carrière pour ainsi dire, officielle et toute remplie d'honneurs, qui va faire de lui l'un des familiers de Louis XIV. L'écrivain avait été élu à l'Académie française dès 1673. Deux nominations à des postes considérables et enviés, celui d'historiographe du roi et celui de " gentilhomme ordinaire de la Chambre ", ponctuent et parachèvent, en 1677 puis en 1690, la brillante ascension sociale du courtisan. Marié en 1677, père de famille, homme riche, célèbre et estimé du prince, Racine n'a plus rien à désirer des biens de ce monde. Sa plume lui sert désormais à relater les hauts faits du monarque et à entonner sa louange.Il revient tardivement au théâtre, en donnant, à la demande de Mme de Maintenon, que Louis XIV a épousée en secret après la mort de sa première femme, deux pièces bibliques, Esther en 1689, Athalie en 1691, qui marquent un renouvellement de son art et connaissent la même faveur que les tragédies du passé. Les dernières années sont celles d'un chrétien du temps : les valeurs religieuses finissent par l'emporter sur les grandeurs terrestres. Racine, qui s'était réconcilié avec Port-Royal dès 1679, et qui pratiquait assidûment la Bible, meurt en 1699 " avec des sentiments de piété très vifs et très édifiants ". Le défunt est inhumé, selon ses désirs et avec l'autorisation du roi, à Port-Royal, auprès de la tombe de l'un de ses anciens maîtres.

2- Bibliographie :

Jean Racine a surtout écrit des pièces de théâtres parmi lesquelles nous pouvons citer :
La Thébaïde (juin 1664), Alexandre le Grand  (décembre 1665), Andromaque (novembre 1667), Les Plaideurs      (novembre 1668), Britannicus (décembre 1669), Bérénice (novembre 1670), Bajazet (janvier 1672), Mithridate (janvier 1673), Iphigénie (août 1674), Phèdre (janvier 1677), Esther (janvier 1689), Athalie (janvier 1691)

II.                Structure et résumé de la pièce

1-                  Structure

La pièce Phèdre reprend la structure dramatique  du théâtre classique, c’est-à-dire qu’elle respecte les cinq actes, dont une exposition, un nœud et un dénouement tragique, autrement dit la fin par un bain de sang ou la mort. La structure se présente de la manière suivante :
L’acte I  compte 5scènes ; L’acte II compte 6 scènes ; L’acte III compte 6 scènes ; L’acte IV compte 6 scènes ; L’acte V compte 7 scènes

2-                  Résumé:

A Trézène, en Grèce, à une époque fort lointaine, Phèdre, seconde épouse du roi Thésée, est tombée amou­reuse de son beau-fils Hippolyte. Cette passion lui semble si monstrueuse qu'elle se résout à mourir plutôt que d'avouer son amour. Ne pouvant toutefois supporter le cha­grin de sa nourrice Œnone, qui la voit dépérir, elle lui confie l'origine du mal qui la consume. Bientôt circule la rumeur de la mort de Thésée, absent depuis de longs mois. Sa succession au trône ouvre une crise politique. Phèdre consulte Hippolyte; mais, troublée par la présence du jeune homme, elle finit par lui avouer qu'elle l'aime. Hip­polyte s'enfuit, horrifié. Thésée serait vivant, apprend-on aussitôt après. Phèdre mesure I'horreur de sa situation. Et si Hippolyte venait à parler? Œnone lui suggère de prendre les devants et d'accuser Hippolyte de tentative de viol. Phèdre s'in­digne, puis, accablée, laisse Œnone agir à sa guise. Celle-ci le dénonce à Thésée dès son retour. Désespoir et fureur de Thésée. Pour preuve de son inno­cence, Hippolyte lui révèle qu'il aime Aricie. Thésée ne le croit pas. Honteuse et repentante, Phèdre accourt pour lui révéler la vérité. Mais elle apprend par la bouche d'Œnone qu'Hippolyte aime Aricie. Jalouse, elle décide de ne rien dire. Malgré I'intervention d'Aricie, Thésée demande à Nep­tune de punir son fils. 'Œnone se suicide, désespérée de se voir condamnée par Phèdre. Un dragon, surgi de la mer sur ordre de Neptune, tue Hippolyte. Phèdre confesse son crime à Thésée et s'empoisonne.

