mercredi 10 avril 2019

Exposé : L’aventure ambiguë de Cheikh Hamidou Kane


Introduction

Le roman africain a eu du temps pour se développer et parler des vrais problèmes de l’Afrique. Mais avec l’école étrangère, et son écriture, l’élite africaine a pris conscience de son devoir d’exposer la vie africaine, ses valeurs, et l’avenir de sa culture que l’on retrouve dans le très connu roman L’aventure ambiguë de Cheikh Hamidou Kane. Voilà ce qui a fait ce roman est étudié en Afrique, en Europe et en Amérique, et il et traduit dans beaucoup de langues occidentales. Le roman trace la vie de Samba Diallo qui symbolise l’homme africain après avoir fait l’expérience de deux cultures africaine traditionnelle et occidentale. L’étude que nous ferons explorera tour à tour la vie et l’œuvre du romancier, le résumé, la structure, les personnages, les thèmes et le cadre spatio-temporel.

I. Biographie et Bibliographie

1. Biographie de l’auteur

Cheikh Hamidou Kane est un écrivain sénégalais né à Matam en 1928.  Il fréquentes l’école coranique jusqu'à 10 ans puis l’école des fils de chefs. Après son Baccalauréat, il fait des études de droit et de philosophie à paris. En 1959 il était diplômé de l’école nationale de la France d’outre-mer et devient en 1961 le chef du cabinet au ministère du gouvernement sénégalais. Il a été ministre dans le gouvernement sénégalais (du plan et de la coopération) et haut fonctionnaire international. Il a notamment représenté l'UNICEF en Afrique, à Lagos et Abidjan, ce qui lui a donné l'occasion de parcourir pratiquement tous les pays de l'Afrique au sud du Sahara à l'exception de l'Afrique du Sud.

2. Bibliographie

Cheikh Hamidou Kane écrit son premier roman L’aventure ambiguë est publié en 1961. Longtemps occupé par des postes politiques, il va publier, en 1995, un second roman, Les gardiens du temple, dans lequel il poursuit sa réflexion sur les déchirements culturels du continent.

II. Le résumé

Samba Diallo est un enfant qui a été confié par son père, Le Chevalier, au chef de la tribu des Diallobé afin qu'il suive l'enseignement d'un maître d'école coranique, Thierno. Ce dernier a très vite repéré chez l'enfant des qualités exceptionnelles. Alors qu'il est arrivé à l'âge de se rendre à l'école européenne, les avis sont partagés: le chef des Diallobé hésite à l'y envoyer, le maître d'école le déconseille vivement et la Grande Royale, sœur du chef, y est au contraire favorable. Suivant les recommandations de la Grande Royale (afin qu'il apprenne à "vaincre sans avoir raison"), Samba Diallo fréquente l'école européenne, s'y montre excellent élève, apprend très vite et se voit proposer de poursuivre ses études à Paris.
À Paris, Samba Diallo vit très mal son isolement et son déchirement entre ses deux cultures. Il rencontre Lucienne, une communiste, et Pierre-Louis, un avocat antillais militant, avec lesquels il échange des impressions sur leurs cultures respectives. À la demande de son père, il regagne l'Afrique. Il rencontre un homme, devenu fou après un séjour en Europe, qui lui propose de prendre la succession du maître Thierno, décédé. Mais Samba Diallo a abandonné la pratique religieuse. Le fou poignarde Samba et met ainsi fin à l'ambiguïté de son aventure.

III. La structure narrative

En gros, le roman se structure en deux grandes parties. Mais, pour mieux saisir le déroulement de l’action du roman, on peut considérer, au-delà des épisodes ou les étapes dans la narration, on est en face du drame d’un personnage, Samba Diallo, drame qui symbolise celui de toute une race.

1. La situation initiale

Le récit commence par un manque, et un manque qui est en train d’être comblé. En effet Samba doit acquérir des connaissances coraniques pour un jour succéder au maître et assurer la pérennité de la religion et de son enseignement. Cette quête c’est le maître lui-même qui le veut d’abord, comme il le dit à la page 22 « Encore un an et il devra, selon la Loi, se mettre en quête de son Seigneur ».
Dans cette situation initiale, le narrateur présente les personnages, le maître, Samba Diallo, le Chevalier, la Grande Royale, le Chef des Diallobé, le directeur de l’école étrangère…

2. Les étapes

a. Le manque
Le pays des Diallobé est en train d’être rongé par le mal de la colonisation, et la Grande Royale de dire « La tornade qui annonce le grand hivernage de notre peuple est arrivée avec les étrangers » p. 57. Et la quête va commencer, car il fallait apprendre chez eux pour apprendre « à lier le bois au bois... pour faire des édifices de bois... » et « l'art de vaincre sans avoir raison ». C’est au fond cet art là qui manquait aux Diallobé. Cette décision va être prise par la Grande Royale dans une société très phallocratique (dominée par la toute puissance de l’homme).

