mercredi 10 avril 2019

EXPOSE : Madame Bovary de Gustave Flaubert


I.                   BIOGRAPHIE ET BIBLIOGRAPHIE


Gustave Flaubert est né 12  décembre 1821. Il est le deuxième enfant d’Achilla Cléophas Flaubert, chirurgien-chef  à Rouen, et de Anne Justine, née Fleuriot. Durant son enfance, il sera  délaissé par rapport à son frère aîné brillant élève admiré par la famille qui succèdera d'ailleurs à son père comme chirurgien chef , Gustave Flaubert passe une enfance assez triste, marquée par l'environnement sombre de l'appartement de fonction de son père à l'hôpital de Rouen, mais adoucie par sa complicité avec sa sœur cadette, Caroline née trois ans après lui.
Adolescent aux exaltations romantiques et attiré par l'écriture, il effectue une scolarité sans enthousiasme au Collège Royal puis au lycée de Rouen, à partir de l'année 1832 : il en est renvoyé en décembre 1839 pour indiscipline et passe seul le baccalauréat en 1840. Le premier événement notable dans sa biographie est la rencontre à Trouville-sur-Mer, durant l'été 1836 de Élisa Schlésinger qui marquera toute sa vie : il transposera d'ailleurs cette rencontre dans L'Éducation sentimentale.
Dispensé de service militaire, Flaubert entreprend sans conviction, en 1841, des études de Droit à Paris : il mène une vie agitée rencontrant des personnalités des mondes littéraire et artistique commeVictor Hugo ou Maxime Du Camp qui deviendra son grand ami. Il abandonne le droit en janvier 1844 à cause de ses premières crises d'épilepsie : il revient à Rouen avant de s'installer en juin 1844 à Croisset au bord de la Seine, en Haute-Normandie. Il s'essaie alors à l'écriture et rédige quelques nouvelles et une première version de L'Éducation sentimentale. En 1846 meurent successivement son père puis sa sœur (deux mois après son accouchement — Gustave prendra en charge sa nièce Caroline). C'est également le début d'une liaison houleuse de dix ans avec la poétesse Louise Colet avec laquelle il entretiendra une correspondance importante.
Gustave Flaubert assiste à Paris à la Révolution de 1848. Poursuivant ses tentatives littéraires, il reprend entre mai 1848 et septembre 1849 la première version commencée en 1847 de La Tentation de saint Antoine inspirée par un tableau qu'il a vu à Gênes en 1843, avant d'entreprendre entre 1849 et 1852 un long voyage en Orient avec Maxime du Camp qui le conduit en Égypte et à Jérusalem en passant au retour par Constantinople et l'Italie. Il nourrira ses écrits ultérieurs de ses observations, de ses expériences et de ses impressions.
C'est le 19 septembre 1851 que Flaubert, poussé par ses amis Louis Bouilhet et Maxime Du Camp, commence la rédaction de Madame Bovary, à partir d'un fait divers. Il achèvera son long roman réaliste et psychologique en mai 1856 au bout d'un travail de 56 mois. En même temps, il fréquente les salons parisiens les plus influents du Second Empire, comme celui de Madame de Loynes dont il fut très amoureux ; il y rencontre entre autres George Sand. À la fin de l'année 1856 le roman, Madame Bovary paraît en revue puis, en avril 1857, le roman sort en librairie et fait l’objet d’un procès retentissant pour atteinte aux bonnes mœurs : Flaubert est acquitté. Flaubert se partage depuis 1855 entre Croisset et Paris où il fréquente les milieux littéraires et côtoie Sainte-Beuve, Baudelaire, Théophile Gautier, les frères Goncourt…
Le 1er septembre 1857, Flaubert entame la rédaction de Salammbô, roman historique qui évoque Carthage en révolte au troisième siècle avant JC, et pour cela, il voyage en avril-juin 1858 en Tunisie afin de se documenter. Le roman paraît après une longue maturation en 1862.
Deux ans plus tard, le 1er septembre 1864, Flaubert entreprend la version définitive de L'Éducation sentimentale, roman de formation marqué par l'échec et l'ironie avec des éléments autobiographiques comme la première passion amoureuse ou les débordements des révolutionnaires de 1848. Le roman est publié en novembre 1869 : mal accueilli par la critique il ne s'en vend que quelques centaines d'exemplaires.
Flaubert continue sa vie mondaine : il rencontre l'empereur, reçoit la Légion d'honneur en 1866 et se lie davantage avec George Sand. Durant l'hiver 1870-1871, les Prussiens occupant une partie de la France, Flaubert se réfugie chez sa nièce à Rouen avec sa mère ; cette dernière meurt le 6 avril 1872. À cette époque, il a des difficultés financières : il vend ses fermes et quitte par économie son appartement parisien alors que sa santé, touchée par des maladies nerveuses, devient délicate. Il achève et publie toutefois le 1er avril 1874 la troisième version de La Tentation de saint Antoine, juste après l'échec de sa pièce de théâtre Le Candidat. Sa production littéraire continue avec les Trois contes qui comporte trois nouvelles : Un cœur simple, La légende de Saint Julien l'Hospitalier, et Hérodias. La publication du volume en avril 1877 est bien accueillie par la critique.
De 1877 à 1880, il poursuit la rédaction de Bouvard et Pécuchet, qu'il avait entamée en 1872-1874 : l'œuvre satirique pour laquelle il réunissait une documentation immense restera inachevée, elle sera publiée ainsi en 1881 un an après sa mort.
Ses dernières années sont sombres : ses amis disparaissent et il est assailli par les difficultés financières et par des problèmes de santé. Il meurt subitement le 8 mai 1880, à Canteleu, foudroyé par une hémorragie cérébrale. Son enterrement au cimetière monumental de Rouen se déroule le 11 mai 1880, en présence de nombreux écrivains importants qui le reconnaissent comme leur maître, qu'il s'agisse d'Émile Zola, d'Alphonse Daudet, d'Edmond de Goncourt, de Théodore de Banville ou de Guy de Maupassant, dont il avait encouragé la carrière depuis 1873.

