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vendredi 18 avril 2008

Etude des personnages dans Le père Goriot d’Honoré de Balzac.

Introduction

Cette histoire est datée en automne 1819 à Paris. Les personnages de ce roman sont très cosmopolites. Ils viennent de partout et de presque toutes les couches sociales, en plus que toutes les ambitions s’y expriment. Dans la pension de cette douteuse tenancière qu’est Madame Vauquer, se côtoient des pensionnaires et des habitués du quartier qui ne viennent y prendre que le dîner. L’étude des personnages dans Le Père Goriot doit permettre donc de comprendre non seulement l’œuvre mais aussi les mentalités de la vie des parisiens dans la première moitié du 19ème siècle. Voici un tour d’horizon des personnages dans ce roman qui explore le problème de la réussite, par l’amour et par n’importe quel autre moyen, quel qu’en soit le prix qu’il en coûte.

I. La vie et l’œuvre de Balzac

1. La vie de l’auteur
2. Son œuvre


II. Les personnages du roman

1. Les personnages de la pension

a. Les pensionnaires internes

Le père Goriot : Nom inspiré d’un Goriot ayant réellement existé. Quand Balzac écrivait le roman vers 1828, là où il habitait il était voisin d’un mystérieux Goriot. Il existait un autre Goriot marchant de farine à Pontoise en France. Il représente la paternité. C’est un rentier de soixante neuf ans et aussi le plus ancien des pensionnaires depuis 1813. Sa fortune et ses revenus lui permettaient d'habiter au premier étage l'appartement le plus riche de la pension.
Eugène de Rastignac : Ce personnage fait sa première apparition dans La Peau de Chagrin où il fait la cour à une riche et jolie petite veuve. Dans Le Père Goriot, il est un jeune "ambitieux" qui sera initié par Mme de Beauséant, la duchesse de Langeais et Vautrin. Il a « un visage méridional, le teint blanc, des cheveux noirs, des yeux bleus… ». Son visage est séduisant et ses manières aristocratiques le rendent élégant. Voir le portrait (p.76). C’est un jeune provençal à Paris pour aire ses études de droit, et partant faire fortune. En vrai arriviste, il fréquente les salons parisiens, ses jeux et ses plaisirs. Il ne parvient pas à faire son choix entre Delphine qu’il aime et Victorine Taillefer qui est prête à se laisser conquérir. Il résistera à la proposition satanique de Vautrin, car il considère le travail comme le meilleur moyen de réussite. Il a du cœur contrairement aux filles du père Goriot, sur qui il va veiller jusqu’à sa mort.
Mme Vauquer : Elle est âgée d’environ 50 ans. Elle est en harmonie avec la pension dont elle est la tenancière. Elle a un passé douteux. Pourquoi s’y connaît-elle en vigueur sexuelle et en stratégie amoureuse ? A-t-elle été une prostituée ? Que s'est-il passé avec son défunt mari? Elle semble vieille et elle est grassouillette.
Vautrin : Ce personnage aurait existé avec le nom de Carlos Herrara Vautrin. Donc Balzac s’est inspiré d’un homme vrai pour le créer. Vautrin, son nom c’est Jean Collin. Dans le roman, il est aussi surnommé « Trompe-la-mort ». Il a une quarantaine d’années. Il se fait passer pour un ancien commerçant et fouille dans le passé des gens alors qu’il semble avoir « au fond de sa vie un mystère soigneusement enfoui ». C’est un révolté qui fait confiance à sa force. Balzac le qualifie de Sphinx, une créature monstrueuse homme et bête à la fois comparé souvent à un fauve avec sa poitrine poilue comme le dos d’un ours, des griffes d’acier, des yeux comme ceux d’un chat sauvage.
Lui-même il traite les gens de bétail et pense qu’il faut se manger comme araignées.
Victorine Taillefer : Sa mère est morte depuis quatre ans, et son père l’a déshéritée. Caractérisée par la patience et la résignation. Elle fait partie des personnages à désirs spontanés, et elle la force des passions et désirs intrinsèques. Elle a un amour filial pour son père mais honni par lui, elle tente d’être aimée par Rastignac. Son désir est sublime, mais elle est impuissante à le réaliser. Elle souffre de ses beaux sentiments de loyauté et de noblesse de cœur, amis cela lui évite la déshumanisation.
Sa richesse éventuelle est le fruit des crimes de Taillefer, et du meurtre de son frère. Victorine est victime subjectivement, son innocence la rend objectivement coupable. Elle est la fille adoptive de Madame Couture.
Monsieur Poiret : Il est le type de l’Employer, de la bureaucratie judiciaire. Il était un être passionné et un peu stupide, aussi est-il comparé souvent à un « âne » ou un fruit, le poireau (un asperge du pauvre).
Pour les références des pages voir l’édition Hachette.
Mlle Michonneau : Cette fille dont le « regard blanc donne froid » et qui semble être quelque agent secret en faction, assistée de M. Poiret qui le complète.
Sylvie : Appelée familièrement la « grosse sylvie », elle est une domestique un peu aliénée sociale.
Christophe : Tout comme Sylvie, il est un domestique dans la pension. Son grand cœur fit qu’il eut pitié du père Goriot et lui prêtait même quelques sous.