b. Le choix du héros pour la quête
Les qualités que le maître avait vues chez Samba Diallo pour en faire son successeur vont déterminer le choix des Diallobé sur lui. Cela se confirme d’autant plus que les petits blancs de la classe de M. Ndiaye le voient « comme une révélation » et attirait tous les regards. (p. 64) Et le Chevalier, son père, est conscient de l’importance de la mission dont on charge son fils, « La Cité future, grâce à mon fils, ouvrira ses baies sur l’abîme, d’où viendront de grandes bouffées d’ombre sur nos corps desséchés, sur nos fronts altérés » (p. 92).

c. La mission de Samba Diallo
Elle pourrait se résumer en une quête d’une autre civilisation, celle de l’Occident. De son village natal de L., Samba Diallo ira en France pour poursuivre ses études. Son aventure celle du peuple africain et même de tous les peuples colonisés acculturés, hybrides.

d. La rencontre avec les bienfaiteurs
En Occident, il rencontre différents personnages, avec qui il va se lier d’amitié, et qui lui permettront surtout de mesurer les différences entre la civilisation des Diallobé et celle des occidentaux. Parmi ces personnages, on peut citer le Pasteur, l’avocat antillais Pierre-Louis, Lucienne et Adèle. Mais surtout c’est Lucienne qui lui avouera l’importance de sa culture en ces termes : « Samba Diallo (…), le lait que tu as sucé aux mamelles du pays des Diallobé est bien doux et bien noble. Fâche-toi chaque fois qu’on te contestera et corrige le crétin qui doutera de toi parce que tu es noir. Mais, sache-le aussi, plus la mère est tendre et plutôt vient le moment de la repousser… » (p. 156)

e. Le retour de Samba Diallo
Le retour de Samba Diallo au pays de ses aïeux se fera d’abord spirituellement, ce qui lui fait dire, « Je ne sais pas si on retrouve jamais son chemin, quand on l’a perdu » (p. 174) C’est son père, le Chevalier qui lui demandera de venir par le biais d’une lettre. (p. 174)

3. La situation finale

La mission de Samba Diallo était de retrouver l’identité culturelle du nouveau Diallobé. Mais à un moment donné, il en aura marre et s’interrogera ainsi : « Que me font leur problème ? » Voilà pourquoi il n’est pas aller jusqu’au de sa quête, car il avait peur de perdre son identité. A la fin il sera tué par le fou qui lui intime l’ordre de prier. Cette mort sera ainsi une sorte de retour sur soi, de retour à l’état originel, car avant de mourir il dira « Mer, la limpidité de ton flot est attente de mon regard. Je te regarde, et tu reluis, sans limites. Je te veux, pour l’éternité » (p. 191).

IV. Les personnages

1. Les personnages de l’univers Diallobé
Samba Diallo est le héros du roman, il représente le destin de tout le peuple Diallobé, et ce qu’il vit avant, pendant et après la colonisation. Il est très intelligent et réussit à l’école coranique, puis à l’école étrangère et finit ses études de philosophie en France. A son retour il sera tué par un fou.
Le Chevalier est le père de Samba Diallo. Il prendra la décision de faire revenir son fils de la métropole en lui écrivant une lettre.
Le maître Thierno : Il est le premier initiateur de Samba Diallo, chargé de lui apprendre la Parole de Dieu. Son amour pour Samba Diallo se manifeste bizarrement, puisque voulant exploiter les dons du garçon, il se montre sévère pour qu’il respecte la parole divine. Il est de physique mince, et il est un homme savant très simple.
La Grande royale : Elle est de grande taille, souvent voilée. « La Grande Royale était la sœur aînée du chef des Diallobé. On racontait que, plus que son frère, c'est elle que le pays craignait. », donc elle est une reine. Sa sagesse lui permettra d’oser prendre la grande décision d’envoyer les petits Diallobé à l’école étrangère.
Le Fou : Il apparaît à la fin du récit. Il va tuer le héros. Il sait que Samba Diallo n'est pas le maître; et même que le maître Thierno est décédé et que le peuple Diallobé en a choisi un autre, Demba. Pourquoi donc le Fou insiste-t-il autant auprès de son interlocuteur ? Il y a, d'une part, son refus de reconnaître Demba comme nouveau maître.
Demba : Il est le compagnon de Samba Diallo dans le Foyer Ardent, mais surtout son rival. Il succède au maître à sa mort.
On a aussi le Directeur de l’école étrangère.
2. Les personnages de l’univers blanc
Lucienne : C’est une militante communiste et athée (elle ne croit pas en Dieu). Elle vivra une idylle avec Samba Diallo.
Pierre-Louis : C’est un avocat antillais militant aussi du parti communiste. Il milite aussi pour interpénétration des cultures. Il vit avec sa femme Adèle, une princesse. Leurs enfants sont Hubert qui est capitaine et Marc un ingénieur.
Les autres personnages sont Paul Lacroix, est le principal interlocuteur du Chevalier et s’oppose à lui dans la conversation. M. Martial est un pasteur chrétien. Pierre est  un cousin de Lucienne, il est un futur médecin.
V. Les thèmes