Les œuvres de Gustave Flaubert sont :

Dictionnaire des idées reçues (1913)
Par les champs et les grèves (1910)
Œuvres de jeunesse inédites (1910)
À bord de la Cange (1904)
Bouvard et Pécuchet (1881), inachevé
Le Château des cœurs (1880)
Trois contes : Un cœur simple, La Légende de Saint Julien l’Hospitalier, Hérodias (1877)
La Tentation de saint Antoine (1874)
Le Candidat (1874)
Lettres à la municipalité de Rouen (1872)
L'Éducation sentimentale (1869)
Salammbô (1862)
Madame Bovary (1857)
Lettres inédites à Raoul Duval (1950)
Lettres inédites à Tourgueniev (1947)
Mémoires d’un fou (1838)


II.                STRUCTURE ET RESUME DU ROMAN

1. Structure du roman

Charles Bovary, après avoir suivi ses études dans un lycée de province, s'établit comme officier de santé et se marie à une riche veuve. À la mort de celle-ci, Charles épouse une jeune femme, Emma Rouault, élevée dans un couvent, vivant à la ferme avec son père (un riche fermier, patient du jeune médecin). Emma se laisse séduire par Charles et se marie avec lui. Fascinée par ses lectures romantiques, elle rêve d’une nouvelle vie, en compagnie de son nouveau mari.
En réalité, sa vie est étroite et sans relief, son mari ne répond pas à ses attentes d'une vie pleine de péripéties et rythmée par la passion. Un bal qui a lieu chez un vicomte, à la Vaubyessard, et où Emma est invitée avec son mari marque un tournant dans sa vie en lui faisant croire à l'existence du monde luxueux, faste et mouvementé dont elle rêve depuis son plus jeune âge. Cette soirée nourrira son imagination de chimères extravagantes tout au long de sa vie.
Désabusée par le retour brutal à la réalité, celle d'une vie étouffante et ennuyeuse qu'elle mène avec son mari, Emma tombe malade (maladie nerveuse plus psychologique que physique). Pour qu'elle se rétablisse, qu'elle change d'air, Charles décide de déménager avec elle dans un bourg plus grand : Yonville-l'Abbaye. Si elle se rétablit, Emma n'en reste pas moins écœurée par son mari qui répond de moins en moins à ses attentes et qui ne s'en rend pas compte. Elle va penser trouver son bonheur avec un amant. Ainsi a-t-elle une aventure avec un riche propriétaire d’un domaine agricole, Rodolphe Boulanger, qui s'en lassera vite, effrayé par l'engouement de la jeune femme. Puis, après avoir cherché en vain du réconfort dans la religion, elle a une deuxième aventure avec un clerc de notaire : Léon Dupuis, dont elle était tombée amoureuse lorsqu'elle était encore fidèle à son mari et qu'elle avait ensuite perdu de vue. Après avoir fait d'énormes dépenses pour ses deux amants et pour elle, Emma se retrouve criblée de dettes.
Ne trouvant d'aide ni auprès des ses anciens amants ni auprès de ses voisins et ne voulant pas que son mari apprenne ses aventures passées, Emma se suicide à l’arsenic emprunté chez le pharmacien du bourg, Homais. Son mari, en découvrant les lettres échangées avec ses amants, meurt de chagrin ; sa fille Berthe, croyant le voir endormi sur un banc, le pousse et se rend compte, lorsqu'il tombe par terre, qu'il est mort. La dernière page du roman explique que ce seul enfant qu'eut le couple est envoyé, après la mort de ses parents, chez sa grand-mère paternelle. À la mort de cette dernière, elle s’en va chez une tante très pauvre qui la fait travailler dans une filature de coton pour gagner sa vie...