3.      Résumé de la pièce par actes

Acte I - Hippolyte, fils de Thésée et d’une Amazone (nommée Antiope), annonce à son confident, (nommé Théramène) son intention de quitter la ville de Trézène pour fuir son amour pour Aricie, sœur des Pallantides, un clan ennemi de Thésée. Phèdre, épouse de Thésée, avoue à none, sa nourrice et confidente, la passion qu’elle ressent pour son beau-fils Hippolyte. On annonce la mort de Thésée.

Acte II - Aricie confie à sa servante (nommée Ismène) qu’elle est amoureuse d’Hippolyte ; celui-ci arrive et dévoile ses sentiments. Phèdre vient voir Hippolyte afin de défendre les droits de son jeune fils à la succession de Thésée ; et déclare son amour à Hippolyte qui la rejette.

Acte III - Thésée, qui n’est pas mort, arrive à Trézène et s’étonne de recevoir un accueil si froid : Hippolyte veut fuir sa belle-mère et il envisage d’avouer à Thésée son amour pour Aricie, Phèdre est submergée par sa culpabilité. Elle vole même l’épée d’Hippolyte, ce qui empêchera ce dernier de se défendre moralement durant le dernier acte.

Acte IV - none, qui craint que sa maîtresse ne se donne la mort, déclare à Thésée qu’Hippolyte a tenté de séduire Phèdre. Thésée bannit Hippolyte et prie le dieu Neptune de le tuer. Phèdre veut le faire changer d’avis mais elle apprend qu’Hippolyte aime Aricie. Furieuse d’avoir une rivale, elle renonce à le défendre.

Acte V- Hippolyte part après avoir promis à Aricie de l’épouser hors de la ville. Thésée commence à avoir des doutes sur la culpabilité de son fils, mais la nouvelle de sa mort survient. Phèdre avoue tout à Thésée, après avoir banni none qui s’est ensuite jetée dans les flots; elle a pris auparavant du poison et s’effondre sur scène. Thésée, pour venger son fils et respecter la dernière volonté d’Hippolyte, décide d’adopter Aricie.


III.             Les personnages

1 - Thésée : Thésée est un homme d’âge mûr, déjà écrasé par sa légende, il est le fils d’Égée roi d’Athènes  il succède ce dernier au trône après avoir délivré athénée du Minotaure, il enlève et épouse Anthiope (mère d’Hippolyte). A la mort d’Anthiope il épouse Phèdre. Son fils éprouve, face à lui, un complexe d’infériorité et ne cesse de rêver d’aventures pour se faire un nom comparable. Quand il est absent (début de la pièce), Thésée est sans cesse évoqué : on le cherche(Hippolyte), on évoque ses exploits et son allure(Phèdre), on le craint (Aricie)
2-  Hippolyte : fils de Thésée et d’Anthiope, reine des amazones Il incarne la pureté, la sérénité et la tendresse dans les sentiments Il n’a ni la complexité ni la puissance brisée de son père Dans le mythe grec, Hippolyte est un Athènes sauvage qui  à fait vœu de chasteté Il résiste à l’amour pour Aricie uniquement par crainte de désobéir à son père.
3-  Phèdre : présente dans 12 scènes sur 30, Phèdre est pourtant omniprésent tout au long de l’action C’est une femme jeune, guère plus âgée qu’Hippolyte. Son amour pour son beau-fils est un Inceste au regard des convenances sociales et non d’un point de vue génétique Aussi bien cet amour est –il d’abord désir, attirance physique, comme si Phèdre revivait ce qu’elle avait ressenti, toute jeune femme, en voyant Thésée Phèdre, subissant la fatalité vengeresse des dieux, lutte à armes inégales: elle a beau s’éloigner d’Hippolyte, les circonstances l’obligent à le revoir Dés lors, elle plonge et fait a Hippolyte une déclaration incontrôlée, car elle subit les ravages d’une passion obsessionnelle Elle est la fille de Minos et de Pasiphaé. Elle est habité par des puissances magiques qui la dépassent (fatalité, « vénus toute entière à sa proie attachée »).
4-  Oenone : nourrice et confidente de Phèdre, dévouée corps et âme de Phèdre
5-  Aricie : princesse du sang royal descendante des Pallantides, famille princière qui disputa le trône d’Athènes à leur oncle Égée père de Thésée. Elle est l’amour d’Hippolyte et ses parents furent les ennemis de Thésée Elle a quelques fiertés et elle est la rivale de Phèdre
6-  Théramène : gouverneur d'Hippolyte
7-  Ismène : confidente d'Aricie
8-  Panope : femme de la suite de Phèdre
9-  Gardes : Les gardes s’occupent de la sécurité dans le palais.