1. L’éducation dans L’Aventure ambiguë

Dans le Foyer-Ardent, la mission de Thierno, le maître des Diallobé trouve son sens. Mais certains autres personnages vont avoir une influence sur le destin de Samba Diallo.
Thierno est chargé de la mission d’apprendre au fils de l’homme la parole de Dieu. Cette parole, elle est « perfection », car ayant été effectivement dite par « l’Etre Parfait ». Interdiction est faite au fils de l’homme, cette « misérable moisissure de la terre », d’oblitérer cette parole prononcée véritablement par le « Maître du Monde » (p. 14)
La sévérité, la dureté du vieillard à l’égard de Samba Diallo est à la mesure de l’affection et de l’admiration qu’il éprouve pour celui-ci. Le maître le considéré comme un « véritable don de Dieu » (p. 15)
Dans le Foyer-Ardent, il y a une égalité de tous devant Dieu, et c’est ainsi que « le disciple, tant qu’il cherche Dieu, ne saurait vivre que de mendicité quelle que soit la richesse de ses parents » (p. 24). Cela permettra ainsi aussi de détruire l’orgueil de l’élève. Aussi Samba Diallo sera-t-il vite dépouillé de ses habits neufs de prince, battu furieusement par le maître, puis revêtu des haillons d’un de ses camarades.
La Nuit du coran sera un point important dans la quête de Dieu de Samba Diallo, parce que fera l’hymne à la gloire de Dieu et de son prophète.

2. La mort

L’Aventure Ambiguë est un roman où l’Islam occupe une place primordiale, ce qui fait l’importance de la mort.
C’est Thierno qui répète souvent: «La mort sera le bonheur de la rencontre avec Dieu» (35) en défendant les valeurs de la mort contre Grande Royale qui défend les valeurs de la vie. Voilà pourquoi c’est dans le cimetière du village que Samba Diallo va retrouver refuge pour parler avec la Vieille Rella, morte depuis longtemps; c’est près de sa tombe qu’il va s’interroger sur la mort
Nous assisterons à deux morts, celle du père de la Grande Royale et celle du Maître, et qui, avant de mourir ont fait preuve dans leurs derniers moments d’un calme et d’une sérénité remarquables. Le père prépare lui-même sa mort en taillant son propre linceul et en disant ses adieux à son entourage.
La mort est d’une part spirituel parce que quand Samba Diallo revient parmi les siens, il se sent lui-même méconnaissable, desséché telle une vallée aride : « un balafon crevé, un instrument de musique mort », comme il le dit lui-même.
Quelle signification faut-il donner à la mort du héros ? La mort de Samba Diallo signifie donc un échec dans la tentative de rapprocher les deux univers noir et blanc. Cet échec indique, par-dessus tout, la victoire de Thierno pour qui il ne peut y avoir aucune entente, aucun dialogue véritable avec les ennemis des Diallobé. La mort permet au narrateur de montrer la vision des événements du monde musulman après la mort dans l'au-delà – survie, accueil, interrogation de l'ange de la mort, châtiment ou grâce. Surtout elle ramène les fidèles musulmans vers leur foi. Samba Diallo est sauvé grâce au geste du Fou, mais il est sauvé davantage grâce à son refus de renoncer à tout. « Je suis deux voix simultanées », dit-il. Et le Samba Diallo de Dieu sera sauvé. La mort devient donc symbolique de la renaissance à une vie nouvelle au Paradis.

3. La femme dans le roman

La mère de Samba est très discrète dans le roman mais elle traduit la ten­dresse et la force de l’amour maternel la femme noire. La mère de Samba représente aussi et surtout la femme Diallobé qui voit ainsi son comportement exemplaire récompensé. Samba semble donner raison à ce proverbe peul qui dit : « C’est le lait maternel qui fait le cheval de race ».
La Grande Royale nous fait savoir que dans cette société la femme doit rester au foyer. Pourtant si la décision est importante et que les hommes ne se décident pas, alors il est du devoir des femmes de dire leur mot. Mais n’oublions pas qu’elle est la sœur aînée du chef des Diallobé ! Et c’est elle qui décidera de l’envoi des enfants Diallobé à l’école étrangère pour dit-elle « apprendre l’art de vaincre sans avoir raison ». « Samba Diallo en y arrivant eut la surprise de voir que les femmes étaient en aussi grand nombre que les hommes. C'était bien la première fois qu'il voyait pareille chose » celle prononcée par la Grande Royale elle-même : « J'ai fait une chose qui ne nous plaît pas, et qui n'est pas dans nos coutumes. »
A l’opposé on verra Lucienne et Adèle ces femmes blanches qui jouissent de plus de liberté à cause de l’éducation et de l’instruction largement admises en Occident.