III.             LES PERSONNAGES

(Travail possible laissé à l’initiative du lecteur)

IV.             LES THEMES

(Travail possible laissé à l’initiative du lecteur)


CONCLUSION

D'un point de vue littéraire, Gustave Flaubert est un auteur profondément pessimiste qui se situe à la charnière du romantisme et du réalisme. A la recherche de la vérité sous les apparences, il décrit, tel un médecin, la réalité avec la plus grande objectivité et une précision scrupuleuse, presque scientifique. Obsédé par le style, il rature et réécrit sans cesse ses textes. Le roman, Madame Bovary, constitue en lui-même un véritable chef d'oeuvre qui permet de connaître réellement celui qui considérait que l'écrivain doit rester absent de son oeuvre. Guy de Maupassant, Zola et Daudet le considèrent comme leur maître, laissant présager de la place de plus en plus importante qu'il va prendre après sa mort dans la littérature française en tant que chef de file de l'école réaliste.

EXPOSE : Les Bouts de bois de Dieu d’Ousmane Sembène


INTODUCTION

La production romanesque négro africaine reste étroitement liée aux événements historiques du continent. Ainsi, on aura trois périodes pour parcourir cette production. La création romanesque est divisée en trois périodes dont l’apologie de la colonisation, la dénonciation de la colonisation puis la critique de la gestion des indépendances. Ce roman que nous nous proposons d’étudier appartient à la seconde car le romancier a pris comme objectif la dénonciation de l’injustice et de la violence causées par la présence coloniale.

I.                   PRESENTATION DE L’AUTEUR

1.      Biographie de Sembène
Ousmane Sembène est né le 1er janvier 1923 à Ziguinchor. Ses parents sont des Lébous ayant quitté la presqu'île du Cap-Vert pour la Casamance. À partir de 7 ans, il fréquente l’école coranique et l’école française, apprenant à la fois le français et l’arabe, alors que sa langue maternelle est le wolof. Il abandonne l’école primaire et n’a jamais repris les études. En 1942, il est mobilisé par l’armée française et intègre les tirailleurs sénégalais.
En 1946, il embarque clandestinement pour la France et débarque à Marseille, où il vit de différents petits travaux. Il est notamment docker au port de Marseille pendant dix ans. Il adhère à la CGT (Confédération Générale du Travail, Syndicat qui lutte pour les travailleurs) et au Parti communiste français. Il milite contre la guerre en Indochine et pour l’indépendance de l’Algérie.
En 1960, après les indépendances, il rentre en Afrique et commence à penser au cinéma. Avec ses films, Sembène  récoltera plusieurs récompenses. Il meurt à l'âge de 84 ans à son domicile à Yoff le 9 juin 2007. Il est inhumé au cimetière musulman de Yoff.

