vendredi 11 avril 2008

Etude de Batouala de René Maran

Introduction

Rien que la note de Senghor peut décider un lecteur à lire et aimer le livre de René Maran. Le poète écrit à propos de ce romancier que « son style témoigne d’une rare connaissance de la langue française et de ses ressources. Et pourtant il exprime les qualités les plus authentiques de sa race : force simple des images, sens du rythme et des qualités sensibles, voire charnelles des mots assemblés ». L’étude de ce roman devient dès lors intéressante, puisque c’est une réussite, l’une des premières réussites littéraires noires qui fut couronnée par le prix prestigieux Goncourt en 1921. Le roman expose avec réalisme la vie des Noirs et pose le problème de la présence des Blancs dans un univers qu’ils empestent de leur hypocrisie et de leur mensonge afin de le torpiller à volonté à tous les niveaux, et surtout aux plans économiques, culturelles et même environnementaux. A travers l’étude qui va suivre, on s’intéressera surtout à la vie et aux œuvres de l’auteur avant d’aborder le texte en tant que tel.

I. Biographie de l’auteur

II. Bibliographie

III. Résumé de l’œuvre

Il s’agit de l’histoire, dans la brousse africaine, d’un moukoundji (chef de village) nommé Batouala. Il prépare la fête des Gan’zas qui doit bientôt arriver et qui marque une étape dans la vie de chacun puisque les jeunes femmes sont excisées et les jeunes hommes circoncis. Malheureusement, il ne s’aperçoit pas que sa femme favorite (il en a neuf !) Yassigui’ndja ne l’aime plus et commence à le tromper avec le jeune Bissibi’ngui. Batouala l’apprend finalement le jour de la fête des Gan’zas et cherche à se venger. La période des chasses arrive et Batouala invite son rival à chasser avec lui. Batouala dans le moment de terreur tente de viser Bissibi’ngui avec une sagaie, mais celui-ci y échappe de justesse. Mourou (la panthère) tue d’un coup de griffe Batouala, croyant avoir été visée. Il est ensuite ramené au village. On essaie de le soigner mais on n’y arrive pas. Il agonise pendant trois jours et finit tragiquement sa vie puisqu’il voit devant ses yeux Yassigui’ndja et Bissibi’ngui qui ne se cachent plus.

IV. Composition

V. Résumé des chapitres de Batouala

Chapitre 1 : Le roman commence par le réveil du grand chef de village de Grimari, le moukoundji Batouala. Le narrateur fait une présentation du personnage en insistant sur sa « force légendaire », ses exploits amoureux, guerriers ou de chasseur.

Chapitre 2 : l’arrivée du jour : c’est l’annonce par message tambouriné (pp. 41-42) de la fête des Ga’nzas dans les 9 jours à venir aux villages environnants. Fête qui sera marquée par la circoncision des jeunes hommes et excisions des jeunes filles.

Chapitre 3 : le lendemain de l’annonce, l’une des neuf femmes de Batouala, et sa préférée, Yassigui’ndja se rend au rendez-vous de Bissibi’ngui. Mais elle surprend le jeune homme avec une autre femme qui se trouve être sa coépouse I’ndouvoura. Dans sa colère, elle s’en retourne chez elle, mais elle est attaquée par Mourou la panthère. Elle est sauvée de justesse par Batouala et Bissibi’ngui.

Chapitre 4 : Trois jours avant la fête des Ga’nzas, Batouala est invité par son frère Macoudé à manger. Dévorées par la jalousie, les deux femmes de Batouala, Yassigui’ndja et I’ndouvoura se querellent.

Chapitre 5 : C’est le jour de la fête des Ga’nzas à Grimari, et tous les signes d’une belle fête sont visibles : les li’nghas (tam-tam), les chants des femmes, les rires. Les villageois tiennent assemblée, ils discutent sur la cruauté, la méchanceté et la duplicité des Blancs. Bien informés des problèmes occidentaux, ils abordent la guerre qui oppose les français aux allemands.

Chapitre 6 : La fête bat son plein avec l’arrivée des Ga’nzas, les li’nghas, balafons, kou’ndés… Une communion entre jeunes et vieux, hommes et femmes se fait dans la danse. Tout juste après les épreuves de circoncision et d’excision, et pendant que les li’nghas et kou’ndés tonnaient, le commandant arriva à l’improviste mettant ainsi fin à la cérémonie. En ce moment, le père de Batouala est retrouvé mort.

Chapitre 7 : Les funérailles du père de Batouala se déroulent comme prévu par la tradition. Le cadavre devait être exposé durant huit jours, parfois même plus. Batouala pendant ce temps ruminait une vengeance contre son ami Bissibi’ngui. L’enterrement de défunt est fait ainsi que le veut la coutume.

Chapitre 8 : Yassigui’ndja se rend au rendez-vous de Bissibi’ngui. Elle lui fait savoir qu’elle a ses menstrues, et demande la protection de celui-ci, car on l’accuse d’avoir causé la mort de son beau-père. Elle lui exprime son amour et lui propose de fuir vers la capitale Bangui.

Chapitre 9 : La nuit arrive et Bissibi’ngui va à la chasse sur l’invitation de Batouala. Mais comprenant les indications de Macoudé, il flaire le danger. « Comment tuerait-il Batouala ? » Telle est la question qui le hante.

Chapitre 10 : Après une longue marche dans la nuit, Bissibi’ngui arrive enfin au campement de Batouala où il trouve la mère de ce dernier et le petit chien Djouma. Batouala lui raconte le mythe de création du feu, celui d’Ipeu, la lune et de Lolo, le soleil. Cependant C’est pour faire allusion à sa vengeance.

Chapitre 11 : c’est une belle matinée de battue pour la chasse. Batouala raconte des légendes sur la vie des lions et des panthères. Puis il fait le récit d’un Blanc, Coquelin, qui, ayant tué un M’balas, meurt à la suite des blessures qui lui cause l’animal.

Chapitre 12 : Il y eut un feu de brousse qui ameute les animaux. C’est dans cette confusion de chasse que Bissibi’ngui en évitant la panthère qui bondissait sur lui put par la même occasion éviter in extremis la sagaie que lui destinait Batouala. La panthère que la sagaie manqua de transpercer se rua sur le lanceur Batouala et lui ouvrit le ventre.

Chapitre 13 : c’est l’agonie de Batouala devant les yeux moqueurs de sa femme et de son rival. Malgré la science des sorciers noirs, Batouala ne put être sauvé.

VI. Les personnages

VII. Les thèmes

VII. Style et techniques

Conclusion

Ce roman est complet. Il ne pouvait en être autrement, car il est écrit par un administrateur colonial qui n’a pas peur de représailles de la part de son employeur blanc. Il est ainsi complet parce qu’il renferme au-delà de l’intrigue autour de la vie banale d’un chef de village en période coloniale, l’histoire de tout un peuple face à différentes situations causées par le colonisateur. La réussite de Maran réside dans la façon de rendre vivant son récit avec l’animation de la faune et de la flore qui participent dans le rythme de la vie des africains. Cette symbiose réussie actualise le roman dans le débat actuel de l’homme face à son environnement. L’indispensable vie naturelle des noirs s’offre ici comme un exemple d’harmonie que la civilisation occidentale n’a pas fini de détruire, et avec une grande partie des coutumes africaines.

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