4. La tradition

Différents éléments constituent la tradition de Diallobé. Parmi ces éléments nous pouvons tout d’abord dire qu’à partir de 7 ans chaque enfant doit se mettre à la quête de Dieu. Durant cette quête de Dieu, l’enfant doit vivre uniquement de mendicité quelque soit la richesse de ces parents (illustration à la page 24). Ensuite dans cette même tradition, les femmes ne doivent pas prendre part aux manifestations et aux réunions qui se tiennent dans le pays car pour eux la femme est faite pour rester au foyer (illustration à la page 56).En plus de cela, à la fin de chaque cycle d’étude coranique chaque enfant doit réciter le coran devant son père et sa mère car le coran est le pilier de leur religion et sa parfaite maîtrise est indispensable.

5. La religion

Les Diallobé étaient intégralement musulman, c’est à Dieu qu’ils dédiaient leur vie et leurs actions. Ils consacraient la majeure partie de leur vie à la prière, la méditation et à l’apprentissage du coran, soit à la quête de Dieu. Ils étaient très pieux et respectaient toutes les règles de la religion (illustration à la page 123).En plus de cela ils croyaient à la fin du monde et l’attendaient avec fermeté, pour eux tout avait un sens et la vérité se trouvait après la mort. Leur vie était basée sur la crainte de Dieu et le questionnement sur leurs existences….Après la religion, un des éléments de la culture Diallobé est le mode de vie.
Dans le monde Blanc, à part le pasteur Martial qui est chrétien, les autres personnages sont des athées.

VI. Espace et Temps

  1. Espace
Structurellement, L'Aventure ambiguë est construit, nous l'avons dit, sur deux espaces romanesques.
-          L’univers social des Diallobé
La structure sociale est donc échelonnée : en haut de l'échelle, les familles des dirigeants politiques et religieux, au milieu, les hommes liges de l'aristocratie; viennent ensuite les artisans et en bas de l'échelle, les esclaves, comme cet esclave de la maison, nommé Mbaré.
L'univers romanesque des Diallobé dispose, par ailleurs, dans son organisation sociale, d'une autre institution : l'école coranique.
La division du travail dans cette structure social se fait sentir à l'intérieur même de la classe dirigeante, où le temporel dirigé par le prince Chevalier se sépare du religieux ou spirituel.
-          L’univers du colonisateur
Contrairement à l’univers social des Diallobé où dieu est au centre de la vie, chez le colonisateur, dans ce roman c’est l’homme qui est important, et c’est la science qui régit la vie des hommes. La science est la seule source de vérité, selon Paul Lacroix. « Chaque jour nous conquérons un peu de vérité, grâce à la science. ». Et es « objets de fer, ces étendues mécaniques enroulées » que nous décrivent le Fou et Samba Diallo, et qui règnent en maître et obstruent les rues parisiennes, n'indiquent pas seulement un univers matérialiste, une société vouée à l'accumulation des biens temporels et au confort. Ils symbolisent également l'effort de l'homme dans cet univers de recréer le monde, de rivaliser avec Dieu et si possible de Le dépasser par la science. L’école étrangère fonctionne ainsi comme un moyen de rapprochement des deux univers.
2. Le temps
De l’enfance à l’adulte, le temps du roman suit la formation psychologique du héros. Aussi le récit s’est-il déroulé sur une période assez longue.
Conclusion
Le roman qui commence par une scène à l'école coranique se termine par une autre l’école, des Blancs. Dans l’impossibilité d’assimiler les deux cultures, Samba Diallo ne peut plus revenir en arrière. A la fin il ne peut vivre avec ces deux cultures, et il finit par mourir du couteau d’un fou. Le roman retrace donc à la fois l’itinéraire d’une personne et celui de tout un peuple La peinture à travers l'œuvre de Cheikh Hamidou Kane des méfaits de la politique coloniale – mise à l'index de la culture locale par le colonisateur et assimilation des Diallobé, par l’intermédiaire de l'école étrangère d'alors, aux valeurs culturelles du colonisateur. On a vu que cette aventure ambiguë fonctionne ainsi comme problème d’échec, avec des jetons blancs et noirs qu’un narrateur déplace dans un échiquier. Et comme dans un jeu d’échec, on a les pièces du jeu un Roi, une Reine, un Chevalier, un Fou…

Exposé sur Antigone de Jean Anouilh

Exposé à complétez



Introduction

I.                   Le Contexte historique

En 1942, Jean Anouilh réside à Paris, qui est occupée par les Allemands depuis la débâcle de 1940 et l'Armistice. L'année 1942, marque un tournant décisif dans cette période. Les rapports de force se sont modifiés, car les États-Unis viennent de déclarer la guerre à l'Allemagne. C’est dans ce contexte qu’on peut expliquer la naissance de cette œuvre. C'est à un acte de résistance qu'Anouilh doit l'idée de travailler sur le personnage d'Antigone. En août 1942, un jeune résistant, Paul Collette, tire sur un groupe de dirigeants collaborationnistes au cours d'un meeting de la Légion des volontaires français (L.V.F.) à Versailles, il blesse Pierre Laval et Marcel Déat. Le jeune homme n'appartient à aucun réseau de résistance, à aucun mouvement politique ; son geste est isolé, son efficacité douteuse. La gratuité de son action, son caractère à la fois héroïque et vain frappent Anouilh, pour qui un tel geste possède en lui l'essence même du tragique. Nourri de culture classique, il songe alors à une pièce de Sophocle, qui pour un esprit moderne évoque la résistance d'un individu face à l'État. Il la traduit, la retravaille et en donne une version toute personnelle.
La nouvelle Antigone est donc issue d'une union anachronique, celle d'un texte vieux de 2400 ans et d'un événement contemporain.