2.      Bibliographie et filmographie
La production littéraire de Ousmane Sembène est étroitement lié à sa carrière cinématographie. Beaucoup de ses œuvres littéraires ont été aussi adaptées au cinéma et vice versa. Parmi ces nombreux films on peut retenir :
Borom Sarret (1963), Le Mandat(1968), Emitaï (1971), Xala (1974), Ceddo (1976), Camp de Thiaroye (1987), Guelwaar (1992) et Moolaadé  (2003).
Parallèlement à sa production cinématographique, Sembène a aussi donné à la littérature africaine ses œuvres les plus engagées.
Il s’agit entre autres du Docker noir (1956), Ô pays, mon beau peuple (1957) Les Bouts de bois de Dieu (1960), Voltaïque (1962), L'Harmattan, (1964), Le Mandat (1965), Xala (1973), Le Dernier de l'Empire (1981), Niiwam suivi de Taaw (1987), Vehi-Ciosane suivi du Mandat (2000).

II.                PRESENTATION DU ROMAN

  1. Le Titre
Le roman a été publié en 1960, l'année de l'indépendance de la plupart des Etats francophones. Cependant, les événements  racontés se déroulent  sous l'ère coloniale.
Le titre, les bouts de bois de Dieux s’explique de manière euphémique par une vieille tradition africaine : en effet, par superstition, on ne compte pas les personnes vivantes, tout comme on n’indique pas le nombre exact d'enfants que l'on a, afin d'éviter que les mauvais esprits n’abrègent leur vie. On les désigne par l'euphémisme "les bouts de bois de Dieu", pour éloigner le mauvais sort. C’est ainsi également que les grévistes dans ce roman se désignent entre eux. Ainsi à la page 301, on peut lire les paroles suivantes : « Ne nous dénombre pas, s'il te plaît, dit  Séni en se levant précipitamment, nous sommes des Bouts-de bois-de-Dieu, tu nous ferais mourir. »

  1. Structure du roman
Ce roman,  Les Bouts de bois de Dieu, paru en 1960 aux Editions Presse Pocket, est composé de 379 pages structurées en 3 grandes parties :
-          1ère partie : Avant le déclenchement de la grève des cheminots ( page 13 à 48)
-           2ème  partie : Le déroulement de la grève (page 49 à 149)
-          3ème partie : Après la grève (page 354 à 379)

  1. Résumé du roman 
L’auteur relate l’histoire de la grève des cheminots de « Dakar Niger qui du 10 octobre 1947 au 19 mars 1948 immobilisa plus de 1500 Kilomètres de lignes. A Bamako, à Dakar et à Thiès les cheminots s’organisèrent pour mener à bien leur luttes. Le récit dévoile les motifs qui ont poussé les cheminots à interrompre le travail durant cinq mois. Ils résultent tous de leur situation de travailleurs noirs Africains. Ils sont désavantagés par rapport aux cheminots Européens qui jouissent de beaucoup plus de privilèges.
Leurs revendications peuvent se résumer en quelques mots : augmentation de salaires, allocations familiales, vacances annuelles, retraites, et droit de créer leur propre syndicat. Mais, c’est à Thiès que les autorités interviennent dès les premiers jours. Thiès est en effet le centre de la régie des chemins de fer et celui de la direction du mouvement ouvrier. Au Mali, la grève est menée par Bakayoko (qui a des ressemblances avec Sembène). Bakayoko soutient moralement les grévistes et les appuie financièrement, au début, grâce aux dons du syndicat communiste français, la CGT.
À partir du moment où les blancs refusent de négocier avec les grévistes, la grève se durcit  à telle enseigne que les femmes se sentent obligées d'entrer en scène. Elles soutiennent les hommes et leur demandent de ne pas rompre le mouvement de grève qu’ils ont commencé. Ce mouvement va atteindre son paroxysme avec la marche de protestation des femmes de Thiès à Dakar. Cette marche marque aussi le point fort du roman.
Par cette manifestation, les femmes obligent les Français et leurs complices, dont les chefs religieux et les hommes politiques noirs du pays, à s'asseoir à la table des négociations et à accepter les revendications des grévistes. Aux portes de la capitale, l’une des protagonistes, Penda, s’effondre sous les balles de la police. Son martyr assombrit certes le mouvement de grève, cependant elle motive les grévistes à continuer la lutte. Malgré les multiples interventions de l’administration et les différents obstacles : mort, famine, violence, les cheminots maintiennent leurs revendications.
Finalement, les grévistes obtiennent gain de cause puisque l’administration est prête à engager des pourparlers et qu’elle accepte leurs revendications. Après plusieurs négociations, ils obtinrent satisfaction, c’est-à-dire l’amélioration de leurs conditions de vie.