IV.             Quelques thèmes développés

1.      L’amour et la passion
Chez Racine, les deux notions occupent une place centrale surtout dans Phèdre. Elles sont associées sous le terme amour-passion. Dans la pièce, Jean Racine fait la part des choses entre l’Amour (sentiment naturel et noble ) et la passion. Quand l’amour est présenté comme une fatalité, comme une crise, il se transforme parfois en passion, en haine qui conduit irrémédiablement au malheur, à la mort car il devient un sentiment incontrôlable.
Dans la pièce, la passion de Phèdre provoquera sa mort et celle de plusieurs personnages.

  1. Le destin
C’est le destin qui provoque la fatalité. Il se manifeste sous le signe de la prédestination. La notion de destin réunit deux thèmes : la puissance divine qui détermine le cours des événements et ensuite l’enchainement des événements eux-mêmes qui s’accélèrent. Le destin se joue sur deux plans : la volonté des dieux et les relations complexes des comportements humains.

  1. Les dieux
L’univers des dieux est intimement lié à celui des humains : les Dieux agissent directement sur la vie des hommes ; ils protègent les humains mais parfois les punissent. Cependant, l’image des dieux est assez négative. Ils sont omniprésents et interviennent dans les conflits opposant les hommes.

  1. La jalousie
C’est la jalousie qui unit les deux faces de la passion : l’amour et la haine. C’est ce qui explique qu’on passe de l’un à l’autre. La jalousie participe à une définition de l’amour ; Jean Racine y voit un instinct de possession propre à la nature humaine. Dans la jalousie c’est l’orgueil qui est blessé et qui demande réparation quitte à tomber dans le crime ou l’immoralité.

V.                Le style

La tragédie était, au XVIIe siècle en France, le genre noble par excellence. C'est un genre codé, qui connut une période de maturité, d'équilibre et d'intégration des règles avec l'œuvre de Racine.
Les règles de la tragédie classique tendent à réaliser la perfection de la création: cette perfection est fondée d'une part sur le principe de la mimésis (imitation de la nature), qui a pour finalité la peinture la plus fidèle du cœur humain. Ainsi pour être plus proche de la réalité Racine respecte la règle des trois unités dans sa pièce :
 - La règle de l'unité de temps exige que le temps de la représentation soit le plus proche possible du temps réel de l'action représentée; elle exige, en tout cas, que la durée réelle de l'action représentée n'excède jamais vingt-quatre heures.
-  La règle de l'unité de lieu découle de la précédente, par souci de vraisemblance, car dans un laps de temps très court, il n'est guère possible de multiplier avec réalisme les lieux de l'action. Dans Phèdre on n’a qu’un seul lieu : le palais.
 -  La règle de l'unité d'action exige que toutes les scènes, tous les gestes et tous les propos échangés par les personnages servent à expliquer, à motiver ou à faire avancer une même et unique action. Chaque détail se trouve alors subordonné à l'ensemble, aucun élément ne doit être gratuit ni dépourvu de conséquence directe sur l'action. Dans la pièce L’action principale reste la passion que Phèdre éprouve pour Hippolyte.

Conclusion


Phèdre vient d’expirer. Avec elle s’est éteinte la «  flamme funeste »  de la passion malheureuse et meurtrière. Le jour retrouve toute sa pureté. Ce retour à la lumière symbolise peut-être la victoire du Bien sur le Mal et en tous les cas celle du normal sur le monstrueux. Tout peut désormais rentrer dans l’ordre de la morale. Bien que l’action s’achève par trois morts, la fin de l’œuvre ne se ferme pas sur le malheur. Les dernières paroles de Thésée sont porteuses d’espoir : sa réconciliation avec Aricie est une promesse de justice dans un apaisement retrouvé. Quant à nous, nous quittons des personnages qui, jusqu’à la fin, nous auront donné à réfléchir sur la condition humaine. Ils nous ont fascinés par leurs dimensions fabuleuses et touchés par leur humanité.

sources pour la bibliographie
www.pensees-ecrites.net/auteurs-et-biographies/jean-racine

Exercice de révision

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