II.                Biographie et bibliographie

  1. La vie de l’auteur
Jean Anouilh vit à Paris et rentre au collège Chaptal. C'est très tôt qu'il se prend de passion pour le théâtre. En 1928, il assiste émerveillé, au printemps, à la représentation de Siegfried de Jean Giraudoux, l'adolescent de dix-huit ans fut ébloui, subjugué...
En 1929 il devient le secrétaire de Louis Jouvet. Les relations entre les deux hommes sont tendues. Qu'importe, son choix est fait, il vivra pour et par le théâtre.
Sa première pièce, l'Hermine (1932), lui offre un succès d'estime, et il faut attendre 1937 pour qu'il connaisse son premier grand succès avec le Voyageur sans bagages. L'année suivante le succès de sa pièce la Sauvage confirme sa notoriété et met fin à ses difficultés matérielles.
Puis éclate la seconde guerre mondiale. Pendant l'occupation, Jean Anouilh continue d'écrire. Il ne prend position ni pour la collaboration, ni pour la résistance. Ce non-engagement lui sera reproché.
En 1944 est créé Antigone. Cette pièce connaît un immense succès public mais engendre une polémique. Certains reprochent à Anouilh de défendre l'ordre établi en faisant la part belle à Créon. En 1945, il s'engage pour essayer de sauver l'écrivain collaborateur Robert Brasillach de la peine de mort; en vain. Cette exécution le marque profondément.
Il écrira encore plusieurs pièces dans les années soixante-dix, dont certaines lui vaudront le qualificatif "d'auteur de théâtre de distraction". Il n'en reste pas moins qu'il a bâti une oeuvre qui révèle un pessimisme profond.
Anouilh est mort en 1987.

  1. La bibliographie

La production littéraire de Jean Anouilh peut être divisée en deux grandes parties : Les pièces roses, les pièces noires, les pièces brillantes, les pièces grinçantes, les pièces costumées, les pièces baroques, les pièces secrètes et les pièces farceuses. Par exemples dans les pièces roses il y a des comédies savoureuses, où l'auteur se laisse aller à sa fantaisie. Dans l'univers « rose » d'Anouilh, il y a deux catégories de personnages : « les marionnettes », qui sont pour la plupart des vieux ridicules et inconsistants et « les amoureux », des jeunes gens sincères qui croient à leur amour. On a Humulus le muet (1929), Le Bal des voleurs (1932), Le Rendez-vous de Senlis (1937) et Léocadia (1939).
Les pièces noires sont L'Hermine (1931), La Sauvage (1934), Le Voyageur sans bagage (1937) et Eurydice (1942), Jézabel (1932), Antigone (1944), Roméo et Jeannette (1946), Médée (1946).
Pièces brillantes (1951)
Pièces grinçantes (1956)
Pièces costumées (1960)
Le meurtre de Thomas Becket (détail du vitrail de la cathédrale de Cantorbéry).
Pièces baroques (1974)
Pièces secrètes (1977)
Pièces farceuses (1984)

III.             Résumé

Le Prologue, personnage héritier du chef de choeur, présente les protagonistes, leurs caractères et leurs rôles : Antigone, sa soeur Ismène, son fiancé Hémon, le roi Créon qui est aussi le père d'Hémon, Eurydice la femme de Créon, la nourrice d'Antigone, le messager et enfin les trois gardes.
Antigone rentre chez elle, à l'aube, après une promenade nocturne, elle est surprise par sa nourrice qui lui adresse quelques reproches. La nourrice sort et Ismène dissuade Antigone d'ensevelir le corps de son frère Polynice et ainsi d'enfreindre l'ordre de Créon. Sans succès, Antigone n'entend pas devenir raisonnable.
Antigone se retrouve à nouveau seule avec sa nourrice, elle pense à la mort, la nourrice la réconforte. Ensuite arrive Hémon à qui elle prie de lui pardonner pour la dispute de la veille. Hémon la réconforte en lui déclarant son amour. Antigone lui annonce ensuite qu'elle ne pourra pas l'épouser en lui disant qu'il saura pourquoi "demain".
Ismène essaie encore une fois de convaincre Antigone de renoncer à son projet, mais elle apprend qu'il a déjà débuté. Un des garde du roi arrive alors pour annoncer à Créon que quelqu'un à recouvert de terre le corps de Polynice. Créon ne veut pas que la nouvelle se répande.
Le choeur intervient pour donner sa vision de la tragédie et annonce le "petit coup de pouce pour que cela démarre". Antigone se fait arrêter par un garde pendant qu'elle recouvre pour la seconde fois le cadavre, elle est emmenée chez Créon qui est prêt à la sauver et oublier l'affaire. Antigone refuse et se révolte, elle veut sa mort.
Ismène arrive, elle veut mourir avec sa soeur, elle est prête aussi à aller recouvrir le corps de Polynice mais Antigone refuse. Créon appelle la garde qui emmène Antigone. Hémon supplie son père de l'épargner mais il refuse car c'est elle qui voulait mourir. Hémon s'enfuit.
Antigone reste seule avec un garde, elle lui dicte une lettre qu'elle veut adresser à Hémon. Le messager annonce la mort d'Antigone ainsi que celle d'Hémon. Le Choeur apprends ensuite à Créon que sa femme Eurydice s'est donnée la mort en apprenant la mort de son fils. Il ne reste plus que Créon et ses gardes.