III.              LES PERSONNAGES

  1. Les personnages de Bamako
Ibrahima Bakayoko : il  est le personnage central. Il s’affirme comme une sorte de héros. Il porte une balafre qui descend sur sa mâchoire inférieure. C’est lui qui donne la nouvelle morale et le sens de la révolution à tous les jeunes grévistes. C’est un militant syndicaliste, délégué des cheminots. Il est craint et respecté, même par les patrons blancs.
Assitan : épouse de Bakayoko, elle est la mère de Ad’jibid’ji
Adjibidji : Fille de Assitan, elle a été  adoptée par Ibrahima Bakayoko le mari de sa mère.
Fa Keita : Doyen des poseurs de rails. Il a soutenu les grévistes dès les premiers jours de grève. Il fut emprisonné pour ce soutien.
Tiemoko : il fait partie des délégués de Bamako. Pendant la grève, il a formé un groupe de commandos pour corriger les défaillants. Il fut l’auteur du jugement de Diarra.
Penda : C’est une fille de joie, une sorte de prostituée, responsable du mouvement des femmes. Elle eut l’idée de la marche pour Dakar et fut tuée à l’entrée de la ville.
Ramatoulaye : Elle est la tante de N’dèye Touti. C’est une brave femme qui eut allé jusqu’à tuer le bélier, vendredi, de son frère El Hadji Mabigué pour nourrir sa famille affamée par plusieurs mois de grève.
Niakoro : C’est la mère de Bakayoko. Elle invite son fils à la prudence car la grève passée (celle de 1938)  s'était terminée par un échec pour les ouvriers Africains.
Konaté : c’est le sécrétaire du syndicat des cheminots de Bamako
Diara : contrôleur de la ligne Dakar -Niger. Il a trahi les grévistes en reprenant le travail. Il a un fils qui se nomme Sadio
Bernadini : C’est le gardien-chef du camp des prisonniers.

  1. Les personnages de Thiès
Doudou : il est ajusteur, secrétaire de la fédération des cheminots. Il a été honnête et loyal.
Dans le camp des grévistes, on a Lahbib, Balla, Boubacar, Samba Ndoulougou et Bakary dit « l’ancien ».
Parmi les femmes de Thiès, on peut noter Maimouna (c’est une jeune femme aveugle qui a dû élever seule ses jumeaux car le père, irresponsable, a refusé de subvenir à leur besoin), Dieynaba (Veuve et mère de Gorgui), Mariame Sonko (épouse de Balla), Awa (femme du contremaitre), Penda (femme de mœurs légères).
Soukaré : le vieux gardien-chef du dépôt de Thiès. Défaillant, souffrant de la faim, il connaitra une mort accidentelle et sera dévoré par les rats affamés.
Bachirou : Bureaucrate, il fait partie des cadres métropolitains.
Dejean : Directeur général de la Régie des chemins de fer du Dakar-Niger. Il est venu à la colonie dans l’intention de faire fortune rapidement. Ce blanc était persuadé qu’on pourrait briser facilement cette nouvelle grève car en 1938, alors qu’il était simple sous-chef de bureau, il était parvenu à briser la première grève des cheminots. Pour le récompenser, la Direction l’avait nommé chef de bureau.
Parmi les autres travailleurs de la Direction, on peut citer : Edouard (inspecteur du travail), Pierrot (jeune employé du Dakar-Niger), Leblanc (collaborateur de Dejean), Victor (adjoint direct de Dejean) Isnard   (ancien de la colonie, il est chef d’atelier d’ajustage. C’est lui qui a abattu froidement deux petits noirs : et Sène), Béatrice (la femme d’Isnard).