b. Les pensionnaires externes
Bianchon : c’est le médecin de la Comédie humaine. Un personnage récurrent. Ici il est étudiant en médecine et est l’ami de Rastignac
Madame Couture : C’est également une des victimes de la société, mais elle représente la religion. On nous dit qu’elle avait une « blancheur maladive », de tristesse. Des cheveux blonds fauve, une taille mince et des yeux gris. (Voir p.76)

2. Les personnages de la vie parisienne

a. Mme Beauséant
N’ayant pas pu agir avec sauvagerie d’un animal dans ce monde parisien, elle a été vaincue par d’autres, moins scrupuleuse qu’elle. D’ailleurs elle est une parente éloignée, une cousine de Rastignac, qui prend celui-ci sous sa protection et décide de se charger de son éducation mondaine. Elle comble le vide avec le marquis d’Ajuda Pinto
b. Mme Anastasie Restaud
(Voir p.46) Elle est l’autre fille du père Goriot, l'aînée. Elle était mariée au Comte de Restaud. Elle a deux enfants adultérins Son amour absolu pour son amant, Maximes de Trailles la conduira à sa perte ; car à cause de lui, elle se compromet dans des dettes qu’elle ne peut honorer et cause ainsi la ruine de son père.

c. Mme Delphine de Nucingen
L’une des deux filles de Goriot, la cadette. C’est une pauvre créature accablée par les infortunes conjugales. Mariée au banquier Nucingen, elle sera une femme déçue, frustrée, car pour elle la vie c’était autre chose que la monotonie de chez papa, mais le plaisir de la toilette et de l’achat.

d. Les autres personnages: Le baron de Nucingen : « Cet homme est un porc », un monstre, un avare et il fait des spéculations. Il a une vie faite de profit, ce qui exclu la femme. (Voir p.302)
Gobseck : Il est le type accompli de l’usurier. Il est un juif.
Madame de Langeais : C’est l’amie de Madame Beauséant.
De Marsay appartient aux gentilshommes parisiens, il était l’amant de Mme Beauséant que Rastignac va lui débarrasser. La duchesse de Carigliano est une femme mondaine, elle organisera le bal où Rastignac va connaître le monde parisien. On a aussi le personnage de Gondureau, un responsable de la police, et c’est lui qui démasque Vautrin qui est en réalité un forçat qui s'est évadé de la prison de Toulon, où il avait le surnom de trompe-la-mort.

3. Les personnages de la campagne

a. Les sœurs de Rastignac
Laure et agathe : Les sœurs d’Eugène de Rastignac, respectivement âgées de dix-huit et dix-sept ans. Elles son issues de la petite noblesse pauvre et elles doivent, selon l’expression de Vautrin « faire comme elles peuvent ».

b. La mère de Rastignac
Leur mère a consentit a de lourds sacrifices pour envoyer à son fils l’argent dont il a besoin. Elle veut élever, tout comme Madame Couture, ses enfants dans le respect des valeurs morales.
Il y a aussi la tante Marcillac, tante de Rastignac.

III. Les personnages de Balzac et l’Esprit du XIXème siècle

48 personnages de la comédie humaine traversent Le père Goriot. Ainsi parmi ces derniers, il existe d’autres dont leur rôle n’est pas assez remarquable. C’est le cas de Mme Couture qui est la veuve d’un commissaire ordonnateur des années de la République, M. Poiret qui est un fonctionnaire subalterne.
L’esprit du XIXème siècle c’est le Dieu argent qui règne dans la vie sociale. « L’argent, c’est la vie », dit-on à la page 246. Les personnages du père Goriot sont tous, de près ou de loin, liés par l’argent. Sur le plan historique et social, cette période est caractérisée par l’ascension de la bourgeoisie. Si la bourgeoisie est quelque peu écartée du pouvoir politique sous la Restauration (1814-1830), elle n’en détient pas moins les leviers de l’économie. Le XIXème siècle est aussi comme le montre Balzac le temps des rentiers.
Le père Goriot s’est d’ailleurs enrichi grâce à la spéculation sur la farine. Il avait gardé son stock, pour le revendre à un prix plus cher durant la période de pénurie.

Conclusion

Cette étude est loin d’être complète, mais le choix que nous avons fait peut au moins guider le lecteur dans ce monde – réaliste – créé par l’art de création des personnages d’un romancier qui ne se présente plus sur ce plan. Sachant qu’il a créé plus de mille personnages, on sait que Balzac avait toujours eu la prétention de concurrencer l’état civil. Et il semble qu’il n’a pas réussit, il n’a pas non plus échoué, car certains de ses personnages sont dans les mémoires de beaucoup de générations de lecteurs. L’autre réussite de Balzac, c’est d’avoir créé un monde romanesque qui n’a rien a envié au macrocosme. Nous retiendrons, au terme de cette étude, que l'analyse des personnages a permis de percer à jour les envies et les motivations des actes de tout individu.

3 commentaires:

BigBigalexis a dit…

Bonjour, je voulais vous signaler une fautes d'orthographe dans la description d'Eugène de Rastignac.
Vous avez écrit : " Pour aire des études" au lieu de pour faire des études...
Merci de votre description détaillée des personnages.

BigBigalexis a dit…

Excusez moi mais j'ai moi même fait une faute au mot "fautes" dans mon commentaire précédent...

Adam Mehdi a dit…

Merci beaucoup