IV.             Structure de la pièce


V.                Les personnages

  1. Les personnages principaux

Antigone : Personnage central de la pièce dont elle porte le nom, Antigone est opposée dès les premières minutes à sa sœur Ismène, dont elle représente le négatif. "la petite maigre", "la maigre jeune fille moiraude et renfermée" (p. 9), elle est l'antithèse de la jeune héroïne, l'ingénue, dont "la blonde, la belle, l'heureuse Ismène" est au contraire l'archétype. Elle a un physique de garçon et elle aime le gris : "C'était beau. Tout était gris", "monde sans couleurs", "La Nourrice (...) Combien de fois je me suis dit : "Mon Dieu, cette petite, elle n'est pas assez coquette ! Toujours avec la même robe et mal peignée", Antigone le dit elle même : "je suis noire et maigre". Opiniâtre, secrète, elle n'a aucun des charmes dont sa sœur dispose à foison : elle est "hypocrite", a un "sale caractère", c'est "la sale bête, l'entêtée, la mauvaise". Malgré cela, c'est elle qui séduit Hémon : elle n'est pas dénuée de sensualité, comme le prouve sa scène face à son fiancé, ni de sensibilité, dont elle fait preuve dans son dialogue avec la Nourrice. Face à Ismène, Antigone se distingue au physique comme au moral, et peut exercer une véritable fascination : Ismène lui dit : "Pas belle comme nous, mais autrement. Tu sais bien que c'est sur toi que se retournent les petits voyous dans la rue ; que c'est toi que les petites filles regardent passer, soudain muettes sans pouvoir te quitter des yeux jusqu'à ce que tu aies tourné le coin."
Son caractère reçoit cette même marque d'étrangeté qui a séduit Hémon et qui manque à Ismène, ce que Créon appelle son orgueil. Quelque chose en elle la pousse à aller toujours plus loin que les autres, à ne pas se contenter de ce qu'elle a sous la main : "Qu'est-ce que vous voulez que cela me fasse, à moi, votre politique, votre nécessité, vos pauvres histoires ? Moi, je peux encore dire "non" encore à tout ce que je n'aime pas et je suis seule juge."

Créon : "son oncle, qui est le roi", "il a des rides, il est fatigué", "Avant, du temps d'Œdipe, quand il n'était que le premier personnage de la cour, il aimait la musique, les belles reliures, les longues flâneries chez les petits antiquaires de Thèbes".
C'est un souverain de raccroc, tout le contraire d'un ambitieux. Besogneux et consciencieux, il se soumet à sa tâche comme à un travail journalier, et n'est pas si différent des gardes qu'il commande. "Thèbes a droit maintenant à un prince sans histoire. Moi, je m'appelle seulement Créon, Dieu merci. J'ai mes deux pieds sur terre, mes deux mains enfoncées dans mes poches, et, puisque je suis roi, j'ai résolu, avec moins d'ambition que ton père, de m'employer tout simplement à rendre l'ordre de ce monde un peu moins absurde, si c'est possible." (pages 68 et 69)
Au nom du bon sens et de la simplicité, Créon se voit comme un tâcheron, un "ouvrier" du pouvoir (page 11). Il revendique le manque d'originalité et d'audace de sa vision, et plaide avec confiance pour la régularité et la banalité de l'existence. Sa tâche n'est pas facile, mais il en porte le fardeau avec résignation.
Personnage vieilli, usé, il se distingue par sa volonté d'accommodement ; mais il avoue aussi avoir entretenu d'autres idéaux : "J'écoutais du fond du temps un petit Créon maigre et pâle comme toi et qui ne pensait qu'à tout donner lui aussi..." (page 91). Créon se considère lui-même comme une Antigone qui n'aurait pas rencontré son destin, une Antigone qui aurait survécu.