  1. Les personnages de Dakar
N’deye Touti : Une élève de l’école normale qui supporte mal la vie dans la concession et dans un quartier qu’elle qualifie de pouilleux. Elle est aimée par Daouda et par Bakayoko.
Ramatoulaye : tante de N’deye Touti, femme très courageuse, elle tuera le mouton de son frère El Hadji Mabigué pour nourrir tout le quartier affamé.
Houdia Mbaye :veuve et mère de la petite Anta et de « Grève », un b’b’ né durant cette période difficile de la Grève.
El Hadji Mabigué : notable et frère de ramatoulaye, il est cependant avec les blancs.
Le Grand Serigne de dakar : Il est corrompu par les blancs et utilise la religion pour briser la grève.
Daouda : On le surnomme aussi beau gosse. Il fait partie des délégués syndicaux de Dakar. Il aime N’deye touti.
Les autres militants sont : Arona, Idrissa, Deune.

IV.              LES THEMES PRINCIPAUX

  1. La révolte
Si le sujet du roman porte généralement sur la grève des cheminots, le moteur qui anime les actions des grévistes et de leurs familles est certainement la révolte. En effet, Les Bouts de bois de Dieu retrace la révolte des cheminots qui utilisent comme moyen la grève. La révolte permet également aux grévistes de découvrir ceux qui sont prêts à combattre le système brutal d'oppression pour un idéal de justice et ceux qui cherchent à les démoraliser en essayant de les convaincre que les Blancs sont là par la volonté Divine.

  1. La violence
La grève a eu des conséquences pénibles dans toutes les trois villes (Dakar, Bamako, Thiès). Mais elle fut plus cruelle à Bamako. La vieille Niakoro meurt des sévices des forces de l’ordre, et la petite Adjibidji a été gravement blessée. Fa Keita et Konaté sont arrêtés. Il subissent au camp de Bernandini des tortures atroces pages 164 et p 300. La présence de la violence se matérialise aussi par le meurtre de trois apprentis à Thiès par Isnard.

  1. La famine
La famine s’est installée à Thiès et à Dakar. Mais c’est surtout à Thiès qu’elle fut plus sévère. Alors, on a recours à divers moyens pour survivre. Ainsi, devant la souffrance des enfants, Ramatoulaye n’hésitera pas à tuer de ses propres mains le bélier qui venait de manger le peu de  riz qu’elle avait.

  1. La solidarité
 Au sein de la société, il y a un renforcement de la solidarité entre grévistes, et entre hommes et femmes. Cette solidarité sera la seule arme dont disposent les grévistes pour ne pas échouer dans cette lutte. Ainsi, les gens sont prêts à partager le peu d’aliments qu’il leur reste. C’est aussi au nom de cette solidarité entre grévistes que certains critiqueront leurs propres parents défaillant.

  1. La trahison
Diarra, homme aimé et respecté, a néanmoins trahi les grévistes en reprenant le travail. Dénoncé par Hadidia, il est jugé par un tribunal de travailleurs en présence de son fils Sodio, gréviste lui-même. Le roman critique aussi la complicité des chefs religieux et de certains politiciens qui, même s’ils sont des noirs, ils font tout leur possible pour briser la grève.

  1. Discrimination raciale
Les noirs travaillaient dans des conditions pénibles et étaient moins payés que les ouvriers blancs. Ce racisme se retrouve aussi dans le comportement des blancs qui se croient supérieurs aux noirs. Ainsi, ils ont des préjugés défavorables sur les noirs. Ces préjugés se retrouvent dans les propos racistes de Dejean. Refusant de donner des allocations familiales aux noirs, il affirme que : « Dès qu’ils ont de l’argent, c’est pour s’acheter d’autres épouses, et les enfants pullulent comme des fourmis… »

  1. Le féminisme
Avec les marcheuses et la petite Adj’ibibdji, qui symbolisent l'espoir et l'avènement d'une nouvelle ère, Sembène illustre de manière concrète que le processus de l'émancipation féminine avait déjà commencé durant la période coloniale.
La grève a entraîné des changements de comportement chez les femmes : elles surmontent leurs rivalités de femmes et de co-épouses pour un idéal de justice. Soutenues par leurs maris, les femmes de Thiès organisent une marche jusqu’à Dakar, siège de l’administration coloniale. La marche des femmes tout au long des 80 Kms qui séparent Thiès de Dakar est l'un des moments forts du roman. À travers Penda, la prostituée qui dirige le mouvement des femmes ou encore Maïmouna, l'aveugle, l'auteur montre la force que les femmes sont en mesure de déployer lorsqu'elles prennent en mains leur propre destinée. Il campe toute une galerie de femmes qui incarnent chacune ce qu'on pourrait appeler en wolof  «Djiguène djou meune goor ».
Leur force se traduit également par la détermination dont elles font preuve et les moyens non-violents comme les chants patriotiques qu'elles utilisent pour se donner du courage.

V.                L’ESPACE ET LE TEMPS

  1. L’espace
L’espace est multiple dans ce roman. En  effet, les événements se déroulent simultanément dans trois villes :
- Bamako où la grève a pris naissance
- A Thiès où cette grève s’est installée
- A Dakar où la grève va connaître son dénouement.

     2. Le temps

Dans tout le roman, on retrouve des repères temporels précis. La grève débuta à Bamako dans la maison des syndicats. En effet, c’est le 9 octobre 1947 dans l’après-midi que les hommes ont voté la grève sous l’influence du discours de Tiémoko.
Le 4 mars, les femmes de Thiès démarrent de la place du 1er septembre pour Dakar. Elles arrivent à Dakar après six (6) jours de marche environ où elles assisteront au grand meeting le 9 mars à l’hippodrome. Elles vont retourner à Thiès le 10 mars. La grève pris fin, neuf jours après leur retour, c'est-à-dire le 19 mars 1948.

VI.              LE STYLE

  1. La technique cinématographique
La description chez Sembène Ousmane introduit toujours un ou des personnages ou une action. Un décor panoramique est présenté puis se détache peu à peu, comme au cinéma, le personnage. Le début du roman illustre cela "Les derniers rayons du soleil filtraient entre les dentelures des nuages. Au couchant, des vagues de vapeurs se délayaient lentement (…) Au centre de la ceinture de collines, les concessions de torchis (…) les habitants s’étaient réunis dans la cour…"
Il est remarquable le fait que la narration soit dominée par le dialogue des personnages, ce qui permet au narrateur de se cacher derrière ses personnages et se garder de commentaires, cela pour le grand bonheur du réalisme et de l'objectivité du témoignage.

2. La précision du vocabulaire et la couleur locale

Le mot chez Sembène est sacré. Il doit rendre toute sa valeur de la bouche qui le fait sortir. Voilà ce qui justifie le recours à la langue locale, ce qui donne au texte une couleur locale permettant au lecteur de ne pas ainsi se perdre dans ce va-et-vient entre Bamako – Thiès – Dakar. Chaque ville développe ainsi des particularités langagières. Ainsi le bambara de Bamako et le wolof de Thiès et Dakar complèteront-ils l’absence d’un vocabulaire français incapable de traduire l’idée et la portée du message des africains.
Par exemple à Bamako, on a des termes comme Soungoutou (jeune fille), m’ba (grand-mère), Banco (terre argileuse) (22), Bara (danse) (28), Bô (des excréments), thié (homme), macou (silence) en bambara.