Hémon : Le "jeune homme", "fiancé d'Antigone", est le fils de Créon, c'est un personnage secondaire qui n'apparaît qu'en deux occasions, soumis à Antigone et révolté contre Créon ; ses propos sont courts et simples ("Oui, Antigone."), ou témoignent d'une naïveté encore enfantine. La peur de grandir se résume chez lui à l'angoisse de se retrouver seul, de regarder les choses en face : "Père, ce n'est pas vrai ! Ce n'est pas toi, ce n'est pas aujourd'hui ! Nous ne sommes pas tous les deux au pied de ce mur où il faut seulement dire oui. Tu es encore puissant, toi, comme lorsque j'étais petit. Ah ! Je t'en supplie, père, que je t'admire, que je t'admire encore ! Je suis trop seul et le monde est trop nu si je ne peux plus t'admirer." (p. 104)
Fiancé amoureux, enfant révolté, il est par son caractère davantage proche d'Ismène, à qui le Prologue l'associe, que d'Antigone.

Ismène : Elle "bavarde et rit", "la blonde, la belle" Ismène, elle possède le "goût de la danse et des jeux [...] du bonheur et de la réussite, sa sensualité aussi", elle est "bien plus belle qu'Antigone", est "éblouissante", avec "ses bouclettes et ses rubans", "Ismène est rose et dorée comme un fruit".
"Sa sœur" possède une qualité indomptable qui lui manque : elle n'a pas cette force surhumaine. Même son pathétique sursaut à la fin de la pièce n'est pas à la hauteur de la tension qu'exerce Antigone sur elle-même : "Antigone, pardon ! Antigone, tu vois, je viens, j'ai du courage. J'irai maintenant avec toi. [...] Si vous la faites mourir, il faudra me faire mourir avec elle ! [...] Je ne peux pas vivre si tu meurs, je ne veux pas rester sans toi !" (pages 97-98).
C'est sa faiblesse même, et non sa volonté, qui la pousse à s'offrir à la mort. Antigone le voit bien, et la rudoie avec mépris : "Ah ! non. Pas maintenant. Pas toi ! C'est moi, c'est moi seule. Tu ne te figures pas que tu vas venir mourir avec moi maintenant. Ce serait trop facile ! [...] Tu as choisi la vie et moi la mort. Laisse-moi maintenant avec tes jérémiades."

Eurydice : C'est "la vieille dame qui tricote", la "femme de Créon", "elle est bonne, digne, aimante", mais "Elle ne lui est d'aucun secours"

  1. Les comparses

La nourrice : Personnage traditionnel du théâtre grec, mais inexistant dans la pièce de Sophocle, elle a été créée par Anouilh pour donner une assise familière à la pièce, et davantage montrer l'étrangeté du monde tragique. Avec elle, ni drame ni tragédie, juste une scène de la vie courante, où la vieille femme, affectueuse et grondante, est une "nounou" rassurante, qui ne comprend rien à sa protégée : "Tu te moques de moi, alors ? Tu vois, je suis trop vieille. Tu étais ma préférée, malgré ton sale caractère." (p. 20). Elle "a élevé les deux petites".
Les gardes : Ce sont " trois hommes rougeauds qui jouent aux cartes", "ce ne sont pas de mauvais bougres", "ils sentent l'ail, le cuir et le vin rouge et ils sont dépourvus de toute imagination". Ces gardes représentent une version brutale et vulgaire de Créon. Leur langage sans raffinement, leur petitesse de vue en font des personnages peu sympathiques, dont les rares bons mouvements ne suffisent pas à cacher la peur de la hiérarchie ("Pas d'histoires !" revient souvent dans leur bouche). Sans être totalement réduits à l'état de machines, ils sont essentiellement un instrument du pouvoir de Créon, et rien de plus : "Le Garde : S'il fallait écouter les gens, s'il fallait essayer de comprendre, on serait propres." (p. 55)
Leur soumission à Créon n'est pas établie sur la base d'une fidélité personnelle. Ils sont des auxiliaires de la justice, respectueux du pouvoir en place, et ce quel que soit celui qui occupe le pouvoir. Le Prologue indique bien que rien ne leur interdirait de se retourner contre Créon, si celui-ci était déchu : "Pour le moment, jusqu'à ce qu'un nouveau chef de Thèbes dûment mandaté leur ordonne de l'arrêter à son tour, ce sont les auxiliaires de la justice de Créon." (p. 12)
Sans états d'âme, ils passent au travers de la tragédie sans rien comprendre, et le rideau tombe sur eux, comme il tombe dans Médée sur un garde et la Nourrice, après le suicide de Médée et le meurtre de ses enfants

Le Page : Accompagnant Créon dans plusieurs scènes, il représente l'innocence émouvante, l'enfant qui voit tout et ne comprend rien, qui n'est pour l'instant d'aucune aide, mais qui, à son tout, un jour, pourrait bien devenir Créon ou Antigone.

Polynice : "Polynice, le vaurien, le voyou", "mauvais frère", "il a toujours été un étranger" pour sa sœur Ismène, "un petit fêtard imbécile", "un petit carnassier dur et sans âme", "une petite brute tout juste bonne à aller plus vite que les autres avec ses voitures, à dépenser plus d'argent dans les bars.", il a été laissé à pourrir dehors.
- mais, en vérité, ce sont tous les deux des crapules : Etéocle "ne valait pas plus cher que Polynice", "deux larrons en foire", "deux petits voyous"

Etéocle : - "Etéocle l'aîné" : " le bon frère", "le fils fidèle d'Œdipe", "le prince loyal", il a eu d'imposantes funérailles

Le Messager : C'est un "garçon pâle [...] solitaire". Autre personnage typique du théâtre grec, il apparaît dans la pièce de Sophocle. Il se borne à être la voix du malheur, celui qui annonce avec un luxe de détails la mort d'Hémon. Dans le récit du Prologue, il projette une ombre menaçante : "C'est lui qui viendra annoncer la mort d'Hémon tout à l'heure. C'est pour cela qu'il n'a pas envie de bavarder ni de se mêler aux autres. Il sait déjà..."