A Dakar : sabadord (75), diouma (nain), n’gounou (poulailler) , malo (riz), rakal (aliment bétail), m’bagne gathié (toilettes), mbatous (écuelles) (93), n’dappe (ustensiles), Interjections : kaye, ouaï, dara !
Petite-mère (sœur de la maman) (102), Tâne (vautours), tapates (clotures) (36), Bilakoros (incirconcis) (358), Alcatis, tougueul (France)

A Thiès : Damels (anciens nobles du cayor, actuel Thiès), Cauris (292), cades (299), Deumes sont des génies malfaisants (301), Gops (hilaires) (47), Samaras (chaussures) (37),
On note aussi dans les mots des imitations du Blanc : Mad’miselle Ndèye Touti (88), Missé pour dire Monsieur, piting pour putain (223),

Autres particularités, celles de traduire les expressions locales en français. Mame sofi avait noué son mouchoir de tête amidonné à la « gifle tes beaux-parents » (p. 87), manières de laisser un bout du foulard pendre à côté. Avoir son mot à dire devient « j’ai quelques pincées de sel à jeter dans la marmite… », (p.153). Les comparaisons vont aussi dans le même sens : « tu dors comme un coup de pilon » (p. 88) ; « Depuis hier, on est secoué comme des graines sur un van », dit Ramatoulaye aux autres femmes après leur affrontement avec les alcatis (p. 168)

3. L’humour

L’humour est très présent dans le texte, et il est souvent fait par les personnages. Dès la page 46, le ton est annoncé par le narrateur lui-même qui dit que l’aveugle Maïmouna était « prisonnière de son infirmité, reine de son royaume de ténèbres ». A la page 324, Mame Sofi, l’amazone du groupe des femmes qui se sont attaquées aux milices, déclare : « Poissons le matin, poissons le soir, si ça continue, un arbre à poissons va me pousser dans le ventre ? ». Parlant à Bakayoko de la femme de vie, Penda, Ndèye Touti rapporte que les femmes « disent qu’il n’y avait que le chemin de fer qui ne lui était pas passé dessus » (p. 342). Et elle ajoute, « Je me demande comment ? »
On peut lire à cet effet la scène des pages 40-41 où Samba disait que les cheminots « ont des noms à faire dérailler un train ».

4. Le chant

Le chant est pourtant la seule chose à laquelle s’accrochent les grévistes, et surtout les femmes. Maïmouna l’aveugle, y a recourt plus souvent pour réveiller la bravoure des femmes dans la grève. Elles seront déterminantes à l’image de Goumba Ndiaye de la Chanson (page 46). Et à la fin du livre, c’est le même chant de Goumba qu’on entend, et cette dernière complainte est en fait une sagesse africaine sur la notion de l’honneur : “Pendant des soleils et des soleils, le combat dura. Goumba, sans haine, transperça ses ennemis. Il était tout de sang couvert. Mais heureux celui qui combat sans haine.”

CONCLUSION

La victoire des grévistes dans Les Bout de bois de Dieu montre un changement au niveau de la condition du nègre et de son état d’homme colonisé. En effet, le roman appartient incontestablement au courant général du réveil des africains au lendemain de la 2ème  guerre mondiale. Il présente surtout un véritable mouvement nationaliste panafricain s’entendant surtout, sur plusieurs fronts dont les groupes moteurs sont : les parties politiques, la formation des jeunes et le rôle des femmes.
Les bouts de bois de Dieu développe donc le thème de la révolte et de la dignité humane. A notre avis, à travers la victoire des cheminots sur l’administration coloniale, Sembene Ousmane annonce l’avènement d’une nouvelle Afrique.

Exercice de révision

  Le paresseux   Accablé de paresse et de mélancolie, Je rêve dans un lit où je suis fagoté, Comme un lièvre sans os qui dort dans un...