VI.             Les thèmes

  1. La solitude

La solitude d’Antigone : Dès le début, le Prologue nous annonce qu'Antigone va "se dresser seule en face du monde, seule en face de Créon" (p. 9). Antigone espérait l'aide de sa soeur pour ensevelir son frère mais Ismène a renoncé : "Nous ne pouvons pas. [...] Il nous ferait mourir." (p. 23), Ismène la traite de folle : "J'ai bien pensé toute la nuit. Tu es folle." (p. 23).
Sa nourrice ne la comprend pas non plus : "Elle est fiancée et à quatre heures du matin elle quitte son lit pour aller courir avec un autre." (p. 18), elle s'efforce de prendre soin de sa santé : "je suis là comme une idiote au lieu de lui donner quelque chose de chaud." (p. 21).
Créon non plus ne peut expliquer son comportement : "Pourquoi fais-tu ce geste, alors ? Pour les autres, pour ceux qui y croient ? Pour les dresser contre moi ? [...] Ni pour les autres, ni pour ton frère ? Pour qui alors ?"
Antigone elle même veut agir seule sans comprendre les autres : "Je ne veux pas comprendre. C'est bon pour vous. Moi je suis là pour autre chose que pour comprendre. Je suis là pour vous dire non et mourir.". Avant son exécution, elle dit : "Je suis toute seule.".

La solitude de Créon : Encore une fois, c'est le Prologue qui nous le présente : "Créon est seul. Seul avec son petit page qui est trop petit et qui ne peut rien non plus pour lui.". Sa femme Eurydice ne lui parlera pas, "elle tricotera pendant toute la tragédie jusqu'à ce que son tour vienne de se lever et de mourir." (p. 11).
Pour accomplir son devoir, il ne compte que sur lui : "Mais OEdipe et ses fils sont morts. Il a laissé ses livres, ses objets, il a retroussé ses manches et il a pris leur place.", "Et puis, au matin, des problèmes précis se posent, qu'il faut résoudre, et il se lève, tranquille, comme un ouvrier au seuil de sa journée." (p. 11).
Lorsqu'Antigone est en train de mourir, Hémon le supplie et il répond : "On est tout seul, Hémon. Le monde est nu." (p. 105). A la fin de la tragédie, le Choeur lui dit qu'il est seul, sa réponse est : "Tout seul, oui." et il continue sa "sale besogne" (p. 121)...

  1. le bonheur

Dès le début Ismène parle du bonheur à Antigone : "Ton bonheur est là devant toi et tu n'as qu'à le prendre. Tu es fiancée, tu es jeune, tu es belle..." (p. 29), puis c'est au tour d'Hémon : "C'est plein de disputes un bonheur." (p. 38). Lorsque Créon lui parle du bonheur : "Tu va me mépriser encore, mais de découvrir cela, tu verras, c'est la consolation dérisoire de vieillir, la vie, ce n'est pas peut-être tout de même que le bonheur.", Antigone réagit, perdu : "Quel sera-t-il, mon bonheur ? Quelle femme heureuse deviendra-t-elle, la petite Antigone ? Quelles pauvretés faudra-t-il qu'elle fasse elle aussi, jour par jour, pour arracher avec ses dents son petit lambeau de bonheur ?" (p.92).
Elle veut rester jeune : "Vous me dégoûtez tous avec votre bonheur ! [...] Moi, je veux tout, tout de suite, - et que ce soit entier - ou alors je refuse ! [...] Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite". (p. 95), elle refuse la médiocrité : "Hémon ne doit plus pâlir quand je pâlis, s'il ne doit plus me croire morte quand je suis en retard de cinq minutes, [...], alors je n'aime plus Hémon!" (p. 93).

  1. la liberté


VII.          Ecriture

La majorité des verbes sont au présent de l'indicatif, au passé composé, au passé composé au passif , au futur et à l’imparfait: "écoute", "c'est", "tu crois", "je ne peux", "je ne sais", "je crois"...  Ainsi le texte est actualisé afin que le lecteur ne soit pas désabusé face à une histoire tirée de la mythologie, mais surtout très éloignée du monde contemporain : : "ça ma nui", "je n'ai jamais été blessé", "je vais", "vont-ils", "étaient", "avaient", ils allaient".

Conclusion

Exercice de révision

  Le paresseux   Accablé de paresse et de mélancolie, Je rêve dans un lit où je suis fagoté, Comme un lièvre sans os qui dort dans un...